En ce début de soirée du mois de mai, Kylian, dix-neuf ans, partageait un repas sur le balcon de l’appartement, en compagnie de son père, Olivier, et de sa belle-mère, Mélissa. Les parents du jeune homme avaient divorcé quatre ans plus tôt et, ne souhaitant pas être le seul homme à la maison, et par souci de préserver un lien avec son père, il avait choisi de vivre chez ce dernier et de rendre visite à sa mère un week-end sur deux et durant la moitié des vacances scolaires. Contrairement à lui, sa sœur aînée, Fanny, avait très mal vécu la décision d’Olivier de divorcer et en avait voulu à celui-ci à un point tel qu’elle avait fini par ne plus vouloir le voir. Bien que la rencontre et le mariage d’Olivier et Mélissa eussent eu lieu après leur divorce, sa mère Mélanie soupçonnait toujours son désormais ex-mari d’avoir demandé le divorce pour cause d’adultère et demeurait persuadée dur comme fer qu’Olivier et Mélissa entretenaient déjà une liaison pendant la période de leur mariage. La différence d’âge interrogeait également Mélanie sur les circonstances de leur relation. En effet, Olivier était âgé de quarante-six ans, soit un an de plus qu’elle, tandis que Mélissa n’avait que trente-deux ans. Dès lors, Kylian évitait soigneusement de mentionner son père ou sa belle-mère lorsqu’il se rendait chez sa mère et sa sœur.
Il souhaitait évidemment que sa mère comprît que son père ne l’avait jamais trompée et que ses deux figures maternelles pussent s’entendre. Malheureusement, Mélanie, trop entêtée, n’avait jamais démordu de sa théorie. Kylian trouvait cela dommage, d’autant plus qu’il trouvait Mélissa à la fois drôle, belle et gentille. Ses cheveux blonds et lisses tombant en cascade derrière son dos encadraient un visage rond au teint légèrement basané et aux yeux verts pétillants d’énergie. Les courbes de ses hanches et ses longues jambes soigneusement entretenues et complétées par des pieds toujours manucurés ne laissaient pas non plus indifférent et Kylian s’était souvent pris à regretter leurs treize ans d’écart.
Alors qu’ils mangeaient, le jeune homme ne put s’empêcher de jeter quelques regards à sa belle-mère lorsque celle-ci se levait pour se resservir. Afin de calmer les légères érections qui se manifestaient dans son caleçon, Kylian échangea quelques banalités avec son père au sujet de l’avancement de ses études d’informatique. Lorsqu’il eut terminé son dessert, il prit poliment congé du couple et regagna sa chambre après avoir rangé ses couverts dans le lave-vaisselle.
Animée par une étrange sensation d’avoir été observée, la jeune femme s’adressa à son époux.
– Mon chéri, il faut que je te parle de quelque chose…
– De quoi s’agit-il ?
– C’est Kylian. Pendant le repas, j’ai eu l’impression qu’il me fixait bizarrement, à chaque fois que je me levais pour aller me servir.
– Comment ça ?
– Eh bien, pour faire simple, j’ai eu l’impression qu’il me matait le cul.
Olivier écarquilla les yeux, surpris par cette déclaration. Il finit par retrouver son calme.
– Allons, mon amour. Tu te fais des idées. Cela fait deux ans que tu vis avec nous. Je l’aurais remarqué si mon fils avait eu une attitude désobligeante à ton égard.
– Je sais mais j’ai vraiment eu ce sentiment étrange qu’il me regardait. Tu as peut-être raison. Il est vrai qu’avec tout ce qu’on entend aujourd’hui avec ces histoires de regards insistants, on a vite fait de voir le mal partout. Désolée si j’ai pu te mettre dans l’embarras.
– Il ne faut pas. Tu as bien fait d’en parler.
– Merci, mon chéri.
Mélissa embrassa son mari et quitta la table pour rejoindre le salon, toujours animée par cette intuition au sujet de son beau-fils. Elle l’ignorait encore mais elle avait vu juste.
Isolé dans sa chambre à la porte close, Kylian était assis devant son ordinateur et y brancha une clé USB. Une fois le périphérique détecté, il y ouvrit un dossier nommé « Photos » et plusieurs autres dossiers y apparurent à leur tour. Ayant pour noms « Maman », « Fanny », « Mélissa » et d’autres prénoms féminins, il n’était dès lors pas difficile de deviner l’identité des modèles photo. Le jeune homme ouvrit un fichier PowerPoint et y lança un diaporama préalablement configuré pour que les diapositives avançassent automatiquement.
Son short et son caleçon baissés au niveau des genoux, Kylian se caressait lentement tandis que les images défilaient sur son écran. Les angles choisis pour la prise de clichés démontraient très clairement la fascination du photographe pour les postérieurs, en particulier lorsque leurs propriétaires portaient des tenues moulantes ou des maillots de bain. Bien que certaines prises de vue datassent de trois ans plus tôt, le jeune homme ne se lassait de ce jardin secret qu’il s’était constitué durant ce laps de temps.
