L’inspiration de cette nouvelle n’est pas de mon cru, elle provient d’une « petite histoire du Berry », recueil trouvé chez un bouquiniste des quais de Seine ; je l’ai simplement rewritée pour la rendre plus complète, l’originale ayant la sécheresse et la concision qui ne me paraissaient pas convenir à cette histoire… En tous cas, je veux préciser que, si j’ai agrémenté le tout de détails croustillants, le fond est totalement vrai, ou du moins il a été présenté comme tel par celui qui a rédigé l’original.
Les moissons battaient leur plein dans cette Champagne berrichonne, dans la seconde moitié du 19 eme siècle ; il n’est pas précisé davantage l’année exacte, ni même la décennie, mais peu importe puisque le travail de la terre n’a que peu varié avant le début du siècle suivant. Surtout avec l’arrivée de la moissonneuse mécanique venue d’outre-Atlantique qui révolutionna ces travaux dont nous allons parler… Avant, il fallait couper les épis à la faux, ce qui était toutefois un progrès par rapport à la faucille utilisée depuis l’âge du fer jusque dans les années 1820 ! Faucille qui coupait les épis relativement haut, la paille étant laissée en terre et mangée sur place par les troupeaux ; tandis qu’avec la faux on taillait la moisson à ras et on gardait la paille pour la litière des troupeaux à l’intérieur des écuries.
Pour ces travaux du mois d’août, il fallait beaucoup de monde : Il venait d’un peu partout en France des journaliers, hommes et femmes de toutes âges ; de l’Auvergne tout proche, descendants de leurs montagnes, des Louvergnats, comme on les appelait en se moquant de leur accent… De tout âge, des jeunes bien sûr qui venaient gagner un peu d’argent pour leur futur mariage et monter leur trousseau pour les filles ; mais aussi certains chargés d’ans, qui ne trouvaient pas de travail sur place et s’exilaient quelques mois.
Dans la ferme de maître Denis – on nommait maître les propriétaires -, la troupe des moissonneurs faisait grand bruit dans la salle commune ; les femmes leur servaient nourriture et vins clairet à volonté, et remplir ainsi ces estomacs étaient une vraie sinécure ! Tout au bout de la table monumentale, maître Denis dût faire claquer son couteau en le refermant pour signifier la fin des agapes ! Et toutes et tous de se lever pour aller faire une petite sieste avant de repartir pour une très longue après-midi de labeur…
Cette interruption durant la journée était nécessaire vu les températures caniculaires de ce mois d’août ; et chacun et chacune d’aller chercher un peu de fraîcheur sous un arbre ou derrière un bâtiment. Il y avait les plus âgés, autour de la quarantaine – ce qui était vieux pour l’époque, où on travaillait dur depuis le plus jeune âge – qui eux étaient épuisés et tombaient de sommeil avec la digestion de ces repas bien plus copieux que leur ordinaire en Auvergne ! Mais certains jeunes de moins de 18 ans pour certains, émerveillés de ce qu’ils voyaient là, préféraient s’amuser un peu aux dépens de leurs collègues plus âgés… Et notamment des filles et femmes dont certaines avaient la réputation d’être légères !
La sexualité des jeunes garçons et filles du 19 eme siècle était pour le moins compliquée, et on a du mal à la comprendre, pour nous habitué à la liberté des mœurs de notre époque ! Les adolescentes étaient très surveillées par leurs parents, sauf justement quand elles partaient pour des travaux si loin du domicile… Où elles étaient toutefois sous la garde de femmes plus âgées, missionnée par les familles pour être leur chaperon, sans que celles-ci les brident autant ! Disant qu’il fallait bien que jeunesse se passe ! Mais avec toujours l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête, le terrible risque d’être enceinte… La honte qui rejaillirait sur la famille et l’impossibilité de se marier pour la fautive ! A moins de passer par une faiseuse d’anges, une de ces sorcières qui connaissaient les plantes abortives, ou même qui faisaient « passer l’embryon » avec une aiguille à tricoter…
Pour les garçons, c’était plus facile : Eux ne risquaient rien de ce côté, jamais on leur reprocherait quoi que ce soit puisque c’était aux filles d’être « sages » ! Et pour ceux-là qui se trouvaient si loin de leurs parents, c’était l’occasion rêvée de « faire ses preuves », pour pouvoir raconter cela à leur retour…
Si coucher avec une fille de leur âge était tout de même compliqué, à moins de la forcer, avoir une aventure avec une « vieille » était bien plus facile : Des femmes ménopausées, ou connaissant leurs corps pour savoir quand il ne fallait pas avoir une rapport sexuel ! Et qui feraient bien à « leur tableau de chasse », comme ils disaient ! L’heure de la sieste étant un bon moment pour trouver une telle partenaire : Ces femmes, moins fatiguées que les hommes qui eux fauchaient du matin au soir – mais bien moins payées aussi -, se réservaient parfois un petit moment pour prendre leur plaisir avec un « jeune »…
Les journaliers de maître Denis étaient au nombre de vingt-cinq, dont vingt hommes et cinq femmes ; parmi celles ci, trois filles de moins de vint ans, et deux proches de la quarantaine : Ninon, une forte femme qui était employée le reste de l’année dans une grande propriété d’Auvergne, appartenant à un baron ; quand celui-ci et sa famille allaient passer un mois à Cannes, elle partait dans le Berry pour les moissons. On la disait « chaude », ce qui était une critique majeure pour les femmes et une qualité pour les hommes ! On prétendait qu’elle avait été la maîtresse de son employeur, autrefois, et qu’il lui avait même fait déniaiser son propre fils, un adolescent un peu attardé… Il y avait aussi Marguerite, dite « Margot » ou « Margoton », un peu à l’image de sa collègue, mais originaire de la ville de Clermont-Ferrand où elle avait grandi ; dans une atmosphère bien différente de celle des campagnes des alentours, celle du milieu ouvrier…
Ces deux maîtresses femmes dirigeaient les jeunes filles, de leur main leste au besoin : Jeanne, une adolescente, rêvant au prince charmant qu’elle pensait rencontrer là, écoutait n’importe quel jeune homme un peu doué de paroles… Ninon de lui administrer des paires de claques pour « lui apprendre la vie », comme elle le disait ! Et Margot d’ajouter « qu’à tendre l’oreille aux hommes elle allait se prendre le gros ventre ! » Toutes deux faisaient peur à leurs cadettes, qui ne protestaient pas contre leur main-mise sur le groupe… Pas plus que les garçons, pour qui ces deux « dondons », comme ils les appelaient, faisaient un peu peur : On ne s’en prenait pas à des femmes de l’âge de leur mère !
