L’immeuble de la rue Pasteur 12 – Épilogue. Une concierge bienveillante

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Publié par Mathusalem

Temps de lecture : ~ 8 min

Le dimanche matin la mère de Denis était dans sa cuisine quand son fils entra dans la loge.
« Je croyais que tu dormais encore dans ta chambre. Tu es resté dormir chez Kévin ? »
Une brusque impulsion poussa Denis à dire la vérité, du moins en partie, à sa mère.
« Non, j’ai dormi chez Nadia Lebon.
– Chez mademoiselle Lebon ? Mais pourquoi ?… Enfin je veux dire…
– Parce que je suis amoureux d’elle, maman. Et je crois que c’est réciproque.
– Mais Denis, mademoiselle Lebon… La différence d’âge… et puis ce qu’elle fait, enfin je veux dire son… activité.
– Ah, tu es au courant.
– Bien sûr, je ne suis pas aveugle ! Et je sais ce qui se passe dans mon immeuble.
– Oui, mais avec ses clients c’est professionnel. Nous c’est différent.
– Quand même ! C’est vrai que mademoiselle Lebon est une personne très gentille, très aimable, mais quand même…
Enfin si tu es heureux, c’est tout ce qui compte pour moi.
Et puis au moins elle doit bien faire l’amour !
(Elle a un petit rire)
– Ah oui, nous…
– Bon Denis, stop ! Je n’ai pas besoin de détails. »


L’après-midi du dimanche Denis est allé soutenir l’équipe de foot locale qui dispute un match dans une ville voisine. Sa mère somnole devant sa télévision quand on sonne et frappe à la porte de la loge. Tirée de sa torpeur elle va ouvrir. Monsieur Audoubert, très excité, la bouscule presque en entrant dans la loge :
« Ah madame Mercier, ça y est ! Elle est née ! Elle est superbe, c’est une fille ! Trois kilo deux, vous vous rendez compte ! »
Il a pris la gardienne dans ses bras, il l’étreint en poursuivant ses exclamations de joie. Amusée, celle-ci tente de se dégager et demande des nouvelles de la mère. Monsieur Audoubert poursuit sans relâcher son étreinte :
« Tout s’est très bien passé. Un peu long mais elles vont bien toutes les deux. Je suis si heureux ! »
Elle parvient à se libérer, réussit à faire assoir l’heureux papa et propose de fêter l’évènement. Elle va chercher une bouteille, deux verres à liqueur et les remplit tandis qu’il continue à s’extasier sur la nouvelle née.
Enfin il se lève :
« Excusez-moi, madame Mercier, je vous dérange ! Je vais vous laisser. Je vais chercher Juliette pour qu’elle voit sa petite sœur. »
Il se dirige vers la porte, s’arrête, reprend la gardienne dans ses bras :
« Je suis si heureux, si heureux !… Et figurer-vous, vous n’allez pas le croire ! Vous allez me trouver stupide mais pendant toute la grossesse de Julie je n’ai pas… nous n’avons pas… enfin je ne l’ai pas touchée. C’était idiot mais je ne voulais pas… je craignais de déranger le bébé… »
L’évocation de ces mois sans relation sexuelle, l’émotion et sans doute le contact du corps de madame Mercier contre le sien provoquent une érection. Il est vrai que bien qu’elle ne fasse aucun effort de séduction la mère de Denis est encore belle femme. Monsieur Audoubert, gêné à l’idée qu’elle puisse rendre compte de son état, s’écarte vivement :
« Excusez-moi, je suis confus. Je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps. »
Elle s’est en effet aperçue de cette réaction physique. D’abord surprise tant par l’érection que par les confidences intimes de monsieur Audoubert, elle réalise que les quelques mois de privation de ce dernier ne sont rien à côté de ses longues années d’abstinence à elle depuis le décès de son mari. Et cette constatation, ainsi que les propos de monsieur Audoubert et cette virilité qu’elle a sentie se développer contre sa cuisse, le fait enfin qu’il y avait si longtemps qu’un homme ne l’avait pas prise dans les bras, tout cela suscite chez elle une réaction inattendue. Elle retient fermement l’homme contre elle, plaque sa bouche sur la sienne pour un baiser brulant.
« Viens ! »
Elle l’entraîne dans sa chambre où il la suit sans résistance. Fébriles ils se déshabillent mutuellement : elle déboutonne sa chemise, il lui ôte son corsage, dégrafe son soutien-gorge et libère deux seins durcis de désir, elle défait sa ceinture, fait glisser son pantalon à ses pieds, il lui retire sa jupe et sa culotte, dévoilant une chatte à la vulve gonflée au milieu d’une toison dense et frisée, elle baisse son caleçon et saisit une bite dont elle constate avec une surprise mêlée de satisfaction la taille respectable, elle la serre et palpe ses testicules, il tripote ses fesses.
Ils roulent sur le lit, se livrent une lutte complice, à qui viendra sur l’autre. Elle abdique, cuisses écartées, et referme les bras sur l’homme allongé sur elle.  L’instant d’après elle se sent pénétrée par un membre qui lui semble énorme et emplit son vagin dans lequel il va et vient vivement. Elle sent renaître des sensations oubliées, creuse les reins pour s’offrir à son partenaire qui halète au-dessus d’elle. Elle pousse de petits cris aigus, l’encourage : « Oui… oh oui… vas-y, vas-y… »
Elle réalise soudain qu’elle n’utilise aucun moyen contraceptif et ne possède pas de préservatif. Elle en informe monsieur Audoubert qui se retire aussitôt, la retourne sans ménagement et lui écarte les fesses. Elle pousse un cri quand la grosse queue force le passage de son anus. Cette pénétration anale inattendue l’a surprise. Passée la vive et brève douleur initiale elle sent monter en elle un plaisir nouveau, de plus en plus intense. La bite est à présent entrée jusqu’à la garde dans son cul qu’elle remplit. Ses mouvements réguliers font gémir de plaisir madame Mercier. Son partenaire lui saisit les hanches, la soulève afin qu’elle soit à quatre pattes sur le lit et la pénètre à nouveau.
Brusquement un violent orgasme la submerge, elle pousse un grand cri et, surprise, laisse échapper un jet de cyprine, chose qui ne lui était jamais arrivé. Presque immédiatement un second orgasme accompagné d’un autre jaillissement l’emporte quand monsieur Audoubert éjacule dans son cul.
Allongés côte à côte, les yeux fixés sur le plafond de la chambre, ils reprennent peu à peu leurs esprits. Gêné, c’est monsieur Audoubert qui prend la parole le premier :
« Pardon, madame Mercier, je suis confus, je ne… »
Elle l’interrompt :
« Simone ; après ce qui vient de se passer tu peux me dire Simone.
– Bien sûr. Moi c’est Jacques. Voilà, je ne sais pas ce qui m’a pris. Ne crois pas que je saute sur toutes les femmes. C’est même…
– Ne t’excuse pas, Jacques, c’est moi qui t’ai entraîné dans ma chambre. Je ne te poursuivrais pas pour viol. (Elle rit) Surtout que c’était très agréable ! »

