La grande maison (sans la prairie)

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Une variante de la vie des principaux participants de la série « la petite maison dans la prairie »

Charles Ingalls soupira en portant de lourds sacs de linge sale dans les escaliers de l’hôtel : Son travail – avec celui de sa femme Caroline – lui rapportait à peine 50 dollars par mois… Somme de laquelle était défalquée le loyer de leur deux pièces et la nourriture de toute la famille ! Bien sûr, il gagnait mieux sa vie que dans sa ferme de Walnett Grove, mais il avait aussi tout un tas de dépenses supplémentaires : Les denrées de bouche coûtaient un bras, il fallait des habits toujours propres pour travailler à l’hôtel…

Ses trois fille, Mary, Laura et Carry lui donnait aussi bien des soucis, toujours à rêver du prince charmant et rechignant à aider leurs parents, même pour des tâches courtes et faciles ! Dire qu’à leur maison de rondins perdues dans la campagne, non loin de Walnut Grove, toutes les trois faisaient leurs corvées sans protester ! Mais depuis leur arrivée en ville, tout avait changé…

Il déposa sa charge dans le couloir où sa femme Caroline devait venir le prendre pour aller au lavoir voisin ; surgissant de la cuisine voisine, celle-ci le gourmanda aussitôt :

– Charles ! Tu m’avais promis de me descendre ça y a une heure ! J’en ai marre… J’aurais pu aller le laver après la vaisselle ! Maintenant, je dois faire les chambres et je vais prendre du retard ! Tu exagères, vraiment !

L’homme la regarda longuement, sans répondre… Comme elle aussi avait changé ! Avant, dans leur ferme, jamais elle n’aurait osé le reprendre, pour quoi que ce soit : Épouse docile, toujours derrière lui, toujours de son avis… Depuis leur arrivée en ville, elle faisait comme les autres femmes qu’elle fréquentait dans son travail ; elle voulait de l’argent, des robes neuves et à la mode, des bijoux… C’est d’ailleurs cette énième remarque qui le décida à changer, à prendre sa vie en main comme jamais il n’avait fait auparavant !

Regardant autour de lui, il vit d’autres employés, homme se femmes, et aussi des clients ; poussant son épouse dans la cuisine, il referma la porte derrière lui et gronda :

– Tu m’emmerdes, Caroline ! Tu sais que tu m’emmerdes, depuis qu’on est arrivé dans cette taule ?

Elle le dévisageait sans ciller, désormais bien plus dégourdie et bien moins soumise que par le passé ! Il lui flanqua une paire de gifles à toute volée, avec ses mains d’homme habitué aux durs travaux… Puis une seconde, et seule la crainte de marquer davantage son visage le retint de continuer ! Mais il cogna du pied dans ses côtes, à droite et à gauche, la pliant en deux tandis qu’elle gémissait :

– Charles ! Charles ! Non ! Tu es fou… Tu es devenu fou !

Lui haletait, se défoulant de toutes ses avanies passées… Il gronda entre ses dents :

– Salope ! Je vais t’apprendre, moi, à critiquer ce que je fais ! Je vais t’apprendre à vouloir commander !

Il déboucla son ceinturon de cuir, et en cingla la malheureuse roulée en boule à ses pieds ; elle se réfugia sous une table, il dût la tirer par les pieds pour continuer, frappant ses fesses, ses cuisses au travers de sa robe ! Puis, il la regarda longuement en reprenant son souffle, et siffla entre ses dents :

– J’en ai marre de cette vie de chien ! J’en ai marre de toi, de ces putes de filles, de ce boulot qui rapporte rien ! Maintenant je vais faire en sorte que ça change !

Il lui donna un dernier coup de pied dans les côtes qui lui coupa le souffle et s’en alla sans un regard ! Il croisa le gérant de l’hôtel, qui lui jeta un certain nombre d’observations sur les tâches à effectuer avant la nuit… Ce qui acheva de le décider à reprendre sa vie en main et à ne plus mener cette vie de larbin aux ordres de son maître !

Il alla faire un tour en ville, pour se changer les idées et réfléchir posément ; puis il entra au saloon voisin de l’hôtel, et buvait un double whisky quand Neslon Oleson passa derrière le comptoir en lui disant :

– Et ben, Charles ! Je… Je viens de l’hôtel… J’ai vu Caroline… Tu…

Lui le regarda longuement avant de répondre :

– Je l’ai dérouillée ! Et alors ? J’aurais dû le faire plus tôt, si tu veux mon avis… J’en ai marre ! Je veux changer de vie, je veux gagner des dollars et plus crever la bouche ouverte comme maintenant !

Il avala une longue rasade d’alcool, finit son verre en deux fois et le fit claquer sur le bar pour que Nelson le resserve à nouveau ; quand le barman l’eut fait, il reprit :

– C’est pas avec ce qu’on gagne là qu’on va faire fortune ! Et je veux plus continuer comme ça ! Si tu avais juste un peu de couilles, tu ferais comme moi !

Il finit son verre et il allait repartir quand Nelson objecta :

– Moi, je voudrais bien… Mais tu sais, avec Harriet…

En passant la porte du saloon, Charles dit encore :

– Tu fais comme moi ! Une bonne volée, et elle fermera sa grande gueule ! Mais faut que tu aies la main lourde, tu la massacres, qu’elle ait mal pour quelques jours, sinon elle reprendra le dessus !

Un client, entendant cette dernière remarque, s’approcha du barman et lui dit :

– Et ben ! Le loufiat est en rogne ?

Nelson tenta de relativiser :

– Oh, vous savez… Il a bien du souci avec sa femme et ses filles… Et puis, comme tout le monde il veut être riche !

Ingalls se promenait le long de la rivière, regardant sans les voir les barges qui descendaient le courant chargées de marchandises ; il y avait là pour des milliers de dollars de fourrures, d’outils, d’armes… Tout cela serait revendu dans des magasins de Winoka ou d’ailleurs, avec un bénéfice de 1000 pour 10, peut-être plus ! Et son couple travaillait pour une infime partie de cela !

Il revenait à l’hôtel quand il aperçut sa fille Laura en conversation avec un cow-boy qu’il ne connaissait pas ; sans doute un homme de passage en ville, conduisant un troupeau de bêtes… Beau gosse, le Colt au côté… Tout à fait le style d’homme dont ses filles rêvaient, et qui disparaîtraient une fois qu’ils auraient couchés avec elles ! Charles alla vers eux et lança :

– Laura ! Rentre à l’hôtel tout de suite ! Vite !

Il regarda le cow-boy bien en face et jeta :

– Toi, tu fous le camp sinon je te casse la gueule ! T’as pigé ?

Il eut un frémissement intérieur en voyant soudain le Colt au ceinturon de son interlocuteur ; mais l’homme ne tenta pas de le sortir, il bougonna et tourna les talons sans demander son reste ! Cette victoire fit réfléchir Charles, achevant de le convaincre qu’il pouvait finalement imposer sa volonté s’il le voulait vraiment. Il rentra à l’hôtel encore plus songeur, reprit ses tâches en croisant sa femme qui désormais ne levait même plus les yeux sur lui…

Le dîner fut morose, Laura avait averti ses deux sœurs de l’intervention de leur père, et Caroline arborait des marques rouges sur ses joues… Toutes les quatre baissaient les yeux sur leur assiette, mangeant leur soupe en silence ; lui se rengorgeait un peu, retrouvant l’atmosphère de leur ferme de Walnut Grove… Quand il était vraiment le chef de famille et que toutes obéissaient au doigt et à l’œil ! Les filles allèrent se coucher aussitôt le repas avalé, sans dire autre chose que « bonne nuit » ; même si Laura leva les yeux avec un air de défi ! Charles se dit qu’il devrait la prendre à part pour la corriger elle aussi, sachant qu’elle le raconterait aux deux autres et que cela assoirait encore son autorité ; puis il se dirigeait vers la chambre, et sa femme de balbutier alors en baissant toujours les yeux :

– Je… Je dois aller m’avancer un peu pour demain… Je… Il faut que je repasse le linge..

Elle n’avait pas une voix très convaincue, et lui de répliquer d’une ton sans réplique :

– Au lit ! Tu te lèveras plus tôt demain ! T’as entendu ?

Caroline fit oui de la tête et le suivit sans un mot ; elle se déshabilla en silence derrière le paravent, fit une rapide toilette dans la cuvette posée sur une table basse et vint s’allonger aux côtés de son époux dans sa longue chemise de nuit, avec même un foulard sur ses cheveux : Non contre le froid, il faisait très chaud à Walnut Grove , mais une femme honnête ne dormait jamais tête nue !

A peine s’était-elle allongée que Charles se jeta sur elle en relevant sa chemise de nuit sur son ventre ; il haletait de désir, et l’embrassa violemment sur la bouche… Sa langue entraînant la sienne, ses deux mains ouvrant le haut du vêtement pour pétrir les seins à poignée ! Il commençait déjà à bouger son bassin pour la prendre quand Caroline supplia :

– Aïe… Tu me fais mal ! J’ai.. J’ai mal au ventre avec… Là où tu m’as tapée…

Lui se releva sur les coudes, et il saisit l’épaule de sa femme pour la retourner d’un seul coup sur le ventre et grondant :

– Comme tu veux ! Si ton bide va pas, je t’aurais par derrière ! Comme quand t’avais tes ragn’, salope !