Un des jeunes, Louis dit « Loulou », regardait le groupe des filles sous la houlette des deux femmes et dit à voix basse à se collègues :
– Je sens que c’est le moment d’aller aérer Popaul ! Et pas pour pisser, si vous voyez ce que je veux dire ! Je m’enverrais bien une de ces pucelles… Mais s’il faut je me contenterais d’une des vieilles !
Jules, un autre de son âge dit « Juju », répondit en grimaçant :
– Hier, j’ai tenté ma chance avec la Margot, mais j’ai pris une paire de gifles… Elle tape dur, la vieille !
Mais Loulou éclata d’un gros rire et le coupa :
– Tu sais pas y faire avec les femmes… Avec moi elle pourra pas refuser ! Quand elle verra mon morceau…
Il se vantait de la taille de son organe, et de sa vigueur en soulevant un des ces sabots avec son sexe tendu ! Et, sûr de lui, il suivit de loin le groupe des filles qui allait s’asseoir sur un banc de pierres devant la ferme… Bien trop près du maître pour tenter sa chance avec l’une d’entre elles ! Surtout qu’elles étaient sous la surveillance active de Marguerite, qui tricotait en écoutant en fronçant les sourcils le babillage des jeunettes… Louis regardait partout pour voir où pouvait être Ninon, mais il ne la voyait nulle part ; il finit par aller roder du côté des écuries, entendant un curieux bruit, comme si quelqu’un tapait sur du bois… Il s’approcha doucement, ses yeux tentant de voir à travers l’obscurité du bâtiment ; et il finit par distinguer un mouvement tout au fond, derrière les stalles où étaient attachées les vaches laitières. Se glissant à quatre pattes dans les crèches vides, il parvint ainsi jusqu’à cette partie de l’écurie où on stockait les tabourets à traire, les fourches à fumier… Et là il vit un couple qui s’agitait, Ninon appuyée à la dernière des stalles de ses deux mains tendues ; tandis que, derrière elle, le grand valet s’agitait en haletant… En y mettant tant de vigueur que la barrière de la stalle tapait contre le mur !
Fasciné, Louis regardait les ébats des deux adultes, écoutait les grognements de l’homme mais surtout les gémissements aiguës de la femme… Sentant l’excitation monter en lui ! Ninon se mit à crier, le grand valet gronder plus fort, avant que tous deux s’immobilisent en reprenant leur souffle ; puis lui de se reculer en tachant la robe relevé de la femme, et éructant avec un rire gras :
– Bon… t’as eu ce que tu voulais, hein ?
Ninon, tout en faisant tomber des ses habits des brins de paille tombés du plafond ; s’exclama de sa voix autoritaire :
– Et toi, t’as pas eu ton content de plaisir ? Avec le bruit que tu faisais… Salaud !
Elle rit elle aussi, et se faufila à côté du valet qui en profita pour lui mettre la main aux fesses ! Puis il urina longuement dans la rigole qui emmenait le purin et s’assit sur une botte de paille un peu plus loin… Tandis que Louis se glissait à nouveau le long des crèches, en faisant le moins de bruit possible ; il parvint vers la porte de l’écurie et se faufila dehors, tombant alors sur Ninon qui semblait l’attendre… Elle lui jeta, méprisante :
– Et bien, tu t’es rincé l’œil, petit cochon ? Hein ? Tu voulais savoir comment on fait, ou ça te plaît de voir ça ?
Elle l’avait repéré tout de suite, d’entre les planches de la dernière stalle ! Le garçon rougit violemment et balbutia :
– Je ! Je… J’ai entendu du bruit…
La femme rit encore et conclut :
– Oui ! Tu as entendu crier et t’as voulu venir voir ce que c’était ! Ben voyons… Et ça t’as plu ? Tu voudrais que j’en parle au grand valet ?
