Janine consultait les hébergements sur leur route vers la Bretagne, et elle tomba sur un gîte communal situé dans le département de l’Allier, un peu au milieu de leur trajet ; elle demanda à son mari :
– Charles ! J’ai trouvé un logement… On pourrait y stopper un jour ou deux ? Dans les environs de Vichy, à la campagne… Qu’est ce que t’en dis ?
L’homme grimaçait en se relevant de son fauteuil, il finit par donner son avis en gémissant :
– Si tu veux… Pourvu qu’il n’y ait pas d’escalier ! Décidément, ça me fait un mal de chien, dans ma hanche gauche…
Janine eut un mouvement d’humeur, comme chaque fois que lui se plaignait ainsi : Depuis quelques années, il devenait de plus en plus bougon à chacune de ses crises rhumatismales… Et nul remède ne semblait atténuer ses douleurs ! Mais son épouse soupirait, il devenait égoïste, à moins que ce ne fut elle : malgré son âge de 74 ans, elle ressentait toujours l’appel de la chair ; que son malheureux époux ne pouvait guère calmer ! Et cela durait maintenant depuis trop longtemps pour qu’elle puisse continuer de, soit dissimuler ses coups de canifs au contrat comme elle le faisait parfois, soit rester frustrée et être ainsi de mauvaise humeur en permanence…
La dame regardait autour d’elle, avec une pointe de mépris pour celui qui partageait sa vie depuis plus de 50 ans : ce Charles qui devenait imbuvable à mesure qu’il avançait en âge ! Oh, jamais il n’avait été un amant incomparable, même durant leurs premières années de vie commune… Mais elle se permettaient de temps en temps des escapades avec des collègues, lors de formations par exemple ! Tout en sachant que lui devait en faire autant, sans aucun doute… Puis il y avait eu une période où elle était moins demandeuse, durant ces années où son corps changeait, atteint par la ménopause ; et ce n’est qu’à sa retraite, à l’aube de la soixantaine, qu’elle avait ressenti à nouveau l’aiguillon de la chair… Impératif, impossible à refréner… Elle s’en était ouvert à deux de ses amies, qui ne se cachaient pas pour prendre des amants bien plus jeunes qu’elles, et les choisissant pour leurs qualités physiques et leurs attributs sexuels… Mais il lui avait fallu du temps pour sauter le pas, surtout que Charles n’aurait pas été de cet avis !
Il n’était pas jaloux, mais très traditionnel dans les rapports entre son épouse et lui ! Pourtant, il constatait bien que sa virilité quittait sa personne, entre son âge et les maladies dont il était affligé ! A de nombreuses reprises, il l’avait satisfaite avec ses doigts et sa bouche, mais même l’envie de le faire ainsi le dégoûtait, petit à petit… Et elle de s’exhiber désormais devant lui, certains soir, dans des tenues en dentelles ; avec des « feulements de chattes en chaleur », comme il disait ! Janine finissant pas se soulager seule, une fois son époux ronflant comme un bienheureux, telle une collégienne qui ne peut se retenir !
Tandis qu’elle réservait le gîte pour deux nuits, elle sentait dans son bas-ventre la morsure du désir ; même si elle espérait que leurs vacances en Bretagne lui permettraient de rencontrer un amants, elle se disait que jamais elle ne pourrait attendre la semaine suivante ! Saisie d’une pulsion, elle se leva et dit à son mari :
– Charles ! Je dois passer chez Sylvie… Je prends la voiture, je n’en ai pas pour longtemps !
Mais lui sommeillait déjà, dans son fauteuil favori, sa bouche a demi ouverte avec un filet de salive… Janine frissonna de dégoût, puis partit précipitamment de la maison en consultant son téléphone portable : Depuis quelques temps, elle s’était inscrite sur le site « lieux de drague », et le consultait souvent pour voir si son profil avait été lu par d’autres membres ; mais jamais elle n’avait été contacté par de vigoureux amants potentiels, seuls de vieux pervers lui avaient fait des propositions de voyeurisme, exigeant par exemple qu’elle se masturbe devant eux… Ce qui n’était pas du tout dans ses fantasmes, les plaisirs solitaires n’étaient pour elle que des pis-aller quand elle ne pouvait se retenir !