Déjà, sa verge raidie s’insinuait entre ses fesses, cherchant l’anus… Mais la pauvre femme gémit :

– Non ! Non, je t’en supplie ! Pas comme ça ! Non !

Le ton montait, elle devait être entendue depuis la chambre des filles… Ce qui retint le mâle surexcité, il pouvait frapper et contraindre sa femme de remplir le fameux devoir conjugal mais sans que leurs descendantes puissent être au courant ! Il se releva en haletant à peins poumons :

– Bouge pas ! Je vais chercher ce qu’il faut…

Et, comme Caroline tentait de se retourner, il revint vers le lit en deux foulées et la bloqua en lui serrant la nuque de toute ses forces… En grognant d’une voix rauque :

– Bouge pas, j’te dis ! Reste comme ça sinon je vais te mettre une tournante comme t’as jamais reçue !

Il la tint ainsi jusqu’à ce qu’elle bégaie :

– Oui… Oui… Ne me fais pas mal ! Je… Je…

Il passa rapidement dans la cuisine, revint avec une motte de beurre dont il s’enduisit le membre viril avec soin ; puis il vint s’allonger sur son épouse en guidant son gland turgescent et gluant contre l’anus ! En disant dans sa respiration sifflante :

– Détends toi… Détends toi… Ça va renter tout seul ! Là… Là…

Mais Caroline ne parvenait pas à ouvrir ses muscles anaux, elle suppliait à voix basse :

– Tu vas me déchirer… Non… Non…

Ce qui le faisait rire grassement, en grognant à son oreille :

– Joue pas la pucelle effarouchée, salope ! T’as oublié le nombre de fois où je t’ai enculée ? Hein ? Tu l’as racontée au révérend ? Tu lui a dis ? Ha, ha, ha…

La pauvre femme, honteuse au-delà de tout, enfouissait son visage dans l’oreiller comme pour disparaître… La figure du révérend et sa morale hyper rigide planait sur gelle ! La sodomie était un péché mortel, en plus d’être punie par le code pénal… Au-dessus d’elle, son mari forçait en ahanant pour la pénétrer analement ; quand elle ne put plus crisper assez fort son anus, le pénis s’enfonça en elle tandis qu’elle mordait l’oreiller pour ne pas hurler ! Puis il se mit à la pilonner rudement en haletant de plaisir…

Une fois sa jouissance atteinte, Charles resta ainsi sur elle en soufflant à pleins poumons ; quand il se retira, Caroline poussa un petit cri aiguë et se retourna péniblement en pleurant… Lui alla passer sa verge dans la cuvette d’eau et revint lourdement se coucher. En disant d’une voix lasse :

– Désormais, je ferai avec toi comme j’aurais envie ! Tiens toi le pour dit ! Et j’te préviens, y va y avoir du changement , j’te le garantis !

Il s’endormit comme une masse, pour une fois sans se réveiller durant la nuit pour se lamenter sur son sort ; au matin ; il tendit la main pour toucher son épouse à ses côtés, mais elle s’était déjà levée depuis plus d’une heure pour faire les tâches qu’elle n’avais pas fait la veille. Lui se mit debout et accomplit quelques travaux qu’il devait faire mais sans conviction : Il continuait de songer à tout ce qu’il pouvait faire pour gagner confortablement sa vie ; mais il y avait toujours une chose qu’il lui fallait pour commencer n’importe quelle affaire : Des dollars ! Et bien sûr il n’en avait pas, ou du moins pas beaucoup, une fois payé le loyer et la nourriture…

Le soir, quand il voulut prendre à nouveau son plaisir avec sa femme, celle-ci le supplia :

– Pas comme hier ! Pas par… J’ai encore mal

Lui éclata de rire : La prendre ainsi tous les soirs était pour lui à la fois pour son plaisir mais aussi pour asseoir son autorité ! Au lieu d’une fois par semaine comme ils faisaient tous les deux depuis leur arrivée en ville ; mais, du temps où ils étaient à Walnut Grove, il la pénétrait quotidiennement depuis le soir de leurs noces ! Il se rappelait d’ailleurs avec nostalgie cette nuit là, où, la pauvre femme ne sachant absolument pas ce qui allait lui arriver, il l’avait quasiment violée légalement durant des heures… La laissant pliée en deux au matin, folle de terreur en voyant le sang qui coulait de son vagin !

Dorénavant, il prit son plaisir avec elle autant de fois qu’il le put, et cet acte de virilité lui fit reprendre confiance en lui ; il imposait par ces actes son pouvoir à la fois sur elle, mais aussi sur ses filles qui désormais ne tentaient plus d’aller en ville pour rencontrer leur fameux prince charmant : Une lourde chape pesait au-dessus de leur tête, ce qui allait bien les conditionner à ce qui allait suivre… Et le soir avant de s’endormir elles entendaient des gémissements de douleur qui venaient de la chambre parentale !

Charles voyait souvent Nelson Olson, – surnommé Nels – et ce dernier lui disaient parfois de curieuses paroles : Il lui assurait que « ça venait », ou que « ça ne tarderait pas »… Jusqu’à ce qu’un jour il le prenne à part en chuchotant :

– C’est bon ! Ça va se faire ! Il faut se décider vite !

Interloqué, Ingalls le regardait sans comprendre : Qu’est ce qu’il fallait décider, et vite ? L’autre regardait tout autour d’eux, craignant visiblement d’être entendu ; il finit par laisser tomber :

– Le gérant est dans la merde… Il a piqué dans la caisse ! Et pour rembourser le proprio il a fait une connerie pire : Il a emprunté à des voyous pas possible ! Et bien sûr il peut pas les payer… T’imagines, le truc ?

Charles grimaça, il savait que ces gens là ne plaisantaient pas ! Là, ce n’était pas Walnut Grove, où le pire des forfaits perpétrés était de petits larcins… A Winoko, il existait plusieurs gangs, qui se tiraient dessus à l’occasion ou s’associaient pour des gros coups ; mais jamais ils ne laisseraient passer que quelqu’un les « plante » sur une somme d’argent prêtée ! Rien que pour garder leur réputation, sinon ils se seraient vite fait dépasser par plus méchants qu’eux…

Nelson tourna encore les yeux de toutes parts, fit un signe avec son index sur ses lèvres en désignant du menton un cow-boy qui passait ; puis il ajouta :

– Le proprio va pas avoir le choix : Il va vendre l’hôtel et le saloon aux gars qui ont prêté le fric au gérant ! Sinon eux vont le flinguer lui aussi avec l’autre… Pour qu’il récupère leurs billes, pour sauver la face… Bref, faut qu’on double tout le monde : On flingue les mecs et on paye le proprio ! Le tout dans la foulée ! Le prix de vente est à 4000 dollars, c’est même pas le tiers de la valeur mais ça fait le blau avec ce que le gérant leur doit ! Et le tarif est inscrit chez le notaire, il peut plus rien monter…

Ingalls fronçait les sourcils, la situation était pour le moins compliquée ! Il finit par tout saisir, le gang achetant le saloon et l’hôtel pour récupérer son prêt… Mais que venaient-il faire, Nelson et lui, là-dedans ? Il s’écria, un peu trop fort au goût d’Olson :

– Qu’est ce tu veux que ça me foute, ton histoire ? J’ai pas un rond, et pas de flingue ! T’as ça, toi ?

L’autre faisait « chut » en boucle, se tournant de toutes parts à la recherche d’oreilles qui traînaient ; puis il chuchota, outré :

– T’as rien ? Vraiment rien ? Je croyais que t’avais du fric… Et puis, à Walnett Grove, tu savais te faire respecter, avec ton fusil !

Ils se séparèrent là-dessus, Charles interloqué et Nels un peu contrarié… Mais le premier se mit à réfléchir au problème : Autant 4000 dollars pouvait paraître une énorme somme – ça représentait six ans et demi de son salaire – mais la possession de cet hôtel et le saloon pouvait vraiment changer la vie des deux familles ! Quant à se débarrasser des gangsters, curieusement, à mesure que le temps passait cela lui paraissait pas trop difficile : Tout au long de sa vie itinérante, il avait dû se battre pour défendre sa vie et celle de sa famille… Il ne manquait pas de crapules dans ces pays nouvellement occupés par les pionniers, pour attaquer un de ces groupes en route pour l’Ouest ! Et il est vrai qu’il avait été un des premiers à tirer sur leurs attaquants, et il en avait gardé cette réputation que lui rappelait Nelson. Mais il n’avait plus d’arme, il avait dû vendre son fusil en venant là pour payer les premiers frais d’installation…

Tous les jours, il rencontrait Olson, et ce dernier continuait de lui parler de l’affaire ; lui avait su la vente en écoutant aux portes, mais personne ne devrait la connaître pour pas que quelqu’un puisse surenchérir ! Finalement, Charles lui dit :

– Écoute, Nels… Je pourrais avoir uner Winchester, je sais où on pourrait la piquer ! Et pour dégommer les gars, faudrait juste que je les connaisse… Y en a combien, de ces gars ?

L’autre secoua la tête :

– Y sont que deux ! Mais bon… C’est pas des tendres ! Si tu les rates…

Ingalls fit la moue ; il savait qu’avec ces carabines à réplétion il pourrait sans problème tuer deux gars en moins de cinq secondes s’ils étaient ensembles… Mais il pensait bien que Nels l’épaulerait ! Aussi s’exclama t’il :

– Dis donc, et toi, tu fais quoi là-dedans ?