Louis sursauta : Si jamais l’homme savait qu’il avait été épié pendant son coït, il s’en prendrait à lui à coup sûr ! Et son grade de grand valet, celui qui commandait à tous les employés de la ferme, lui valait de se débarrasser à sa guise de qui il voulait… Sans compter que cet homme, bien plus grand et fort que lui, lui administrerait une correction certaine avant de le jeter dehors !
Il tenta de faire fléchir Ninon :
– Non… Ne faites pas ça ! Je… Je…
Avec un mystérieux sourire, la femme se mordait les lèvres en le regardant fixement… Puis elle dit encore :
– J’te fais marcher… Ce vieux sale, je l’aime pas beaucoup ! Mais bon… Faut bien passer à la casserole si on veut garder sa place ! Tu apprendras ça en vieillissant, mon gars… Enfin… Pour un homme c’est pas pareil !
Louis hésitait sur la conduite à tenir, heureusement que nul ne le voyait parmi le groupe de garçons où il passait pour un caïd ! Mais Ninon de lui faire un signe du menton en concluant :
– Moi, je vais vers le métier à ferrer, là-bas… Y a personne… On y est tranquille !
Elle s’éloignait en remuant ses fesses, que Louis, fasciné, ne parvenait pas à quitter des yeux ! Il restait ainsi immobile, ne sachant comment réagir ni ce qu’elle avait voulu dire… On peut le trouver naïf, mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque, et des relations entre un adolescent et une femme mure…
Il finit toutefois par aller lui aussi vers le métier à ferrer, un groupe de quatre solides poteaux de bois enfoncés dans le sol et destinés à soutenir les vaches et les bœufs pour leurs fixer des fers sur les sabots. Ninon l’attendait, et elle l’accueillit avec un rire :
– Et ben… Tu en as mis du temps ! Tu avais peur ? Ha, ha ! Allez… viens par là… Tu as une bonne tête, va ! Même si tu as un peu trop de gueule pour un gamin ! Ha, ha !
Il voulut se rebeller, dire qu’il n’était pas un gamin… Mais cette femme mure l’intimidait ! Elle saisit sa verge au travers de son gros pantalon de travail et la serra en disant :
– Oh… Mais on dirait qu’y a ce qu’il faut ! Hein ? Fais moi voir ça !
Elle débouclait sa ceinture, faisant tomber le fuseau de toile sur ses chevilles et s’extasiant sur la taille du membre viril qui se redressait sous sa main :
– Eh ben… On dirait pas à te voir avec tes trois poils au menton… On dirait pas que tu as un tel engin !
Elle le masturbait doucement, en le regardant dans les yeux ; puis elle s’arrêta et rit franchement en disant :
– Mais dis donc, tu serais pas puceau, mon petit ? Hein ? Puceau comme l’agneau qui vient de naître ? Ha, ha ! Ha, ha !
Louis eut un haut-le-cœur, humilié de s’entendre appeler petit et surtout « puceau » ! Lui qui se vantait dans son village d’avoir eu nombre d’aventures avec des « vieilles »… Une chance que nul ne l’ait entendu ! Il se tenait debout avec son pantalon baissé, ne sachant comment réagir : Il voulait s’en prendre à cette femme si sûre d’elle, si libérée par rapport à celles qu’il avait connu ! Mais il était soudain intimidé, loin de sa famille et dans un tout autre contexte… Alors elle se détourna et lui fit un signe en montrant le hangar tout proche. Saisissant son pantalon de sa main gauche, le garçon le releva et suivit Ninon ; et la heurta quand elle s’arrêta brusquement en relevant sa robe et en pointant ses fesses nues vers lui… Elle s’appuyait d’une main contre le mur de pierres, et elle rit encore :
– Ben vas y ! Tu as vu faire le grand valet, tout à l’heure ! Ha, ha !
Elle se cambrait encore plus, et Louis de se frotter contre ce postérieur nu, en haletant à pleine gorge… Tandis qu’elle riait aux éclats en secouant la tête, se moquant éperdument de ce niais qui voulait jouer dans la cour des grands ! Fou de rage et de désir, le garçon s’enfonça dans son intimité d’un coup de rein… Soudain ébloui de plaisir intense ! Si intense d’ailleurs qu’il éjacula tout de suite, sans même qu’il ait fait un mouvement… Ce qui fit redoubler d’hilarité Ninon qui frappait le mur de ses deux mains en répétant en boucle :
– Et ben dis donc, toi… Tu es un rapide, ha, ha ! Ha, ha ! Un sacré lapin ! Ha, ha ! Ha, ha !
Vexé au-delà de tout, le garçon se recula en contemplant sa verge souillée, puis il remonta précipitamment son pantalon et s’en fut en regardant de toutes parts pour voir si nul ne l’avait vu ! Il alla jusqu’au bout de la cour, reprit son souffle et mit au point une histoire crédible pour ses copains : Oui, il avait bien coïté avec Ninon, la « vieille » comme ils l’appelaient entre eux, comme Marguerite, et elle avait crié de plaisir ou de douleur ! Grâce ou à cause de son membre si conséquent ! Satisfait, il retourna vers ses collègues qui riaient en regardant les jeunes filles ; coupant la parole à celui qui parlait, il s’écria :
– Oh, les gars du pays ! Qu’est ce que vous faites, assis là alors qu’il y a des belles à contenter ! Oh ! Oh !