Tenant un mouchoir dans une main et se masturbant de l’autre, Kylian fut en très peu de temps au bord de la jouissance. Juste avant d’écouler sa semence, il déplia le mouchoir dans son intégralité. Après s’y être déversé, il le chiffonna et le jeta dans sa poubelle. Il quitta la présentation PowerPoint et prit soin d’éjecter la clé USB avant de la débrancher de son ordinateur.
Le jeune homme rejoignit son père et sa belle-mère dans le salon et les informa qu’il allait retrouver des amis pour passer le reste de la soirée avec eux. Olivier et Mélissa lui souhaitèrent de bien s’amuser puis le téléphone du père de famille se mit à sonner. En voyant le numéro qui s’affichait, Olivier décrocha de mauvaise grâce. Après quelques minutes de conversation, il annonça à contrecœur à son épouse qu’il devait se rendre à une réunion professionnelle urgente. Mélissa lui souhaita bon courage.
Dès que son époux eut quitté le domicile familial, toujours animée par cette intuition d’avoir été reluquée, la jeune femme se dirigea instinctivement vers la chambre de Kylian. L’odeur du mouchoir imbibé du sperme de son beau-fils lui monta immédiatement au nez et la conforta dans son idée. Pensant que le jeune homme avait certainement visionné du contenu pornographique sur son ordinateur, Mélissa se demanda s’il n’en avait pas éventuellement téléchargé. Trouvant la clé USB dans un tiroir du bureau, elle prit le parti de la brancher à son laptop pour en vérifier le contenu.
En voyant le dossier intitulé « Mélissa », elle se dit qu’elle avait eu raison de soupçonner son beau-fils. La jeune femme se risqua à ouvrir le dossier et en fit défiler les photos les unes après les autres. Sur chacune d’elles, Mélissa put se voir de dos, toutefois facilement reconnaissable, portant tantôt un jean moulant, tantôt un mini short, tantôt un maillot de bain et, en constatant que ses fesses étaient toujours au premier plan des clichés, elle comprit qu’elle avait raison. En consultant les dates des photos, elle remarqua que certaines dataient du jour où elle avait emménagé avec Olivier, deux ans auparavant.
Un frisson d’horreur lui parcourut le dos lorsqu’elle vit les dossiers nommés « Maman » et « Fanny ». La jeune femme afficha un cliché de chacun des deux dossiers et remarqua que sa belle-fille et sa mère faisaient également l’objet des pensées de Kylian.
Connectant sa propre clé USB à son laptop, Mélissa y dupliqua le contenu de la clé USB de son beau-fils. Une fois l’opération terminée, elle prit soin de remettre la clé USB de Kylian à l’endroit où elle l’avait trouvée et prit le parti d’attendre une occasion d’être seule avec Kylian afin de le confronter sur la découverte qu’elle venait de faire.
Aux alentours de minuit, alors qu’elle réfléchissait encore à la façon dont elle aborderait le sujet avec le jeune homme et ce qu’elle allait faire après leur conversation, Mélissa entendit la clé tourner dans la serrure. Dans un premier temps, elle pensa qu’il s’agissait d’Olivier. Elle regarda l’écran de son téléphone. Aucune nouvelle. Son époux ayant l’habitude de la contacter pour la prévenir de son arrivée, la jeune femme en déduisit qu’il s’agissait de Kylian. Mélissa se précipita vers son beau-fils.
– Kylian, il faut qu’on parle.
– Maintenant ?
– Oui, maintenant !
Elle entraîna le jeune homme vers le salon et le fit assoir sur le canapé.
– Je ne vais pas y aller par quatre chemins : je connais ton petit secret.
– Quel petit secret ?
Mélissa sortit sa clé USB de la poche de son short.
– J’ai vu les photos que tu caches sur ta clé et les ai copiées sur ma propre clé. J’ai bien remarqué la façon dont tu me regardais pendant le repas. J’ai donc décidé de mener mon enquête et mon intuition ne m’a pas trompée. Par contre, je ne m’attendais pas à ce que ta propre mère et ta propre sœur fassent l’objet de tes fantasmes d’obsédé. Et je ne pensais pas non plus que cela puisse faire deux ans que tu prends des photos de mon cul. Tu es au courant que je pourrais porter plainte contre toi ? Et des conséquences que cela pourrait avoir pour toi ?
Le visage de Kylian se liquéfia. Sous le choc de la découverte de sa belle-mère, il fut incapable de répondre quoi que ce soit.
– Maintenant, je veux savoir : pourquoi tu as pris toutes ces photos ? Tu les as diffusées ?
– Non… je ne les ai publiées nulle part… je te le jure.
– Alors pourquoi tu as pris ces photos ? Et les autres dossiers ? De qui est-ce qu’il s’agit ?
– Il y a trois ans… je suis tombé sur une vidéo où… j’ai vu un gars lécher le cul d’une fille. Depuis, je ressens comme… une fascination pour les fesses féminines. Les autres, ce sont une enseignante et trois anciennes camarades de classe.
– J’en ai assez entendu pour ce soir. La nuit portant conseil, je vais me laisser jusqu’à demain matin pour prendre une décision. Maintenant, va te coucher.
À la fois honteux et angoissé, le jeune homme regagna sa chambre et tenta de s’endormir, sans y parvenir.