Mais Olson baissait la tête et balbutiait :

– Tu sais bien que moi… Tirer… Je tremble même en servant un verre ! Alors, avec un flingot…

Ce à quoi Charles renchérit :

– Ouais… Bon, pour deux gars, je peux faire le taf seul ! Mais alors, c’est toi qui amènes le fric ?

Il y eut un silence révélateur, et Nelson de soupirer :

– Non… J’ai rien ! Enfin, à peine, et c’est ma femme qui garde les économies ! Mais on doit pas avoir plus de 600 dollars !

Ingalls connaissait la domination qu’Harriet, son épouse, exerçait sur lui ! D’ailleurs, à Wallnet Grove, elle ne manquait pas de révéler que l’argent nécessaire à la construction là-bas de leur épicerie venait d’un héritage de son côté ! Et bien sûr en partant ils avaient tout perdu… Donc leurs économie devaient être en son unique possession ! Il s’écria néanmoins :

– Et oh ! C’est moi qui fais flinguer ces deux mecs, et en plus il faudrait que je trouve les dollars ? Et puis quoi d’autre ?

Mais le barman de répliquer, soudain piqué au vif :

– J’ai amené cette affaire ! J’aurais pu aller la proposer à d’autres ! Et j’suis sûr que ça en intéresserait, du monde, à ce prix !

Les deux hommes se séparèrent fâchés, persuadés que c’était perdu ! Charles retourna à l’hôtel où il se disputa avec son épouse sous un futile prétexte ; quant à Olson, il tremblait comme une feuille d’énervement, et il brisa une bouteille de whisky. Alerté par le bruit, le gérant sorti de son bureau et le prévint qu’elle serait déduite de son salaire… Sous les gros rires des clients, chacun se réjouissant du malheur de l’employé !

Quand Ingalls monta dans l’appartement que la famille occupait, il n’y trouva aucune des trois filles ; Caroline, interrogée d’un ton menaçant, lui répondit en tremblant qu’elles étaient « allées faire un tour »… Ce qui le mit en fureur, elles recommençaient à aller traîner en ville ! Il hurla dans le couloir :

– Elle sont allées lever le cul ! J’en ai assez de ces putes ! Je vais leur arracher la peau du dos à coups de ceinturon !

Il ne pensait pas ce qu’il disait, ces trois rejetonnes n’ayant pas le culot d’aller au-delà d’un flirt ! Âgée de 23, 20 et 19 ans, elles étaient toujours vierges… Mais elles pouvaient tomber sur des beaux parleurs qui les subjugueraient de compliments, à moins de les carrément enlever ! Il se précipita dans l’escalier pour aller les chercher, tomba sur son épouse qui lui demandait de descendre le linge à laver d’un ton mauvais… Il la gifla à la volée, par deux fois, la projetant contre le mur derrière elle ; puis il repartit en lui disant qu’il s’occuperait d’elle au retour.

C’est dans la rue, en cherchant ses filles que la solution du manque d’argent lui apparut soudain : Si l’envie de sexe les poussait à passer outre à ses ordres, il n’avait qu’à les louer à une maison close ! Cette idée oh combien épouvantable pour un père ne le choquait pas outre mesure… Il venait de les qualifier de « putes », et soudain cela le libérait de son devoir envers elles : Quitte à monnayer leur corps, autant valait qu’elles le fassent pour lui… Planté au milieu de la rue, bousculé par des passants pressés, il pesait le pour et le contre : Il ne pouvait décemment prostituer ses filles dans cette ville… Tout le monde connaissait sa famille, et il perdrait certainement sa place à l’hôtel, le gérant tenant à la réputation de son établissement ! Il ne pensait même pas à ce que pouvait dire Caroline, désormais il se moquait de ses avis ; mais il lui faudrait la jouer fine pour rester discret : L’employé qu’il était ne devant pas attirer l’attention ! Et puis, l’affaire de Nelson étant toujours inconnue de tous, une importante somme d’argent qu’il aurait gagné pouvait le faire remarquer…

Il cherchait le meilleur établissement où il pourrait faire travailler ses filles ; mais il n’y avait à Winoka que des établissements de bas étage pour les cow-boy de passage ; soudain, un visage s’imposa à son esprit : Ernestine, dite Titine, un mère maquerelle rencontrée il y avait longtemps de cela et qui opérait dans la ville voisine ; elle avait plusieurs « boxons » , certains de bas étage mais deux autres au moins pour les nantis de la région, propriétaires de mines d’or et de ranchs avec des milliers de têtes de bétail. Certainement que là ses rejetonnes pourraient lui rapporter gros… Il emprunta un cheval à un commerçant de ses connaissances et fonça bride abattue vers le lieu où il avait vu la dernière fois la grosse dame.

Il lui fallu une bonne heure pour y arriver, sa monture couverte d’écume ; La maquerelle attendait dans la rue devant une de ses maison, Charles vit qu’elle avait encore grossi au point d’être carrément obèse… Elle lui lança de sa voix éraillée par l’alcool et le tabac :

– Et bien, beau gosse ! Y a une paille que t’es pas venue te dégorger les cerises chez moi ! Ha, ha, ha ! Qu’est ce tu veux, aujourd’hui ? Un blonde, une brune ? Ou une rousse,comme l’autre fois ? Ha, ha, ha… T’en fais une tête ? Tu crois que je l’avais oublié ? J’oublie, rien, moi ! Rien ! Tout est là ! Là !

Elle montrait son front, elle était célèbre dans la région pour être capable de se rappeler qui avait couché avec qui… Charles descendit de cheval, l’attacha à un anneau et dit tout bas :

– Écoute… Je suis pas venu consommer… J’ai… J’ai une affaire à te proposer !

Les petites yeux d’Ernestine semblaient vriller dans sa tête, comme pour explorer son cerveau ! Elle indiqua une porte dérobée et lui dit :

– C’est bon ! On va par là ! Passes devant, beau gosse, que je puisse mater ton p’tit cul musclé !

Ils rentrèrent tous deux dans une pièce où une belle fille s’activait à prépare le café sur une cuisinière à bois ; Ingalls la regardait se pencher souffler sur les braises pour activer le feu et l’autre le vit tout de suite :

– Ha, ha, ha ! Elle te fait lever la queue, Esthella ! T’as les moyens de te la payer ? J’te préviens, c’est pas une roulure à 2 dollars !

Lui faisait non de la tête, sans pouvoir toutefois détacher son regard de la silhouette fine de la prostituée ; et la maquerelle de s’exclamer de sa voix rauque :

– Oh, la pute ! Sers le café et va faire bosser ta chatte ! J’suis sûr que t’as des clients qui attendent la bite à la main ! Oublie pas que tu me dois un max pour ce que j’ai avancé pour te ramener ici !

Une fois la fille sortie de la pièce, Ernestine murmura :

– Je les choppe à la campagne, je les emmène là et je les fais bosser ! Sur le dos évidemment, pas pour faire le kawa ! Ha, ha, ha ! Et après je leur présent la facture, transport, bouffe, loyer… Bref, y en a pas une qui fait des éconocroques ! Je récupère tout ce qu’elles gagnent, ces putes !

Elle but bruyamment une gorgée de café et dit encore :

– Bon, le beau gosse… Ton affaire ! Accouche !

Charles, un peu désarçonné par la tournure de la situation, commença son histoire : Il avait trois filles qui pouvaient travailler là, et il voulait savoir ce que ça pouvait lui rapporter… La maquerelle lui coupa la parole :

– Oh là là ! Le cow-boy qui veut se faire barbeau ! C’est un vrai métier, ça ! On s’y improvise pas comme ça… Par contre, si tu me les mets en boxon chez moi, là je dis pas non ! C’est quoi tes roulures ? Des vieilles de trente piges ? De la viande fraîche ? De l’Indienne qu’il faut nettoyer à la brosse de crin comme un cheval ?

Ingalls hésitait, louvoyait… Pour finir par avouer, tout penaud tout de même :

– C’est mes gamines ! De la pucelle garantie ! Trois… Premier choix, ça j’te l’assure…

Ernestine s’esclaffa franchement :

– Ha, ha, ha ! Le beau gosse qui veut faire tapiner ses filles ! Ha, ha, ha ! Qu’est que t’as fait ? Dettes de jeu ? Tu dois du fric à des méchants ? Ou tu veux te lancer dans les affaires ?

Il semblait à Charles que la maquerelle voyait tout en lui ! Une femme si au fait de ce qui se passait en ville pouvait être au courant des mésaventures du gérant… Il tenta de faire le fanfaron :

– Écoute, ça te regarde pas ! Je t’amènes trois pucelles, tu me dis ce que je peux en tirer !

La grosse femme le regardait sans répondre, calculant, estimant… Elle finit par dire :

– Déjà, faudrait que je vérifie leur rondelle, à tes gamines ! J’en connais à qui on donnait le bon Dieu sans confession et qui avaient une chatte comme une jument en chaleur ! Après, si vraiment c’est de la pouliche premier choix et jamais servie, y a moyen de se faire un bon paquet de dollars ! Je peux les mettre aux enchères pour la foire du mois prochain ! Ça attire un monde fou, et du richou, hein ! Pas du cow-boy au crapautard vide de chez vide !