On le regardait avec un peu d’envie, on se doutait qu’il allait raconter une aventure salasse… Rien qu’à le voir revenir avec la mine rouge et la respiration sifflante ! On le pressait, on insistait pour qu’il parle… Et voilà qu’il se mit dire en écartant les bras pour bien attirer leur attention :
– La Ninon ! Une sacrée chaude du bas ! Ah oui ! Mais elle a trouvé à qui parler ! Aussi sûr que je m’appelle Louis ! Elle a goûté de mon engin… Sûr qu’elle voudra plus en prendre un autre ! Ah, ça non !
On l’acclama, on criait autour de lui, si fort qu’il eut peur soudain que Ninon l’entend et vienne voir ce qui se passait ! Nul doute qu’elle l’aurait aussitôt remis à sa place… Il frémit en imaginant cela ! Mais la femme était loin, et il se rassura un peu ; il donna de détails triviaux, décrivant son rapport sexuel… Et cela jusqu’à ce que le grand valet surgisse soudain dans leur dos ; et se mette à crier :
– Oh ! Oh, les gamins ! On y retourne ! Allez… Vous rirez ce soir… Si vous en avez encore la force !
Toute la troupe des jeunes se levait comme un seul homme, nul ne s’avisant de contredire leur chef direct ! Et il se joignirent au groupe des « vieux » pour aller au bout du champ où les attendaient leurs faux. Machinalement, tout le monde passait la pierre à aiguiser, la « guise », sur le fil de la lame, le tâtait du bout du pouce… Et le premier de la file, un des anciens, de se pencher en avant et de balancer son outil ; qui mordait dans la récolte, taillant ces tiges de paille à la base…
L’après-midi était le pire des moments de travail, à cause de la chaleur écrasante ; et il fallait que tous travaillent au même rythme, sinon le groupe entier était gêné ! D’ailleurs, depuis le début des moissons, le grand valet avait remplacé à deux reprises le premier de la file pour qu’il soit ni trop lent ni trop rapide : Les autres ne devaient ni le rattraper, ni se laissaient distancer ; et tout le travail du chef était de bien choisir le « meneur », comme on l’appelait !
Chaque heure, des femmes passaient pour distribuer du vin largement coupé d’eau fraîche ; et au milieu de l’après-midi, elles amenaient aussi du pain et de la charcuterie. Louis frémit en voyant Ninon parmi elles… Mais elles se contenta de le regarder en souriant, ce que les autres prirent pour un compliment ! Un des garçons murmura :
– Et ben, la vieille… Elle en pince pour toi, Loulou ! Tu lui a fait de l’effet !
Sûr de lui, Louis se rengorgeait en souriant, regardait ses collègues admiratifs… Pour tomber tout à coup sur le grand valet qui le bouscula en disant d’une voix bourrue :
– Et, toi ! Tu ferais mieux de reprendre ta « daille » ! J’trouve que tu parles un peu trop !
La file des moissonneurs se reformait, et les faux de reprendre leur ballet ; tandis que le jeune garçon rougissait en baissant la tête, soudain très peu sûr de lui ! Mais ses collègues prirent ces récriminations pour celles d’un jaloux, quand lui raconta à mi-voix qu’il avait « pris la Ninon au chef »… Ignorant que les oreilles de Marguerite traînaient non loin de là, et qu’elle rapporta ces propos à l’intéressée :
– Et ben… Il t’a fait quoi, le gamin ? Si tu savais ce qu’il raconte, là-bas ! Attends un peu… Je vais te dire…
L’autre éclata de rire, et répondit :
– Quoi ? Ce gamin, un vrai lapin ! Heureusement que j’avais pris mon content avec le grand valet avant ! Et il s’en vante… Oh, celui là, je sens qu’il va avoir affaire à ma main !
Elle secouait son poignet droit, et toutes deux de rire ensemble : Elles s’étaient comprises, et Marguerite de se frotter les mains en ajoutant :
– Ça lui fera les pieds, à ce jeune coq ! Enfin, les pieds…
Elles en riaient, en femmes qui savent de ce dont elles parlent… Puis elles retournèrent à leur travail, rudoyant les jeunes filles sous leurs ordres ; distribuant jusqu’à la nuit la boisson aux moissonneurs et préparant le dîner. Et se retrouvant avant le coucher, mettant au point leur vengeance pour le lendemain… Il leur fallait l’aide du grand valet, mais Ninon assura que cela serait facile à obtenir :
– Il me refusera pas ça ! Je le tiens par où il faut… Et puis… Je pense pas que le Loulou lui plaise bien ! Tu m’as compris !
Elles en riaient toutes les deux, en femmes qui connaissent la vie et les hommes ! La première de conclure :
– Bon je vais aller me coucher, j’en ai assez fait pour aujourd’hui ! Allez…
Et, comme Marguerite ne paraissait pas décidé à aller aussi au lit, elle lui demanda, ironique :
– Tu as de l’idée pour un homme, toi ? Je le sens… C’est qui ? Hein ? Allons, ma belle, tu peux bien me le dire ! Margot !
Sa collègue sourit et finit par dire :
– Oui… Il me faut un mâle ! Depuis que je suis arrivée là, je suis en jachère, comme on dit ! Pas comme toi, qui a accroché le grand valet tout de suite… Je dois retrouver le Jules, il me l’a promis !