Ils restent de nouveau silencieux, puis Jacques reprend :
« Tu sais, c’est l’émotion de cette naissance. Et je n’avais jamais trompé Julie. C’était même la seule femme que… Je veux dire que quand nous nous sommes connus nous étions vierges tous les deux.
– Pas possible ! Figure-toi que moi non plus je n’avais jamais couché avec un autre que mon mari ! C’est drôle, non ?
– Oui… mais j’espère que Julie n’en saura rien.
– Disons que c’était une parenthèse, monsieur Audoubert.
Mais si tu as envie de revenir ne « sauter dessus » de temps en temps, ne t’en prive surtout pas ! Tu n’es pas obligé d’attendre une prochaine naissance. »

Ils éclatent de rire, puis se rhabillent et se quittent après s’être embrassés.

Assise dans son fauteuil, la gardienne repense à ce qui vient de se passer. Cette aventure inattendue a réveillé des désirs trop longtemps mis en sommeil. Elle est déterminée à ne pas retomber dans l’abstinence. Elle pense à Isabelle, sa belle-sœur, qui l’avait si souvent incitée à s’inscrire sur un de ces sites de rencontres libertins. Elle décide de le faire. Mais elle se débrouille mal avec internet. Ça ne fait rien, elle demandera à sa belle-sœur de l’aider. Ou bien à mademoiselle Lebon, pourquoi pas, elle doit savoir. Satisfaite de sa décision elle rallume son téléviseur. Denis entre :
« On a gagné 2 à 0 ! »
Il regarde sa mère et ajoute, un peu surpris :
« C’est le résultat du match qui te rend si gaie ?
-Bien sûr mon garçon. Bien sûr… »


La vie va suivre son cours dans l’immeuble au 69 de la rue Pasteur, avec ses joies, ses soucis, ses petits secrets.

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