Ingalls se taisait, jamais il n’aurait pensé à une mise aux enchères de ses filles… Mais il comprenait que leur virginité pouvait rapporter bien plus ! Il demanda :

– Bon, on dit OK pour le principe, mais… Ça se passe comment ? Et quand, parce que bon… Y me faut de la fraîche assez vite !

Il regretta aussitôt d’avoir dit cela, la maquerelle allait profiter de la situation maintenant qu’elle le savait pressé… Mais elle ne releva pas, elle réfléchissait comment mettre au point la meilleur affaire ; elle demanda :

– T’es sûr des tes gamines ? Je te demande ça mais je vérifierais perso leur rondelle ! T’imagines bien que si je mets leur pucelage aux enchères comme une jument, vaudrait mieux pour mon cul qu’elles l’aient encore… Quel âge, leur physique ? Leur caractère ? Dis moi tout !

Bien sûr, lui l’assura de leur virginité, de leur obéissance… Qu’elles étaient mignonnes… Ernestine finit par dire :

– Bon, beau gosse tu me branches ! En tout bien toute honneur, hein ? Je t’organise le truc, on vend le pucelage de ces gamines et je te prend 50 pour cent ! Après, on verra ce qu’on en fait. Si elle marchent dans la combine, on pourra continuer… Même avec une chagatte défoncée, elle peuvent bosser !

Le pourcentage demandée par la maquerelle paraissait trop élevé à Charles, et il le lui dit sans ambage ; ce qui déclencha aussitôt sa colère, dans le pire argot de la ville :

– Oh, le cow-boy ! Tu te prends pour qui ? Tu viens me supplier de t’aider, tu vends tes filles comme des coches et tu veux marchander le truc ? Non mais oh ! Tu sais ce que tu es toi, tout beau gosse que tu est ? T’es une merde sur le trottoir ! Je peux te faire flinguer à la sortie de mon rade si je veux ! Oh !

La négociation fut longue et houleuse, à deux reprises Ingalls se leva pour partir ! Curieusement, la maquerelle acceptait alors de baisser un peu… Puis un peu plus… Elle finit par hurler en tapant des deux poings sur la table :

– Je m’en fous si tu veux plus ! Tire toi ! Tire toi j’te dis ! Va les tirer toi même, tes gamines ! C’est 35 pour cent ou rien ! T’as compris ? Oh, j’te cause, cow-boy de mes couilles ! Tu dis oui ou alors tu dis non mais tu caltes de là !

Charles secoua la tête mais il finit par accepter ; il dit en soupirant :

– OK pour 35 pour cent ! Bon, comment et quand ?

Ernestine se rengorgeait de son accord, soudain plus souriante que précédemment ; elle expliqua :

– La foire la plus balaise de l’année a lieu le mois prochain, le 1er… Dans… Dans une semaine et demi ! Faut les vendre là, parce qu’y aura du beau linge ! Avec de la fraîche en pagaille… Donc faut y aller rapidos, tu m’amènes la marchandise la veille, pas avant j’fais pas garderie, hein ? Je m’en occuperais juste la nuit avant la vente, t’as ce qu’y faut pour les calmer, tes futures putes ?

Lui hésitait, demandait ce qu’elle voulait dire ; et elle d’éclater à nouveau :

– Mais t’es con comme la lune, beau gosse ! Taré total ! Tu crois que tes gamines vont attendre sagement de se faire défoncer ? Faut les camer pour les rendre dociles ! Bon, je t’aurais du produit, viens le chercher avant… Ou j’te le ferais passer, tu crèches où ?

Quand Charles donna l’adresse de l’hôtel, la maquerelle fronça les sourcils et demanda finalement :

– Mais… C’est pas cette taule où le mec a piqué dans la caisse ? Hein ? J’ai entendu parler d’un truc… Bon, j’sais pas et tu t’en fout ! Toi, t’es loufiat !

Ingalls sortit et se mit à réfléchir au moyen de ramener ses filles à cet endroit ; mais ce qui l’inquiétait le plus c’était qu’Ernestine connaisse déjà le problème du gérant de l’hôtel… Dire que Nelson lui avait juré que personne n’était au courant ! Et s’ils rataient l’achat de l’affaire ? Il aurait vendu ses filles, tué deux hommes pour rien ! Mais il savait qu’il allait tenter le tout pour le tout, jamais il ne pourrait revenir à cette vie de « loufiat » comme l’avait qualifié la maquerelle ! Il sauta sur le cheval qui l’avait amené et se plongea dans ses souvenirs en galopant sur la piste…

Il y avait bien des années de cela, il avait quitté son village de Walnut Grove à la demande de plusieurs paysans de la région : Un syndicat s’intéressait à eux pour accroître son pouvoir, même s’il se fichait éperdument des problèmes de minuscules propriétaires du Minnesota ! Charles était donc parti pour Chicago, avec en poche deux billets de train qu’on lui avait envoyé ; chaque participant à cette réunion pouvait venir avec sa conjointe, tout était fait pour les mettre dans de bonnes dispositions et au final les faire voter dans le sens du syndicat ! Mais Caroline n’avait pas pu venir avec lui, il y avait leurs trois filles et la ferme à s’occuper durant son absence ; c’est donc Mary qui l’avait accompagné, pour la récompenser de ses résultats scolaires très satisfaisants.
Ils s’étaient retrouvés tous deux dans un grand hôtel de cette grande ville, un luxe éblouissant pour ces deux campagnards ! Nourris de mets exotique (pour eux) mais c’est en soirée, alors que la réunion devait avoir lieu le lendemain matin, qu’une jeune fille s’était présentée dans la chambre avec une jupe si courte qu’on voyait le haut de ses cuisses… Et des gros seins qui paraissaient sortir de son corsage a demi ouvert ! Mary la regardait fixement, ses yeux hallucinés ne pouvant quitter sa silhouette ; et son père aussi, mais lui se doutant toutefois de ce qu’elle venait faire là… Et elle avait lancé en voyant qu’on la dévisageait ainsi :

– Et ben ! T’as jamais vu une pute de luxe, le péquenaud ? Et toi la gamine, qu’est ce tu fous là ? T’es avec lui ? Il a amené son harem ? J’vous préviens, je fais pas des trucs à trois, moi… Enfin, pas avec elle, j’suis pas gouine !

Ingalls, se reprenant et passablement excité, avait alors répondu :

– Elle, c’est ma fille ! Donc tu la fermes et tu vas dans la chambre ! Mary, il faut que je parle avec mademoiselle ! Tu attends là ! T’as compris ?

L’adolescente avait fait oui de la tête, obéissante comme d’habitude ; elle s’était assise au bord d’un fauteuil, le dos droit… Tandis que son père et cette mystérieuse invitée de s’enfermer dans la chambre. Tout de suite, cette dernière avait dit en regardant langoureusement Charles :

– Tu veux que j’en quitte un peu, beau brun ?

Et lui de lui répondre, en ouvrant son pantalon :

– Pas besoin ! J’te baiserais comme ça… Fous toi sur le pieu et écarte les quilles !

En femme habituée à obéir aux clients, la prostituée s’était couchée sur le lit en ouvrant à l’équerre ses cuisses ; puis elle avait demandé en souriant :

– Comme ça ? Ça te va ? Tu vas me prendre comme ça ?

Ingalls était un campagnard mal dégrossi, il avait toujours vécu loin des villes et des maisons closes de luxe comme celle où travaillait la jeune femme ! Mais une prostituée restait une prostituée, et il comprenait soudain que ceux qui l’avait invité, comptant sur son vote pour battre un autre syndicat, lui envoyait une professionnelle ; comme ils le logeait et le nourrissait dans un établissement de premier ordre ! Et il tenait à leur donner une leçon, comme il le ferait le lendemain en séance plénière ; se jetant sur la prostituée, sa verge raidie à la main, il l’avait prise tandis qu’elle simulait le plaisir en se tordant… Faisant sursauter Mary dans son fauteuil, qui avait fini par s’approcher de la porte et de regarder par le trou de la serrure ; la vue de son père s’acharnant à grands coups de reins sur son invitée l’avait faite rougir, sans comprendre ce qu’il lui faisait ! Mais, quand Charles s’était énervé d’entendre sa partenaire gémir, elle l’avait vu la retourner à plat-ventre et la sodomiser brutalement en grognant :

– Alors salope ! Tu jouis moins, par là ? Hein ? Réponds, sale pute ! Réponds ! Elle te fait de l’effet, ma bite dans ton cul ?

La jeune femme hurlait à présent, sa bague anale déchirée tandis que lui la pilonnait rudement avec un plaisir décuplé par ses plaintes ! Mary sentait soudain dans son bas-ventre un curieux sentiment, un fourmillement étrange… Puis elle avait entendu son père râler de plaisir, se démenant toujours sur la malheureuse à demi évanouie de douleur ! Et quand il s’était relevé, faisant face à la porte derrière laquelle était sa fille, celle ci avait vu son pénis encore à demi dressé souillé d’excrément, de sperme et de sang… Elle était repartie dans son fauteuil, terrorisée, se demandant ce qu’il avait vraiment fait ! Puis tous deux étaient ressortis de la chambre, lui reprenant son souffle et elle tenant à peine debout sous la poigne de Charles qui la tirait par les cheveux ; il l’avait jetée dans le couloir, en lui disant de rapporter à ses commanditaires ce qu’il lui avait fait ! Puis il avait lancé à sa fille :

– Tu parleras pas de ça, à ta mère, ni à tes sœurs ! Tu as compris ? J’ai eu… une petite discussion avec cette femme ! Et elle m’a énervé ! Alors on n’en cause plus !