Ninon grimaça, et s’exclama au bout d’un moment :
– Julot ! J’aurais pas cru que ce grand échalas t’attirerait ! Tu m’avais habitué à mieux ! Oh, fais pas cette tête, Margot ! Les goûts et les couleurs, tu sais…
Elle rit encore, et s’exclama en se retournant :
– Dis donc… Le Julot, il en a une pas trop grosse, il paraît… A ce qu’on m’a dit, je l’ai jamais pratiqué, hein ! J’aurais cru que tu étais plus gourmande !
Marguerite secouait la tête et dit en se frottant les mains :
– Justement ! Là, il m’en faut une bien fine… Et bien longue ! C’est pour la porte de derrière !
Et les deux femmes de rire de bon cœur, en habituées à ces pratiques anticonceptionnelles les jours du mois où il y avait des risques… Et Marguerite de se glisser dans la cour en plein obscurité, attentive aux fenêtres de la chambre du maître qui reflétaient la lueur de la lampe à huile ; elle songeait :
– Ce vieux cochon… S’il me voit ça va encore lui donner des idées…
On racontait sur le propriétaire de la ferme des tas d’anecdotes, que du temps de son jeune âge il avait engrossé nombre de servantes qu’il jetait à la porte en disant que chez lui « il n’y avait pas de place pour les dévergondées… » Mais il avait vieilli et beaucoup grossi, guetté par de terribles crises de goutte dues à son alimentation bien trop riche…
Marguerite erra un moment autour des bâtiments, soucieuse de ne pas s’approcher de l’écurie où étaient gardés les chiens qui pouvaient aboyer et réveiller les valets qui logeaient dans la paille ; puis un sifflement étouffé la fit se retourner, et le fameux Jules de sortir de derrière le hangar en murmurant :
– Margot ! Oh, Margot ! J’suis là… Viens !
La femme le suivit le long des bâtiments jusqu’à une encoignure et aussitôt l’homme de se coller à elle en la pressant contre le mur… Elle le houspilla à voix basse :
– Oh, doucement le Julot ! Tu vas déchirer ma robe… Doucement, j’te dis !
Lui s’impatientait, pressait ses seins en haletant ! Elle ouvrit son corsage pour libérer sa poitrine ; qu’il se mit à écraser des ses mains calleuses… Ce qui la fit rire, et elle le rabroua rapidement :
– Ça suffit… Ça suffit, j’te dis ! Tu me fais mal ! Attends, je me tourne…
Elle se glissa de son étreinte, montra son dos en disant :
– Vas-y, fais ta p’tite affaire ! Mais… Tu y va pas trop fort, hein ! Avec ton engin…
Elle le flattait pour le manœuvrer à sa guise, et quand il releva sa robe elle plaça sa main sur sa vulve pour en interdire l’accès ! Quand Jules tenta de s’y introduire en grognant de désir, elle souffla :
– Passe par l’entrée de service… Non ! Pas par là ! Non, j’te dis !
Mais l’homme ne comprenait pas, il bataillait à à pénétrer ce vagin inaccessible en grondant :
– Bon sang ! Tu sais pas ce que tu veux… Bon Dieu ! Bon Dieu de bon Dieu !
Marguerite dû se saisir de la verge raidie pour la diriger entre ses fesses et soupira :
– Vas y par là ! J’ai pas envie d’avoir le gros ventre !
Jules la prit ainsi, de son membre filiforme et se mit à pilonner avec brutalité ; tandis qu’elle se crispait sous la poussée… Mais son propre désir était bien là, et à peine se fut-elle un peu décontractée qu’elle se mit à masturber son clitoris rapidement… Sachant que son partenaire n’allait guère tenir longtemps ! A qui peu importait son plaisir à elle, comme à beaucoup d’hommes de ce milieu et à cette époque ! Elle se souvenait avec émotion de celui qui lui avait fait découvrir les joies de la sodomie agrémentées de caresses manuelles… Un certain Philibert, dit Bebert les yeux bleus, qui la faisait jouir ainsi après lui avoir arraché des larmes lors de ses pénétrations plutôt brutales… Mais elle s’était tirée de ses griffes in extremis quand il avait voulu la « faire travailler en ville », sachant bien ce que cela voulait dire !
Elle haletait lourdement en se masturbant frénétiquement, tandis que derrière elle Jules grognait à pleine gorge ! Peu habitué à ce qu’une femme lui propose de la prendre ainsi… En homme simple qui se soulageait de ses pulsions avec des prostituées ou des servantes d’auberges ! Il s’exclama sourdement :
– Ça vient… Ça vient… Aaah… Aaah…
Il éjaculait en grondant, fou de plaisir… Tandis que Marguerite jouissait elle aussi, en serrant les dents pour ne pas gémir trop fort… Toujours cette hantise d’être vue et entendue, de passer pour une « chaude », une femme gouvernée par ses pulsions ! Puis tout deux restèrent un moment à se reprendre, avant que Jules se retire brusquement ce qui la fit réagir :
– Oh ! Tu pourrais y aller doucement… Quelle brute ! C’est plus serré là que devant !
