Bonjour madame …
Enfin, dans ce café plutôt branché ou nous avions rendez-vous, nous nous assîmes gentiment sur la banquette, un peu fatiguée par les nombreux consommateurs qui avaient dû s’y asseoir.
Elisabeth, car c’était son prénom, ou pour le moins celui qu’il m’avait indiqué, était tout à fait conforme à la description qu’elle avait osé faire sur l’écran d’internet où nous avions pu faire connaissance.
Joliesse de son minois et de ces longues tresses brunes. De belles épaules que l’on pouvait deviner sous le joli chemisier qui vêtait ce corps aux courbes harmonieuses.
Courbes qui se trouvaient magnifiquement confirmées par de superbes seins qui tendaient le fin tissu, et que ces deux jolis boutons qui ornaient ces beaux atours …
La conversation commençait par de tristes lieux communs. Mais fort heureusement au fil des minutes tout prît un tour plus allusif, sans que les bonnes bienséances y eussent trouvé à redire !
Elisabeth avait un regard très expressif, avec de jolies étincelles, qui illuminaient le bleu de ces miroirs de l’âme.
Sa main posée sur la table, prête à saisir une consommation qui se faisait attendre semblait mander le contact d’une mienne main !
Au diable une excessive timidité qui n’était nullement mienne, alors j’osais, non en un geste de possession mais bien plutôt en celui d’une complicité qui se voyait sourdre entre ces deux êtres qui se trouvaient réunis pour se découvrir l’un l’autre.
Le service se trouvant effectué, il fût ponctué d’un élan simultané afin peut-être de nous offrir une contenance nous permettant quelques secondes de répit avant de pouvoir par de gentilles allusions nous amener sans hâte à aborder le sujet qui nous avait provoqué la rencontre.
J’apprenais que ce genre de rencontres n’étaient pas fréquentes pour elle, et que ce qui l’avait incité à accepter ce rendez-vous tenait plus de l’intuition et de la curiosité que d’autre chose …
Une certaine fluidité dans l’écriture entre nous avait, semble-t-il scellé ce trouble naissant au travers des mots emplis de sensibilité et pourquoi le taire de ce qu’ils pouvaient suggérer.
En effet les allusions faites, tant aux fleurs qu’aux expressions bucoliques, avaient réveillé une jolie sensibilité, que l’on pouvait ranger dans le registre de la sensualité.
Évoquer un filet d’eau courant sur une mousse drue et d’un superbe vert, effleurant à peine un superbe petit promontoire qui n’avait d’autre but que de séparer l’onde s’écoulant et dont l’irisation était un gage de poésie teintée d’images que l’imagination avait tout loisir d’agrémenter.
Tout doucement nous abordions avec des sourires complices des expressions qui signifiaient que l’un et l’autre n’étions nullement ignorants des chemins que nous voulions emprunter.
Laisser comprendre à la charmante Elisabeth que certains désirs de découverte commençaient à se faire jour chez son voisin de table était dans la suite logique des choses.
Le message semblait être bien reçu par la jolie brune au sourire encourageant…
Luc (mon prénom) laissait son esprit vagabonder sur des sentiers de plus en plus escarpés et que sa complice semblait accepter et apprécier, voire l’inciter à oser !
Ainsi il avouait une passion pour butiner tel un insecte pollinisateur un joli pistil.
Cette métaphore sembla être du goût d’Elisabeth, qui avoua être assez souvent restée sur sa faim !
En effet, révéla-t-elle, bien des hommes soit se détournent soit se précipitent, sans au contraire s’approcher avec des baisers déposés tout autour, avant d’aller d’un langue douce ou dardée découvrir ce merveilleux appendice qui n’attend que l’hommage d’une caresse douce et souvent durable.
Luc lui avoua ce goût marqué pour cette caresse et la sève qui se pouvait sourdre de ce superbe repli aux lèvres magnifiques qui se gonflaient à l’approche de cette stimulation.
Et tout à ses doux aveux, il ne cachait pas être très attiré pour cette fragrance fleurant les senteurs océanes.
Elisabeth ne perdait pas une miette de ces confidences, laissant comprendre à Luc que l’abondance n’était pas un mot proscrit.
Bien au contraire, avait-elle dit avec un clin d’œil très significatif pour qui voulait le voir !
Il se trouvait qu’ils parlaient la même langue, et que la cyprine était un atout abondant qu’elle réservait à Luc, pour peu qu’il l’acceptât avec une gourmandise qu’elle souhaitait réelle et non feinte !
Qu’elle aimait beaucoup qu’un de ses amants lui chante qu’à la claire fontaine il s’en allait baigner et qu’il s’y puisse désaltérer.
Voilà la première rencontre entre Elisabeth et Luc.