Mary, recroquevillée dans son fauteuil, faisait oui de la tête en regardant le tapis. Ingalls avait vidé le mini-bar avec un sourire satisfait, torturer cette malheureuse avait été pour lui une jouissance extrême ! A la fois par sadisme naturel et pour faire comprendre au syndicat qu’on ne l’achetait pas ainsi…

Le souvenir de cet épisode avait excité le cavalier, il songeait aussi à la jeune fille qui avait fait le café à son arrivée chez la maquerelle ! Les deux prostituées finissaient par ne plus faire qu’une, et lui sentait sa verge se raidir dans son pantalon ; il savait que quand il était dans cet état il lui fallait prendre son plaisir sinon il resterait en érection des heures durant !

Arrivé à Winoka, Ingals s’était précipité à l’hôtel, rencontrant le gérant qui avait menacé de le renvoyer s’il ne se mettait pas tout de suite au travail ! Il ne lui avait même pas répondu et cherché sa femme, l’appelant dans les couloirs de sa voix rauque :

– Oh, Caroline ! Caroline, t’es où ? Caroline ?

Son épouse lui répondit depuis le dernier étage de l’établissement ; elle faisait les lits des dernières chambres, et le reçut avec un froncement de sourcils, en lui reprochant son absence… La paire de claques qu’elle reçut aussitôt lui retourna la tête, et il lui plia le torse sur une commode en relevant sa robe ; grognant dans un souffle :

– Je vais t’apprendre à gueuler, moi… Attends un peu… Je vais t’arranger la chagatte !

Tirant sa petite culotte sur le côté, il s’était enfoncé dans son intimité d’un coup de rein ; la faisant crier de douleur, tandis qu’il la besognait rapidement en levrette, en grondant à ses oreilles :

– Tiens… Tiens… Tu la sens ? Hein ? Tu la sens ?

La malheureuse gémissait de souffrance, soucieuse toutefois de ne pas attirer le gérant par les cris qu’elle aurait bien voulu pousser ! Quand son mari eut pris son plaisir avec des plaintes haletantes, il se recula en se rajustant et le prévint :

– Bon… Va y avoir du changement… J’te préviens… T’as intérêt à te tenir à carreau… Si tu joues à la plus maline, tu vas t’en repentir !

Il l’avais laissée tremblante, percluse de douleur, et pleurant sur son sort : Depuis quelques temps, elle ne le reconnaissait plus, il devenait violent et la prenait tous les soirs et même là en pleine journée… Lui, le père aimant, il frappait aussi leurs filles et elle sentait qu’il n’allait plus se contenter de leur misérable paie ! Mais les femmes de cette époque ne se mêlaient pas trop des affaires de leur mari, l’homme était le maître absolu !

Charles, lui, revivait ses premières années quand il avait fait cet interminable voyage vers l’ouest, finissant à Walnut Grove ; où, célibataire et ensuite jeune mari il prenait sa femme quand l’envie lui en prenait : A tout heure du jour, le soir, le matin au réveil… Caroline serrait les dents pour ne pas crier, pour qu’elle ne soit pas entendue dans le charriot voisin où la même chose se passait la plupart du temps ! Leurs trois filles avaient été conçues ainsi, dans cette violence conjugale si fréquente dans ce milieu… Puis il y avait eu leur établissement dans cette ferme de Walnut Grove, le travail des champs, la routine à laquelle il s’était fait finalement ; bien que ce ne soit guère ce qu’il voulait étant jeune. Puis la naissance de leurs trois filles, pas de garçon, ce qui l’avait peiné, lui l’homme qui voulait une descendance mâle ! Jusqu’à ces problèmes de mauvaises récoltes et leur venue là pour mener une meilleure vie…

A peine eut-il fait quelques les tâches les plus urgentes qu’il alla au saloon pour voir Neslon ; mais il n’y était pas, et le barman qui le remplaçait de lui dire qu’on ne savait pas où il était ! Ce qui fit peur à Charles, craignant que son ami soit allé proposer l’affaire à quelqu’un d’autre… Mais il le rencontra finalement en soirée, et l’autre de lui avouer qu’il avait de plus en plus d’ennuis avec sa femme : Harriet, cette terrible épicière de Walnut Grove, qui s’était mis tout le monde à dos là-bas, et continuait ici mais seulement avec son mari ! Suivie par leur fille Nellie qu’elle élevait dans son ombre et qui avait pris le même caractère qu’elle… Saisie d’une idée, Ingalls s’écria :

– Dis donc, Nels ! Et ta gamine, la p’tite conne… Si tu l’as vendais comme les miennes ? Apparemment y a du fric à se faire avec les pucelages ! Tu crois qu’elle l’a encore, elle ?

Olson ouvrait de grands yeux, mais il ne semblait pas dire non de prime abord ; il réfléchit, et finit par répondre :

– Avec la vieille sur son dos tout le temps, tu parles qu’elle doit avoir une chatte toute neuve ! Tu dis que ça va chiffrer ?

Charles lui raconta l’entrevue avec la maquerelle, la mise aux enchères des pucelages pour du beau linge… Pour le décider, il lui dit :

– Si t’en as marre de ta vieille, pourquoi tu te débarrasses pas de ta gamine d’abord ? Elle aurait moins de hargne, seule ? Et puis… Si on réussit notre affaire, tu pourras te débarrasser d’elle ! Le blé sera à toi…

Nelson hésitait, pesait le pour et le contre ; puis il dit :

– Écoute… Je vais réfléchir à tout ça ! Ouais, après tout… C’te p’tite salope de Nellie… Le nombre de fois qu’elle m’a manqué de respect ! C’est sa mère tout crachée, et ça deviendra encore pire en vieillissant… Quand je pense que j’ai tiré c’tte vieille peau d’Harriet pour lui faire pondre ça…

Il partit, songeur, et Ingalls de se dire qu’il allait dire oui a sa proposition ! De plus, en le manœuvrant avec cette haine de sa femme, il pourrait en tirer avantage : S’ils arrivaient tous les deux à récupérer l’hôtel et le saloon, il faudrait ensuite « tenir » son associé ! Mais Nelson n’avait pas les épaules à dominer, avec ses arriérées de couple…

Le soir, il prit chacune des filles à part dans leur chambre, pendant que les deux autres et Caroline attendaient à côté en tremblant ! La première à subir ses coups fut Mary, l’aînée, à peine entrée dans la pièce ; son père la gifla deux fois, à toute volée, avant de la mettre à plat-vendre sur ses genoux et de lui fouetter les fesses avec un martinet… Robe relevée et petite culotte baissée sur ses cuisses ! Quand elle n’eut plus de voix pour crier, il passa à Laura, puis Carrie ; les trois étant prévenues que si elle sortaient à nouveau ce serait pire ! Et quand Caroline voulut s’en mêler, il l’a fouetta aussi, avant de la sodomiser brutalement… Lui bloquant la tête dans l’oreiller pour qu’elle ne crie pas !

Un cow-boy demanda après lui la semaine d’après, pour lui remettre un colis et le message suivant : La « viande fraîche » devait être amenée le surlendemain, et la « came » administrée le soir avant, une demi-bouteille par personne ; dans le carton il y avait deux flacons de sirop codéiné qui avait la propriété d’endormir celui ou celle qui le buvait en cas de surdosage. Il passa au saloon aussitôt et prit Nelson à part :

– Bon, écoute ! La vente a lieu dans trois jours ! J’ai reçu de la came pour endormir les gamines ; tu t’es décidé pour ta salope de fille ? Si t’es OK, j’ai assez de produit pour elle aussi !

Olson hochait la tête, pas vraiment prêt à envoyer sa fille aux enchères ! Pourtant, il ne décolorait pas contre sa femme, qui l’avait encore poussé à bout le matin même ! Charles dût user de diplomatie, de lui faire remarquer que Nellie leur permettrait peut-être d’avoir la somme nécessaire… Il conclut :

– Écoute ! Si on se retrouve avec 3500 dollars, on fait quoi ? Le pris de vente déposé est de 4000, sans possibilité de faire baisser ! Si on a pas ça, autant abandonner l’affaire et tu retournes faire le chien-chien avec Harriet ! Fais pas cette tête, Nels ! C’est comme ça… Décide toi, merde !

Sans doute l’expression « faire le chien-chien » fit pencher le barman du bon côté pour Ingalls… Il finit par s’exclamer !

– OK, OK ! Tu embarqueras Nellie ! Tant pis… Comment on procède ?