Lui en riait, disant que « tout ce qui rentre doit ressortir » en secouant sa verge souillée… Se promettant de raconter dès le lendemain sa bonne fortune avec « la Margot », et ses envies de « la porte de derrière » ! Elle alla se coucher dans la partie de la fenière réservée au femmes, en faisant le moins de bruit possible ; mais elle dérangea Ninon qui grommela en se retournant :
– Oh, la Margot ! Y en a qui dorment… Tout ça pour ton cul…
Le lendemain, elle eut une conversation avec le grand valet, et pour le décider à marcher dans la combine elle ajouta :
– Ce gamin, il se croit tout permis par ce qu’il a un gros engin ! Tu ferais bien de lui rabattre un peu son caquet !
L’homme fronçait ses gros sourcils broussailleux, il chercha des yeux Louis au milieu du groupe et hocha la tête en murmurant :
– D’accord ! Celui-là… j’en fait mon affaire !
Toute la matinée, il s’en prit au jeune garçon, le poussant dans ses retranchements… Et aussitôt après le repas, alors que les autres se posaient pour la sacro-sainte sieste, le chef lui ordonna de déplacer une bonne trentaine de sacs de grain restant de la moisson précédente ; il ajouta d’une voix rogue :
– Et dépêche toi ! Depuis hier tu traînes… Tu crois que ça se voit pas ? Pour la peine, tu vas me mettre tout ça de ce côté… Pour pas qu’on les enterre sous les autres de cette année !
Louis comprit que ce n’était qu’un prétexte pour l’humilier : Déplacer ainsi ses « bauges » de cent kilos chacune n’était pas pressé, puisque les gerbes de blé n’étaient pas encore battues pour en extraire les grains ! Mais il ne voulait pas s’opposer à cet homme qui pouvait le renvoyer à sa guise, voir même lui compter seulement la moitié de ses gages : Un mot au maître et ce dernier l’écouterait lui ! Aussi s’attaqua t-il à amener ces charges à l’endroit désigné ; le tout à la force de ses reins puisque le diable utilisé d’ordinaire avait disparu… Comme par hasard ! Et quand il eut enfin terminé, que son cœur cognait dans ses tempes si fort qu’il avait l’impression que tout le monde l’entendait, il entendit le grand valet donner le signal de reprendre les moissons. En ajoutant à son intention :
– Tu as entendu ce que j’ai dit, toi ? Fais pas le sourd ! Allez, au travail !
Louis se traîna vers le champ, titubant de fatigue et cherchant des yeux une cruche de vin clairet ou même d’eau pure ; en vain, les femmes n’en avaient pas ! Et Ninon d’ajouter :
– Alors, le coq de village ! On est fatigué ? Toi qui est capable de faire autant d’effet à une femme…
Tout le monde riait, comprenant à demi-mot ce qu’elle voulait dire ! Et la file des moissonneurs de reprendre les faux, le grand valet plaçant le jeune garçon épuisé tout au bout… Là où personne parmi ses collègues ne pourrait l’aider ! Il le prévint, narquois :
– Si tu prends du retard, tu peux rentrer chez toi demain matin !
L’après-midi fut un calvaire pour Louis, qui voyait la file s’éloigner ; aussi profitait-il des pauses pour tenter de regagner du terrain au lieu de se rafraîchir et de se reprendre un peu ! Mais les moissonneurs étaient depuis longtemps rentrés pour dîner que lui continuait encore d’envoyer sa faux ; puis il se traîna jusqu’à la ferme, rencontrant Ninon qui éclata de rire en le voyant aussi épuisé :
– Et bien, le coq ? On a plus envie de monter son engin ? Non ? Quel dommage… Ha, ha ! Ha, ha !
A peine eut-il avalé une assiette de soupe et du pain qu’il se leva pour aller se coucher dans le foin ; et il dormait profondément quand ses collègues vinrent le rejoindre, plaisantant et se bousculant avec joie… Mais Ninon arriva à ce moment avec Marguerite et les jeunes filles, et elle murmura :
– On va lui donner la branlade ! Ça lui rabattra le caquet ! Portez le derrière le hangar, qu’on l’entende pas se plaindre !
Le saisissant par les poignets et les chevilles, on l’emporta malgré ses protestations… Mais il était trop fatigué pour les faire lâcher, à peine se débattait-il, et encore parce que ses articulations étirées le lançaient ! Quand il fut jeté sans ménagement sur le sol de la cour, Ninon lança :
– C’est bon ! On s’en occupe maintenant ! Vous pouvez aller dormir !
Mais ces hommes tenaient à voir la suite, et il fallut que les deux femmes insistent en haussant le ton :
– La branlade, c’est pas pour les hommes ! Enfin… Sauf pour celui qui la reçoit ! Allez… Allez on vous dit !
– C’est vrai, ça ! Partez… Partez !
En maugréant, touts revinrent sur leur lieu de repos et se couchèrent en grasseyant sur le sort réservé à Louis ; l’un d’eux ricana :
– Demain… Il sera pas en forme !
Et comme un des jeunes garçons demandait des précisions, il lui répondit :
– Je dirais rien ! Mais je préférerais me colleter avec le grand valet une main attachée dans le dos que d’être à sa place !
Là-bas, les jeunes femmes s’arc-boutaient sur les épaules et les genoux de Louis, selon les directives des deux femmes ; Marguerite les houspillaient :
– Ça suffit avec vos piailleries de pintades ! Ça suffit ! Tenez le bien ! Faut pas qu’il bouge… Pas qu’il bouge un orteil !