Mais un métis de 40 ans (enfin, c’est l’âge qu’il prétendait avoir), se trouvait non loin de là sur une aire de repos, proposant à « toutes femmes de les contenter en pleine nature ! » Jamais elle n’avait accepté ce genre de rencontre, mais elle sentait bien que désormais elle devrait le faire si elle voulait avoir ce plaisir auquel elle aspirait maintenant de plus en plus fort !
L’homme, surnommé sur le site « Blackos », publiait sur le site des photos de sa verge tendue, affirmant qu’il attendait « une chatte compatissante »… Janine se décida brusquement, sortit la voiture du garage et alla jusqu’à l’aire de repos mentionnée ; mais soudain bien moins attirée… Et un peu anxieuse à l’idée de coucher avec un homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant : Le fantasme de l’inconnu, le rapport rapide presque en public, tout cela était attirant dans ses songes, mais mise au pied du mur…
Le métis était bien là, devant les sanitaires, avec un grand sourire quand la dame gara sa voiture un peu plus loin ; elle en descendit vêtue d’une jupe courte et de bas noirs, et aussitôt lui comprit qu’elle n’était pas là pour aller aux toilettes ! Il la laissa passer et lui emboîta le pas, avant de lui dire alors elle pénétrait dans la partie réservée aux femmes :
– Viens chez les mecs ! On sera plus tranquille !
Janine, un peu apeurée jusqu’alors, se sentait soudain libérée et elle se laissa guider d’une main ferme vers les WC hommes ; qui heureusement étaient vides… L’homme l’avait prise par la nuque et la conduisait tout au fond, en lui grognant son souffle brûlant sur la nuque :
– Mets toi là… Appuie tes mains au mur ! Allez !
Janine se rebiffa, elle se sentait complètement dépassée par la situation : Elle s’était attendue à ce que le métis, plutôt bien de sa personne physiquement, la prenne dans ses bras pour l’embrasser… Avant qu’ils aillent conclure à l’abri des regards, tout au fond de l’aire de repos par exemple ! Mais là, dans ce bâtiment qui sentait l’urine et le désinfectant, à la merci du premier qui viendrait se soulager…
Elle tenta de regimber, et aussitôt l’homme de serrer sa nuque d’une main de fer… En haletant :
– Ferme là ! T’es pas là pour boire le café, si ? Alors cramponne le mur ça va secouer !
La dame s’abandonna, prise d’un désir qui allait croissant tout en se sentant étrange à l’idée de prendre son plaisir au milieu de ces urinoirs malodorants ; elle posa ses deux mains sur la faïence légèrement poisseuse, tandis que « Blackos » la prenait aux hanches pour tirer son bassin en arrière en disant :
– Bouge ton cul ! Sors-le un peu ! Penche-toi en avant !
En même temps, il soulevait la jupe et s’acharnait sur la petite culotte en grommelant :
– Bordel… Qu’est ce tu fous de ça ? Tu viens te faire sauter, tu pourrais avoir la chagatte à l’air, ça gagnerait du temps !
Janine sursauta quand elle sentit un doigt la fouiller sans ménagement… Mais lui la tenait par la taille de son bras gauche et elle était coincée contre le mur ! Elle balbutia :
– Vous… Vous mettez un préservatif… Je… Je ne veux pas sans… Je…
Mais le métis la coupa sans ménagement tout en continuant de faire aller et venir deux doigts désormais dans son intimité :
– Ah ça c’est sûr ! Me taper une vieille peau qui traîne sur les aires de repos, j’vais pas y fourrer ma bite toute nue !
Outré, la dame allait protester, quand une secousse la plaqua au mur en lui coupant le souffle : L’homme venait de la pénétrer brutalement, et il grognait à ses oreilles :
– Tu la sens ? Tu la sens ma bite ? Hein ? Tu la sens bien profond ?