Charles avait tout prévu : Les quatre filles seraient conduites chez la maquerelle en charriot, par ses soins, il en avait emprunté un pour la soirée. Le voyage prendrait bien une partie de la nuit, aller et retour mais il fallait absolument que le véhicule et ses deux chevaux soient de retour à Winoka avant l’aube puisque celui qui le lui laissait n’en était que le conducteur ; le vrai propriétaire n’étant pas au courant de l’affaire…

Caroline étant allé laver le linge de l’hôtel au lavoir municipal, son époux réunit ses trois enfants et leur intima l’ordre de boire les verres posés devant elles ; elles se regardèrent, puis finirent par avaler le liquide épais et sirupeux… Toutes grimaçant pour finir leur verre ! Puis lui les fit asseoir et leur dit de ne pas bouger ; tandis que dans l’apparemment des Olson, Nelson faisait de même avec Nellie pendant que sa mère était dans la salle de bain ! Mais la petite peste, celle qui était détestée de tout Walnut Grove, but le breuvage avec gourmandise tant était forte son appétence pour le sucré ! Quand sa mère revint enveloppée d’un peignoir, elle s’écria en voyant sa fille endormie dans un fauteuil, sa tête basculée sur le côté :

– Nellie ! Nellie ! Qu’est ce que tu as ? Tu dors ? Nellie !

Elle la secouait, en vain ! Se précipitant vers le bar, elle hurla après son mari :

– Nels ! Nels ! Il est arrivé quelques chose à Nellie ! Nels ! Va chercher un docteur ! Vite !

Elle ne put continuer, lui avait ouvert la trappe de la cave du saloon et elle bascula dedans, roulant l’escalier très raide qui conduisait au sous-sol… Il rabattit le couvercle, le coinçant avec le loquet ! En grommelant : « Et voilà ! Finalement… C’était pas bien dur ! Vieille salope ! » Il sortit en trombe, regarda de tous côtés dans la rue et finit par apercevoir le chariot garé au loin : Des ombres s’activaient tout autour, il s’y précipita et vit Ingalls qui portait une silhouette enveloppée d’un châle et la déposait sous la bâche. En le voyant approcher, Charles lui dit d’un air excédé :

– OH ! Qu’est ce que tu fous ? Faut que j’y aille ! T’amène ta gamine ou pas ?

Le barman fit demi-tour, s’arc-bouta pour soulever Nellie et revint en soufflant à pleins poumons ; disant en titubant en arrivant au chariot :

– J’en peux plus ! Putain ce qu’elle pèse… ouah… Attrape la, je vais la foutre par terre !

Avec une exclamation de mépris, l’autre se saisit de la jeune fille et éructant :

– Arrête ton char, Nels ! Ta gamine est maigre comme un clou ! C’est toi qui a pris un coup de vieux !

Il la jeta avec ses trois filles, qui balbutiaient des mots sans suite… Puis il sauta sur le siège et lança les chevaux sur la piste en disant :

– Reste au bar un maximum ! Fais toit voir… Si ça merde, t’auras au moins un alibi !

Olson courait à côté de lui, regrettant peut-être d’avoir envoyé sa fille au pire des destins… L’autre lui demanda :

– Et ta vieille, t’en as fait quoi ?

Et lui de répondre, soudain sûr de lui :

– Je l’ai foutue dans la cave ! Et elle est pas prête d’en sortir !

Charles hocha la tête, tout en faisant claquer son fouet ; son associé aurait-il trouvé du courage quelque part ? Il regarda le ciel, le temps était couvert et il ne serait pas reconnu même si on le croisait ! Il se tourna vers l’arrière, regarda les quatre silhouettes enveloppé de tissu et grimaça : Les dés étaient jetés, désormais il ne pouvait plus faire marche arrière ! Il songea à Caroline qu’il avait a demi assommé de coups avant de l’attacher solidement, jambes repliées avec les chevilles liées à ses poignets rabattus dans le dos ; et un bâillon sur la bouche ! Quand il rentrerait, et qu’elle comprendrait qu’elle avait perdu ses trois filles, il faudrait peut-être faire comme Nelson, la faire disparaître… Après tout, dans la nouvelle vie qui devait s’ouvrir bientôt pour eux, ils n’auraient plus besoin de femme légitime, ils pourraient avoir toutes celles qu’il voudraient… Enfin, surtout lui, Nelson ne lui paraissant pas très attiré par le sexe !

Il arriva chez la maquerelle vers les minuit ; elle le houspilla, le traita de tous les noms pour être arrivé à cette heure ! Se saisissant de Carrie qui commençait de se réveiller, elle jura :

– Bordel de pine ! Tu leur a pas donné la dose ? Merde ! Merde ! Faut que je les vérifie !

A eux deux, ils transportèrent les quatre filles dans une maison voisine de celle où ils avaient bu le café ; les déposant sur des lits défoncés, et aussitôt Ernestine appela deux prostituées qui descendirent de l’étage. Des filles avinées qui braillaient après le monde entier :

– J’en ai marre ! Marre de ce boulot de merde ! De ces ivrognes, de mon mac, de… De… Qu’est ce tu veux qu’on foute avec ces gamines ? Tu crois qu’on est pas assez nombreuses pour les queutards du bled ? L’autre, elle a juste sucé deux bites la nuit dernière !

La maquerelle leur hurla dessus, Charles commençait de se demander où il était tombé ! Mais elle se mit à donner ses ordres :

– On va prendre celle-là ! La plus p’tite ! Amenez la derrière, je vais la fouiller !

Les deux prostituées se saisirent de Laura qui se mit à se débattre aussitôt ! Ingalls rugit :

– Bouge pas ! Laisse toi faire ! On va pas te faire mal ! Arrête… Arrête…

Sa fille paniquait, criait, tentait même de mordre parce qu’elle avait ses mains et ses pieds bloqués ! Maintenues sur une table par les prostituées, ses jambes écartées à l’équerre, elle se mit à hurler tandis que la maquerelle déchirait sa petite culotte et enfonçait son majeur dans la vulve… En grognant :

– Celle-la l’a encore ! Ouais, sûr et certain ! Lâchez la ! Lâchez la et ramenez moi une autre ! Merde, magnez vous !

Laura alla se rouler en boule dans un coin de la pièce, pendant qu’on examinait Carrie ; qui se laissait passivement faire en pleurant ! Elle aussi fut reconnue vierge, tandis que Charles répétait en boucle :

– Je te l’avais dit, qu’elles étaient pucelles ! Du garanti pur jus !

Ernestine n’en finissait pas de grommeler avec « les pucelles qui font la pute depuis des années », mais elle dût reconnaître que toutes étaient bien vierges, Mary et Nellie. Qui hurlait plus fort que toutes réunies ! Elle parvint d’ailleurs à frapper une des prostituées au ventre en dégageant un de ces poings ; et l’autre de lui retordre la tête en arrière, en femme habituée à se défendre de ses clients souvent violents !
Puis elle leur fit encore avaler du sirop à la codéine, et elles furent traînées dans une cellule au sous-sol ; Charles, devant la grille qui la fermait, s’exclama :

– C’est pour quoi, cette taule ? On se croirait chez le shérif !

Les prostituées éclataient de rire, regardaient cet homme mal dégrossi pas au courant des usages en vigueur en ville ! L’une d’elle jeta, méprisante :

– Qu’est ce tu crois, paysan ! Si une fille fait pas assez de clies’, elle va passer deux ou trois jours là ! Ou si elle veut pas avaler la jute, se faire enculer… Pareil !

Ingalls détestait une chose plus que toutes au monde, c’était de se faire traiter de paysan, de se voir mépriser ! Il saisit la fille au cou, et la souleva du sol en serrant… Elle le frappa entre les jambes, en professionnelle habituée à se défendre ! Lui se plia en deux en la lâchant, l’insultant entre ses dents serrées :

– Salope ! Sale pute ! Je vais te crever… Te crever…

Il se relevait difficilement, tandis que les deux prostituées en profitaient pour filer dehors ; la maquerelle hurlant de sa vois rauque :

– Au taf, les deux putes ! Merde alors… Vous allez pas passer la nuit à mater le beau gosse !

Puis elle se tourna vers Charles et le houspilla lui aussi :

– Bon, t’as vu comment j’ai fait, c’est OK pour les mettre aux enchères tes gamines ! Je pense qu’on va se faire un max , surtout si y a autant de monde que l’an dernier… Et du beau linge ! Faut juste bien cadrer le truc : Les mecs qui raqueront le plus auront les gamines pour une nuit ? Après, je te les refourgue, ou alors je les garde pour mes boxons ? Bon, tu y réfléchis et tu me diras…

Ils se séparèrent dans la rue, Ingals repartant avec son chariot au plus vite pour arriver à Winoka avant le jour ; mais soudain un homme se jeta au milieu de la rue pour saisir la bride du cheval de droite ! Le conducteur le zébra de son fouet, lui ouvrant le visage du menton à l’arcade gauche… Et une femme de hurler à pleine gorge en tentant de le relever ! Reconnaissant la prostituée qui l’avait frappé, Charles appuya sur le frein de tout son poids et bloqua le véhicule avant de sauter à terre ; il se jeta sur la jeune femme qui se mit à l’insulter d’une voix stridente :

– Salaud ! Connard ! Enculé ! Enculé !

Il envoya son poing en pleine figure de la jeune femme, fracassant son nez et sa mâchoire ; puis il s’acharna à coups de pied sur l’homme au sol, le frappant dans ses rein, son ventre, sa poitrine… Puis il repartit et lança ses chevaux au trot pour quitter au plus vite cette ville. Quand il arriva à l’hôtel, il dût bouchonner les bêtes pour sécher leur sueur, et il leur accorda une copieuse ration d’avoine pour leur redonner le force nécessaire à repartir bientôt !

Dans l’appartement, Caroline gisait toujours attachée, il lui enleva son bâillon et finit par la délivrer de ses liens en disant :

– Tu vas au boulot et tu la fermes ! Si tu l’ouvres, si tu fais la maline je te fais disparaître ! T’as pigé ?