Ninon, s’agenouillait entre les jambes écartées du garçon et lui débouclait sa ceinture avec une grimace de satisfaction ! Terrorisé, lui se mit à hurler et aussitôt Marguerite lui enfonça un vieux mouchoir dans la bouche ; Puis sa collègue se saisit de la verge pendante, ce qui fit pouffer nombre des filles… Qui n’avaient jamais vu de membre viril de si près ! Et la femme de dire, railleuse :
– Tenez… Regardez… Il en a une bonne, mais ça va pas le sauver de la branlade ! Ah non ! Ça non ! Regardez ! Regardez bien !
Elle se mit à masturber le pénis, qui gonfla aussitôt sous sa main ; et elle accéléra vivement, décalottant le gland si fort que celui-ci se courbait. En même temps, elles prit les deux testicules de son autre main et les serra en cadence, en disant :
– Je vais le traire ! Le traire comme une vache ! Le traire jusqu’à ce ces deux châtaignes soient sèches, archi-sèches ! Ha, ha ! Ha, ha !
Toutes rirent, un peu à retardement ! Ces jeunettes apprenaient là de la part de leurs deux aînées une leçon de vie : Un homme, si puissant soit-il, était complètement livré à une femme qui le tenait ainsi ! Et quand le garçon éjacula soudain, elles rirent plus fort… Tandis que Louis se retordait sous le plaisir mêlé de douleur ! Et que Marguerite tendait la main en ricanant :
– Une fois ! La première ! Passe moi le morceau, je vais le faire pleurer à nouveau !
Elle saisit la verge qu’avait lâché Ninon et la manipulait avec autant de vigueur qu’elle ! L’autre se frottant les mains en les montrant aux jeunes filles :
– Parait que ça fait du bien à la peau ! Du sirop de corps d’homme ! Ha, ha ! Ha, ha !
Elle regardait avec attention le visage de Louis, déformé par la douleur de cette masturbation qui n’en finissait pas ! Elle murmura :
– Vas-y Margot ! Contente le ! Qu’il oublie jamais ce que ça peut faire, une main de femme ! Ah, mon gaillard, tu racontais ce que tu fais avec ton oiseau, ben là on te rend la pareille ! Le coq de village ! Ha, ha ! Ha, ha !
A demi étouffé par son bâillon, Louis gémissait sourdement, de nouveau en érection… Il tenta désespérément de se débattre, de faire lâcher toutes ces filles qui le tenaient avec un mélange de sadisme et de compassion ! Mais elles étaient bien trop nombreuses pour les faire céder, et il retomba mollement, épuisé et paralysé… Tandis qu’il sentait monter en lui une seconde jouissance, et il éjacula de nouveau en grognant ; et sa partenaire forcée d’accélérer encore en s’écriant :
– Là… Là… Ça sort encore, hein ? Ça sort… Là…
Ninon l’encourageait en secouant elle aussi son poignet :
– Vas-y ! Vas-y ! Trais le ce p’tit coq ! Tire lui tout son lait ! Vas y ! C’est là le meilleur ! Plus vite…
La douleur de cette deuxième masturbation forcée devenait intenable pour le jeune garçon qui se cambrait en tous sens ! Et Marguerite qui ricanait en le voyant, sa main toujours aussi rapide sur la verge :
– Ça va, mon petit ? Ça va ? Hein ? Tiens… Tiens…
Et elle continuait, imperturbable ; bousculée par Ninon qui braillait :
– Passes moi le ! Passe… Que je le secoue à fond ! Y va pleurer une troisième fois, cet oiseau ! Aussi sûr que je m’appelle… Ah… Oui ! Là… Là…
Elle avait saisi à nouveau le membre aussitôt que sa collègue l’avait lâché ! Et recommençait à le masturber… Parvenant à recracher son bâillon, Louis suppliait :
– Non… Non… Arrêtez ! Arrêtez ! Lâchez moi…
Et les deux femmes de rire aux éclats, comme les jeunes filles autour d’elle avec un peu de retard… Qui se demandaient comment cela allait finir ! Ces deux harpies semblaient être prêtes à continuer ainsi toute la nuit ! Mais nulle n’oserait s’opposer à elles, et toutes finalement regardaient avec un sentiment étrange ce garçon de leur âge qui se tortillait sous elles… Et cette main qui courrait toujours aussi vite sur le pénis, l’autre écrasant à présent les testicules de toute ses forces ! Et Ninon qui riait d’un rire de démente, imitée par sa collègue : Les deux femmes se vengeaient là de tous ces hommes qui les avaient prises sans leur demander leur avis, en mâles sûrs de leur force et de leur domination ! Ce malheureux garçon s’immobilisant presque tant il était épuisé, perclus de douleur, ne parvenant même plus à gémir tant il était en état second… Il lui semblait que tout son bas-ventre était en feu, que ses testicules écrasées par comme un étau avaient éclaté…
La verge ne voulant plus durcir, Ninon feignait de s’énerver :
– Ah non ! Non ! Pas de ça avec moi ! Tu vas bander, mon garçon ! Un coq comme toi doit bander à nouveau ! On va y arriver, la Margot et moi ! J’te jure ! J’te jure !