Janine ne pouvait qu’en rester bouche bée, tant la sensation éprouvée était nouvelle pour elle : Jamais elle n’avait eu un rapport sexuel dans cette position ! Et cette brute qui se démenait très vite, comme s’il voulait jouir le plus rapidement possible… Mais elle sentait que son propre plaisir montait rapidement, et elle heurta soudain du front la faïence quand l’orgasme la prit soudainement ! Tandis que « Blackos » grondait comme un fauve sur sa nuque, éjaculant dans le préservatif avec délice…
Elle se retrouva dehors, titubante au milieu des graviers, tout son bas-ventre en feu ; le métis démarrait déjà sur le parking, tandis qu’elle retrouvait à grand-peine ses esprits… Elle dût retourner dans les sanitaires pour aller se passer de l’eau bien froide sur le visage, puis essuyer longuement son sexe gluant de cyprine… Et de repartir au ralenti, rouge de honte comme si la première personne qu’elle verrait saurait tout de suite ce qu’elle venait de faire ! Mais son époux somnolait toujours dans son fauteuil et il ne se réveilla même pas quand elle rentra… Elle alla passer un long moment sous la douche, et se regarda longuement dans le miroir avant d’accepter enfin ce qu’elle venait de faire…
Mais dès le lendemain elle sentait à nouveau l’appel de la chair ! Elle dût faire de gros efforts pour ne pas y succomber… Elle s’efforçait de préparer leur voyage en Bretagne, en se disant que le changement d’air serait bénéfique pour ses envies ! Mais sans arrêt le métis revenait dans ses rêves avec sa brutalité, sa façon de prendre une femme de dos… Et elle savait, au fond d’elle même, qu’elle voudrait refaire ce coït, avec lui ou un autre !
Le couple partit vers la Bretagne deux jours plus tard, en s’arrêtant dans les environs de Vichy le soir même ; Charles grimaçait de douleur, se plaignant que les trajets en voiture devenaient de plus en plus difficiles pour lui ! Et il gravit à grand-peine les trois marches qui séparaient la cour de la pièce à vivre…
La soirée se passa dans le calme, bien que Janine ne tienne pas en place : Elle passait son temps sur Internet, écumant les sites de rencontres avec le département de l’Allier comme lieu de recherche… Mais elle n’y trouvait pas l’homme qui l’aurait soulagée de ses pulsions qui grandissaient désormais ; elle tenta même de provoquer chez son mari le désir, en vain… Et elle se coucha très énervée, se caressant jusque tard dans la nuit aux côtés d’un époux qui ronflait comme un bienheureux ! En se jurant dès le lendemain de trouver un partenaire, même s’il fallait pour cela en avertir son mari…
En fait, quand elle parla de la disparition totale de leur vie sexuelle, Charles ne parut pas opposé à ce qu’elle prenne un amant ; ce qui la laissa sans voix, elle qui se souvenait de sa jalousie d’autrefois ! Elle parla des sites de rencontre, détailla le « dogging » des couples ayant des expériences sexuelles à l’extérieur sous le prétexte de promener leur chien… L’échangisme, le candaulisme… Lui semblait découvrir toutes ces pratiques, mais sans s’en formaliser : Après tout, il ne pouvait plus guère avoir d’érection, et le simple fait d’envisager de prendre sa femme représentait une telle dépense d’énergie qu’il baissait les bras ! Mais il se risqua à dire :
– Si… Si tu prends un amant… Ça me ferait rien d’être là…. Et même je regarderais avec intérêt… Tu crois qu’on pourrait trouver quelqu’un ici ?
Ce blanc-sein obtenu si facilement, Janine se lança dans une consultation à grande échelle des différents sites de rencontres ; mais hélas il n’y avait aucun homme dans les environs qui voulait bien satisfaire une dame de son âge : Elle en trouvait sans problème qui cherchaient de jeunes femmes, ou bien des gays… Elle y passa une partie de la journée, à peine s’arrêta t-elle pour manger et encore elle surfait tout en déglutissant ! Mais le soir elle n’avait toujours rien trouvé ; et elle finit par dire, avec un rien d’hésitation :
– Écoute… il y a une solution : Un escort-boy ! Là, on pourrait en avoir un pour ce soir ! Qu’est ce que tu en dis ?