A peine délivrée, la malheureuse mère se mit à crier, à taper des poings son mari en sanglotant :

– Mes filles ! Mes filles ! Où tu les as emmené ! Où ? Pourquoi ? Pourquoi…

Il la laissa s’épuiser, lui tint les bras et finit par la frapper, à tout de bras… Seul moyen de la calmer ! Quand elle fut presque inconsciente à force de coups, il la lâcha enfin et partit voir Nelson au saloon ; qui, à peine l’autre eut poussé les deux portes battantes, se précipita en demandant :

– Alors ? Alors ? Raconte ! Comment ça c’est passé ? Charles ! Raconte !

Ingalls le rassura, tout était au mieux : Les filles étaient vierges, elles pourraient être mis aux enchères ; et ensuite ils pourraient même les faire travailler dans une maison close, à moins de les vendre… Le tout était qu’il y ait beaucoup de monde à la foire, mais cela était aléatoire puisque certaines années elle n’avait même pas eu lieu, lors des ruées vers l’or qui avaient vidé la région ! Tout se jouerait donc sur un coup de dé, et Olson ne parvenait pas à accepter la chose ; l’autre le planta là et lui de se ronger les sangs toute la journée en servant les verres. De temps en temps, il ouvrait la trappe de la cave pour regarder Harriet qui s’était coincée sous l’escalier et ne parvenait même pas à se mettre debout ! Il grommelait des insultes entre ses dents, se vengeant de tant d’années où il avait dû se taire et obéir…

La foire battit cette année là tous les records d’affluence : Avec tous ces fermiers venus s’établir dans l’Ouest, avec femmes et enfants, plus les innombrables chercheurs d’or qui tamisaient la terre un peu partout ! Si les premiers n’avaient guère de moyens financiers, ayant tout investi avant de partir de leur domicile dans des outils, du matériel et des semences, les seconds étaient de deux ordres : La majorité ne trouvait pas beaucoup d’or, et le peu récolté finissait dans les saloons et les maisons closes ! Mais une minorité avait un pouvoir d’achat colossal, qu’ils soient tombés sur des pépites de plusieurs kilos parfois, ou qu’ils fassent travailler des centaines de chercheurs malchanceux… Aussi, une quantité extraordinaire de dollars changea de main durant ces trois jours ! On mangea, on but des tonneuax de bière et de whisky… Les prostituées firent des milliers de clients, et ceux qui étaient trop saouls perdaient là leur portefeuille ou leur or !

La mise aux enchères des quatre filles fut annoncée par Ernestine, un peu partout dans la ville comme une « surprise à découvrir, pour quatre toutes neuves garanties ! » Elle n’avait pas voulu marquer noir sur blanc qu’elle monnayait la virginité de ces malheureuses, mais bien entendu tout le monde en parlait ! On regardait des dessins « faits d’après nature » selon certains, montrant une blonde, une brune, une rousse et une frisée avec des cheveux de deux couleurs ! Tout était bon pour attirer du monde, que ce soit des rumeurs, des affichettes, et nombreux étaient les demandes à Ernestine et aux prostituées… Qui avaient reçu la consigne de raconter aux clients des promesses incroyables sur la beauté, la jeunesse des fameuses filles ! En deux jours – la mise aux enchères aurait dû déjà avoir eu lieu, mais la maquerelle le retarda de vingt quatre heures pour y attirer encore davantage de participants. Et Charles, qui était là, d’y trouver à redire car il voyait les dollars filer des poches des hommes pour les caisses des bars ou des maisons closes ! Mais Ernestine le rabroua en se dressant sur ses ergots :

– Ferme la, beau gosse ! C’est mon domaine, ça ! Toi tu mène des chevaux, tu fais le loufiat… Arrête de me casser les couilles ! Va te purger les balloches, ça te calmera !

Mais si l’envie de sexe tenait bien Ingalls, il se méfiait : Le massacre du souteneur et de sa fille s’était su, et il ne manquait pas d’hommes pour les venger ! Toutefois, il ne voulait rater la vente pour rien au monde, il se demandait de plus en plus si la maquerelle n’allait pas garde la totalité des gains pour elle… Quitte à le faire abattre, ce qui ne devrait pas poser de problème particulier dans cette foule de cow-boy avec des Colts à la ceinture !

Le dernier jours de la foire, la vente débuta à 13 heures ; elle aurait dû avoir lieu dans une halle de grande dimension, mais la foule était si nombreuse qu’il fallut le faire à l’extérieur ! Et une estrade rapidement construite en planches au milieu de la plus grande place de la ville ; là, la maquerelle faisait la « retape » avec un porte-voix, avec une gouaille incroyable :

– De la viande fraîche de chez fraîche ! Jamais servie, jamais touchée… A celui qui mettra le plus de dollars ! Messieurs les richous, je compte sur vous ! Une, deux, trois quatre filles pour votre plaisir ! Y en aura pas pour tout le monde ! Y aura quatre vernis qui partiront avec leur achat sous le bras ! Ou ailleurs, ha, ha, ha…

La foule hurlait de rire, applaudissait, il y avait des bagarres que nul ne faisait cesser… Bien au contraire ! L’atmosphère devenait électrique, l’alcool avait tant coulé à flots ; et on se tournait de tous côtés à la recherche des fameuses filles destinées à la vente ! Mais la maquerelle se demandait maintenant comment les faire parvenir sur l’estrade, il était impossible de leur faire traverser la foule à pied… Finalement, elle les enferma dans un chariot qui parvint jusqu’au centre, mais à peine Mary se fut-elle aventurée hors du véhicule que des hommes voulurent la saisir au passage ; puis ce fut ses trois sœurs, et Nellie en dernier qui s’accrochait au siège pour ne pas paraître en public…

Ernestine les avait drogué au sirop codéiné depuis leur arrivée, et elles commençaient à ne plus supporter ce produit ! Laura avait envie de vomir, ce qui inquiétait particulièrement la maquerelle : Une fille malade au point de rendre n’allait pas attirer des acheteurs… Elle la gifla pour la faire tenir droite, et la mit au milieu des autres pour la cacher un peu ; puis elle tira sur leur robe et aussitôt celles-ci tombèrent simultanément. Provoquant un véritable séisme parmi la foule, devant ces quatre jeunes beauté en sous-vêtements en dentelle ! Et aussitôt la voix éraillée de la maquerelle de s’élever dans le porte-voix :

– On commence par Mary, une pucelle toute neuve comme les autres bien sûr ! Mise à prix 1000 dollars ! Qui dit mieux ?

Curieusement, il y eu un grand silence… Et nul ne renchérissait ! Non loin de l’estrade, Charles frémit : Que ferait-il si la vente capotait ainsi ? Vendre ses filles dans une maison close ou les y faire travailler ne donnerait jamais 4000 dollars, ou alors au bout de nombreuses années ! Mais Ernestine trouva la solution : Elle tapa son porte-voix contre le sol et hurla dedans :

– Alors ! Y a pas de vrais hommes ici ? Y a que des femmes ? Je vous montre quatre pucelles et personne n’en veut ? Tant pis ! Tant pis ! Je vais les amener ailleurs où on m’en donnera le juste prix ! Tas de lavettes ! Femmelettes !

Un tollé de contestations lui répondit ; et un homme rugit :

– 1100 dollars ! 1100…

La maquerelle n’eut pas le temps de reprendre l’enchère, qu’une autre tombait : 1200 ! Puis 1500, 1600, 2000 ; en moins de deux minutes, on en était à 2500…

Ingals poussa un soupir de soulagement, si fort qu’il eut l’impression qu’on allait se retourner sur lui ! Mais tout le monde n’avait d’yeux que pour l’estrade et ces filles dessus ! Mary avait été adjugé à 2500 dollars à un chercheur d’or qui agitait un petit sac de poudre d’or. Et aussitôt Nellie fut mise à la vente à 1000 dollars, mais là tout s’emballa si vite que le prix monta vertigineusement : 2000, 3000, 4000 ! En fait le tarif auquel avait été acheté Mary avait précipité les enchères, et à présent il fallait pour ceux qui comptaient dans cette ville de se montrer en agitant des billets verts… ou encore mieux de l’or !

Laura, toujours malade et titubant sous une nouvelle dose de sirop fut vendue à 3000 ; il semblait que la fièvre retombait un peu, malgré les efforts de la maquerelle qui haranguait le chaland :

– Allons allons… On est raide ? On a plus le sou ? Mais qu’est ce que c’est que ce public ? Je croyais avoir affaire à des richous ! Et voilà qu’on abandonne au milieu de la vente ? Merde alors ! Merde !

Charles souriait de toutes ses dents, il se disait que vraiment cette femme était vraiment extraordinaire ! Pas étonnant qu’elle ait réussi à monter des maisons closes un peu partout dans la ville, en plus des prostituées qui aguichaient le client sur les trottoirs ! Elle en avait pour toutes les bourses, que ce soit de la jeune fille de premier choix à la vieille femme usée par les « passes »…

Carrie, la dernière, partit à 2100 dollars ; non qu’elle soit moins belle et désirable que les autres mais la foule se dispersait, ceux qui avaient de l’argent n’étant finalement pas si nombreux que ça ! Et puis, une fille ne valait pas grand-chose là ! C’était plutôt le battage fait autour de cette vente qui avait fait monter les pris : Il fallait pour un certain nombre de chercheurs d’or de se montrer, de dépenser, pour asseoir leur réputation ! Mais une fois ceux-ci ayant affirmé devant tout le monde qu’ils pouvaient mettre beaucoup de dollars, il n’y avait plus d’autres acheteurs !