Elle parvint à faire encore raidir un peu le pénis malmené, et changea de main pour reposer son poignet fatigué ! Tandis qu’elle disait encore :
– Tiens lui les balloches ! Serre bien ! Que je m’occupe bien de son oiseau… Là… Là…
Et elle continuait à masturber le malheureux, qui ne parvenait à articuler que des sons incompréhensibles… Une des jeunes filles, s’apitoyant un peu, demanda à mi-voix :
– Mais… Y va… y va…
Marguerite la coupa aussitôt d’une voix dure :
– T’occupe pas de ça, toi la gamine ! Faut qu’il ait une bonne leçon ! La branlade, c’est ce qu’il lui faut ! Que son oiseau le brûle un moment ! Comme ça, chaque fois qu’il s’en servira il y pensera !
Elle parvint à le faire éjaculer pour la troisième fois, avec une douleur inouïe ! Marguerite se saisit de la verge de la main de sa collègue et reprit les mouvements avec rage ! L’autre riant en massant ses poignets endoloris… Regardant le malheureux qui remuait à peine, son membre flaccide irrité à force de caresses forcées ! Une des jeunes filles demanda, hésitante :
– Mais… Ça va pas s’arracher, à force de…
Avec un rire gras, Ninon répondit :
– T’en fais pas ! S’il te fait envie, son oiseau, tu pourras t’en servir ! Oh, pas tout de suite ! Pas ce soir ou même demain ! Mais j’ai jamais vu un de ces engins me rester dans la main ! Ha, ha ! Ha, ha !
Elle avait pris les testicules à deux mains pour les écraser encore plus fort, tandis que sa collègue masturbait inlassablement la verge désormais pendante… Louis était à peine conscient, il souffrait le martyre et se disait que ces deux harpies allaient lui arracher son membre ! Mais il ne pouvait rien y faire, soudain il comprenait que sa position de mâle dominant, qu’il avait cru si forte, vacillait tant… Avec ses deux terreurs féminines qui le feraient longtemps frémir, lui qui se vantait auparavant de n’avoir peur de rien ni de personne !
Ce n’est que la fatigue qui arrêta les tortionnaires, après encore un énième orgasme qui tira des larmes du jeune garçon gémissant en boucle… Et les filles de se relever, un peu mal à l’aise tout de même, l’une demandant timidement :
– Mais… Il… Il va…
Ninon la coupa vertement :
– Qu’est ce que tu veux, toi ? Il t’a tapé dans l’œil ? Ma pauvre, il faudra qu’il se repose un peu, son oiseau avant qu’il te le mette !
Toutes regardaient le malheureux Louis qui gisait inconscient, sa verge désormais pendante rouge vif se couvrant d’ampoules… Et Marguerite de s’exclamer avec un gros rire :
– Oui… Regardez ce que ça devient, un oiseau après une branlade ! Regardez bien ! C’est pas grand-chose, finalement ! Ha, ha !
Les deux femmes savouraient leur pouvoir, à la fois sur leurs collègues bien plus jeunes et aussi sur celui qu’elles surnommaient le coq de village ! Puis, après de longues minutes, elles l’abandonnèrent là en poussant les filles devant elles :
– Allez ! On le laisse là, qu’il récupère comme il pourra… Demain, il aura mal et ça lui servira de leçon ! Au lit les pintades !
Louis se roula en position du fœtus, ne parvenant même pas à poser ses mains sur son membre… Qu’il aurait voulu toucher pour vérifier qu’il était toujours là, en un seul morceau ! Mais la douleur devenait telle qu’il finit par s’évanouir ; se tordant toute la nuit dès qu’il reprenait conscience… Et ce n’est qu’au matin, quand maître Denis passa non loin de là qu’il put articuler à grand-peine :
– S’il vous plaît… S’il vous plaît… J’ai mal…
Le maître, le regardant avec mépris, s’écria en crachant à côté de lui :
– Et bien… Elles t’ont arrangé, les femmes… Toi, t’es pas prêt de manier la faux ! En tous cas, pas aujourd’hui !
Il l’abandonna à son sort, le jeune garçon ne pouvant se retenir urinait sous lui en hurlant de douleur… Tant la brûlure du liquide ambré le terrassait ! Le grand valet vint lui jeter un seau d’eau froide sur le corps en lui disant :
– Tiens ! Ça va clamer tes ardeurs, le coq de village ! Et quand tu arriveras à te lever tu prends tes cliques et tes claques et tu rentres dans ton pays de sauvages ! J’veux pas de feignant ici… J’ai besoin que de travailleurs !
Louis ne parvint à se relever qu’en milieu de journée, il se traîna vers le puits pour boire à longs traits au seau qui y pendait ; puis il alla chercher son maigre bagage dans la fenière avant d’aller voir maître Denis pour se faire régler ses jours de travail. Et ce dernier de lui compter chichement quelques pièces en disant :
– Tiens ! Et tu peux t’estimer heureux que je sois un bon gars… Parce que sinon je t’aurais renvoyé comme ça sans rien ! Petit con !
Le jeune garçon claudiqua vers la porte, sans répondre… Et il sursauta en croisant Ninon qui ramenait les restes du casse-coûte des moissonneurs ! Elle le regarda, méprisante, et chuchota pour ne pas être entendu par le maître :
– Et bien… Tu sauras que que ça fait une bonne branlade !


Commenter le récit :