Charles était maintenant trop décidé à sauter le pas pour se résigner ; et il donna son accord. Du coup, son épouse cibla une dizaine de professionnels susceptibles de venir au gîte, avant de jeter son dévolu sur l’un d’eux, un grand blond au physique de surfeur californien. Une fois contacté, il fallut encore qu’il sache ce qu’elle attendait de lui en détail, avant de donner ses tarifs pour un déplacement : Deux cents cinquante euros pour une heure plus le taxi. Et il demandait une avance de cinquante euros pour la réservation. Le couple hésita un peu à cette dernière exigence, croyant à une arnaque en ligne, mais Janine était trop décidée à présent pour renoncer si près du but ! Elle régla l’avance par PayPal et attendit en déshabillé tandis que son mari surveillait la cour en faisant les cent pas devant les fenêtres…
Enfin, à l’heure prévue, l’escort-boy arriva ; il était bien conforme aux photos, peut-être un peu plus âgé… Et, très pro, il demanda qu’on lui explique les positions souhaitées, ce qu’elle ne voulait absolument pas, et le lieu ou le mari se tiendrait : Il avait eu de mauvaises expériences avec des « cocus de services », au départ volontaires pour assister au coït et qui changeaient d’avis durant la séance ! Il compta à deux reprises la somme demandée et alla prendre une douche.
La dame était un peu gênée, soudain, mais lui la mit à l’aise : elle voulait recréer le fantasme du métis sur l’aire de repos de l’autre jour, il la plaça sur le lit, à quatre pattes pour qu’elle soit plus à l’aise que debout face au mur ! Et l’époux s’installa aux premières loges, dans un fauteuil, avec sa main dans son slip qui s’agitait fiévreusement…
Janine avait voulu une pénétration sans préliminaire, comme l’autre fois ; l’escort-boy prit la précaution de lubrifier soigneusement son préservatif, et la prit en se retenant toutefois un peu : En cas de douleurs vaginales, il savait que ce serait de sa faute… Mais la dame paraissait avoir du plaisir immédiat, et il savait que désormais il se devait de faire durer son coït ! Un coup d’œil au mari le rassura, Charles se masturbait en silence, malgré sa verge flaccide… Et Janine d’avoir un orgasme rapide, tout en suppliant :
– Continue ! Continue ! T’arrête pas…. Surtout t’arrête pas !
Lui se démenait toujours aussi vite, la rassurant en haletant :
– Lâche toi ! Lâche toi je te dis ! Je peux te prendre ainsi ainsi pendant le temps que tu veux !
Elle jouit pour la seconde fois, sous le regard émerveillé de son époux qui n’en revenait pas… Jamais ils n’avaient eu un tel rapport, ni dans sa durée ni avec de tels effets ! Il ressentait une pointe de jalousie, mais voir son épouse avec un tel degré de plaisir prolongé l’excitait malgré son impuissance notaire…
Un troisième orgasme secouait à présent Janine, et elle gémissait sourdement en titubant, l’escort-boy devant la soutenir sinon elle se serait affalée sur le lit ! Puis elle supplia en bégayant :
– Arrête… Arrête… J’en peux plus ! Arrête !
L’amant riait de cette injonction, il accéléra encore et éjacula en râlant de plaisir ; tandis que Charles tentait de le stopper en répétant en boucle ;
– Ça suffit ! Ça suffit ! Elle ne veut plus… Elle ne veut plus, je vous dis…
L’escort-boy se retirait, déposant la dame à plat-ventre sur le lit avec douceur ; il partit dans la salle de bain, se doucha et se rhabilla rapidement. Puis il souhaita une bonne soirée au couple et disparut silencieusement. Janine reprenant difficilement son souffle, et le mari demandant d’une voix inquiète :
– Il n’a pas un peu abusé, ce monsieur ? Janine… Je trouve qu’il… Enfin…
Mais elle soupirait longuement, comblée, et finit par dire :
– Non… Non… Ne t’inquiète pas ! Ouah… Ouah… Je sais pas que dire… Ouah !
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