Il fallut plus d’une heure pour que la foule se disperse loin de l’estrade ; dessus, la maquerelle se gobergeait, remerciant encore les participants à cette vente ! Charles l’avait rejointe, il regardait ses filles et Nellie qui avaient dû prendre une nouvelle dose de sirop codéiné, car toutes les quatre titubaient en regardant sans voir droit devant elles ! Il jeta à Ernestine :

– 11 600 dollars ! Chapeau l’artiste ! Ça te fait combien, à toi ?

Il avait bien entendu calculé son pourcentage qui était de 4060 dollars, mais il voulait le lui entendre dire ; elle sourit et grasseya :

– 4000 balles, beau gosse ! J’te fais grâce des 60 ! Ha, ha, ha ! Ha, ha, ha ! Tu vois ce que ça fait une mac quand ça veut ? Ha, ha, ha !

Les quatre acheteurs vinrent payer leur dû, deux en billet et les deux autres en poudre d’or ! Leurs yeux avides ne quittant pas les filles qui leur revenaient… Puis ils les emmenèrent en les tenant serrées contre eux, se congratulant et parlant haut et fort ! Ernestine leur répéta encore les termes du contrat : Ils pouvaient profiter d’elles durant 24 heures, à condition de ne pas les blesser gravement comme le stipulait le contrat ! Ce qui faisait rire ces hommes habitués au plaisir sexuel rapide et violents : Que ce soit avec des prostituées ou des Indiennes rencontrées dans leur pérégrination ; alors, vu les sommes déboursées, ils pouvaient tout se permettre, selon eux ! Mais la maquerelle de leur dire qu’en cas de mort ou de blessure grave ils devraient payer le double de la somme versée. Et Ingals de songer qu’il vaudrait mieux que toutes les quatre meurent sous leur joug, si cela pouvait lui rapporter autant…

Nellie fut la première à subir son acheteur, dans la chambre d’hôtel où il résidait ; giflée, à demie assommée de coups pour la faire tenir tranquille, elle fut violée avec des grognements de bête, prenant sa virginité si chèrement acquise ! Lui la regardait se retordre sous ses assauts, fou de plaisir… Pour jouir rapidement et l’attachant à plat-ventre pour pouvoir la reprendre à nouveau à peine sa jouissance venue ! Cela dura une partie de la nuit, et au matin il renvoya la malheureuse totalement inconsciente chez la maquerelle sur une civière ; celle ci la regarda rapidement et dit à une de ses prostituée :

– Bon, elle est naze mais elle récupérera ! Il l’a même pas enculée ! C’est ce que je redoutais le plus, qu’il lui ravage le rond !

La femme qui l’accompagnait s’en mêla :

– Ouais… Elle saigne mais pas trop ! Il a défoncée sa chatte mais elle s’en tirera ! Avec ce physique, elle devrait bien bosser…

Laura revint à peu près en même temps, pliée en deux et du sang coulant à flots de son vagin ; mais l’acheteur ne voulait rien en savoir pour dédommager Ernestine : Il l’accusait de lui avoir vendue « une fille en mauvaise santé », de l’avoir trompé… Mais quand la maquerelle lui indiqua savoir où était placé son d’or, et qu’elle pouvait y venir chercher directement son dû, l’homme hésita : Il savait que la puissance de cette grosse femme était réelle, et qu’elle avait les moyens de lui envoyer des tueurs… Ils conclurent un arrangement, concernant la survie de Laura et du paiement de ce qu’il devait le mois prochain.

La jeune Carrie elle aussi revint gravement atteinte ; et son acheteur arriva à la même conclusion que celui de Laura. Mais il fallut aller chercher Mary, l’homme étant toujours sur elle dans la chambre d’hôtel et se démenant à toute allure pour prendre son plaisir une fois encore ! Il l’avait violée, sodomisée, et continuait de plus belle ! Mais la jeune fille ne paraissait pas gravement blessée, elle gisait au fond du lit inconsciente roulée en boule…

Charles était reparti pour Winoka, avec 7600 dollars en poche, où il se précipita dans l’appartement du gérant pour y dérober la Winchester qu’il y avait au mur ; puis il se dirigea vers la maison occupée par les deux hommes qui avaient prêté l’argent et se glissa dans le couloir à la faveur de la nuit. Il tomba sur eux, ils étaient accompagnés de deux femmes, mais Ingalls n’hésita pas à tirer sur tout le monde, tuant les quatre personnes sans aucun remords ! Un vrai carnage, le sang giclant sous la table où gisaient les cadavres… Il ferma la porte à clé, espérant que son forfait serait découvert le plus tard possible : Après tout, ce type de personnages ne devait guère attirer la sympathie, et les voisins devraient être satisfait d’en être débarrassé… Il remit la Winchester en place, une fois nettoyée.

Lui et Nelson rédigèrent une proposition déposée chez le notaire pour la somme de 4100 dollars ; l’homme de loi parut un peu surpris, il devait s’attendre à ce que ce soit les deux hommes abattus qui le fassent ! Mais il n’en laissa rien paraître, il mit la lettre au coffre, leur dit que l’adjudication se ferait le lendemain. Et les deux hommes de rentrer chez eux en se rongeant les sangs pour savoir s’ils avaient bien fait de marquer cette somme ! Et si quelqu’un mettait 100 dollars de plus ? Si on découvrait le crime avant l’adjudication ? Si ces voyous avaient des complices… Bref, les deux hommes ne dormirent guère et au matin le gérant renvoya Charles en lui reprochant de ne plus faire son travail ! Ce à quoi l’autre éclata de rire en lui disant d’attendre le soir pour le faire… Il alla voir Nelson qui se rongeait les sangs d’inquiétude, et lui demanda :

– Et ta vieille ? Elle est toujours à la cave ? Moi, Caroline est naze à force de chialer, elle m’emmerde plus !

Et Olson de répondre :

– Harriet est coincée dans l’escalier, grasse comme elle est elle pourra pas se dégager seule ! Ça m’arrange bien de plus l’entendre gueuler… La salope se pisse et se chie dessus depuis deux jours ! Ça lui rabat un peu le caquet !

Le notaire ouvrit l’enveloppe à l’heure dite, et les deux associés remportèrent l’enchère ; facilement, vu qu’ils avaient été les seuls à faire une proposition ! Et ils se retrouvèrent propriétaires de l’hôtel et du saloon pour même pas le tiers de leur valeur… L’homme de loi leur remit les titres et aussitôt le bruit se répandit dans tout Winoka ; et le gérant de venir s’excuser platement, faisant tout pour garder son poste ! Charles le renvoya manu militari, jetant ses affaires dans la rue par la fenêtre, en gardant toutefois la carabine Winchester… Les passants huèrent le pauvre homme, surtout ceux qu’il avait expulsé de l’hôtel ou du saloon pour non-paiement de leur ardoise ! Il dût quitter la ville sur le champ sous les quolibets.

Les deux associés firent de grand changements dans les deux établissements : Des prostituées (envoyées là par Ernestine) dansaient au fond du bar et montaient avec les clients dans les chambres de l’hôtel, le dernier étage étant réservé pour cela. Le chiffre d’affaire quadrupla aussitôt, et Charles de dire à son associé un soir qu’ils comptaient leur caisse ensemble :

– Écoute ! Faut ouvrir un autre truc ! Mais de classe inférieure : Y a trop de pauvres diables qui viennent mater les filles et consomment pas ! On monte un boui-boui, à l’abattage, des putes en fin de carrière à 1/2 dollars la passe ! On va se faire un max de blé et ça enlèvera de là ces sans-le-sou !

Ils purent sans problème acheter un autre hôtel miteux pour une bouchée de pain, et mirent une dizaine de femmes dont plus personne ne voulait chez Ernestine ; les clients faisaient la queue dans l’escalier en attendant, leur sexe en main pour gagner du temps ! Ils n’avaient que cinq minutes pour prendre leur plaisir, faute de quoi ils devaient payer pour une autre passe… Les prostituées étaient pour la plupart attachées sur les grabats, toujours pour gagner du temps ! Et libérés seulement une fois toutes les deux heures pour aller se laver un minimum…

Nelson y fit même transférer sa femme, la grosse Harriet se tordant en hurlant sous les assauts de 80 à 100 hommes dans la nuit ! Lui et Charles venant regarder par un orifice et rire tout leur saoul devant ce spectacle ! Quant à Caroline, elle avait aussi été amené là et depuis n’osait plus protester, assurant le ménage et le linge de l’hôtel… Les quatre filles travaillant chez Ernestine, qui remettaient aux pères 40 % de leurs gains ; elle leur assuraient qu’elles « tiendraient entre un et trois ans », temps de vie d’une professionnelle dans ces conditions. Et ensuite ce serait l’abattage comme chez eux à Winoka, pour finir leur existence à moins de trente ans…

Comme un clin d’œil à sa ferme de Walnut Grove, « la petite maison », Ingalls avait tenu à appeler leur hôtel « la grande maison » ! Sans la prairie, pourrait on ajouter !


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