Année 2065, planète Terre…
Plus on en parlait entre nous, et plus on était perdu : Comment zigouiller le gang des Tarés ? On s’y était mesuré plusieurs fois, et à chaque il avait fallu fuir à toutes jambes en laissant plusieurs potes sur le terrain ! Encore heureux qu’on avait pu s’en tirer à quelques uns, un peu mieux notre gang aurait été éradiqué complet…
Le gang des Tarés se composait d’une vingtaine de mecs, fous complet comme leur nom l’indiquait, et de quelques nanas qui passaient quelques semaines avec eux avant de finir éventrées… Des queutards de malades, avec des bites pourries et gonflées d’ulcères et de chancres, qui pouvaient défoncer une meuf en deux jours ! Nous, on était cinq rescapés, à peu près en forme si on peut dire, avec une nana nommée Esther pour nous éponger les cerises… On l’avait récupérée à moitié morte après s’est faite enfiler pour vingt bonhommes, bien décidés à l’ouvrir en deux à la pointe de leur pine… Mais ils s’en étaient tenus à ça, la plupart des viols se finissaient en général au couteau quand la fille réagissait plus ! Là, on l’avait ramassée et direct elle était passée à la casserole ; mais elle avait survécu et restait avec nous parce que cinq mecs, ça fait moins de dégâts que quinze ou vingt, facile à piger !
Depuis la catastrophe qui avait éradiqué 99 % des habitants de la Terre, en 2036, c’était la loi de la jungle ; ou plutôt de la steppe, parce que de la jungle il devait pas en rester beaucoup : Une végétation clairsemée, de l’herbe sèche, des arbres morts un peu partout… La planète en finissait pas de crever et nous avec…
On arrivait encore à trouver de la bouffe dans des ruines, il suffisait de se glisser sous les décombres et d’avoir un peu de bol ! Les magasins, supermarchés et autres avaient été les premiers à être pillés, puis ça avait été les villes ; et les villages, et on en était à chercher toute la journée des maison individuelles perdues dans la campagne pour y trouver encore un peu de trucs à grailler.. Ce que les rongeurs n’avaient pu entamer, style boite de conserves, bocaux en verre…
Là, on était tombé sur une vallée depuis un col pas très visible de loin, ce qui pouvait laisser augurer de maisons pas visitées… Ou mal, au début on matait vite fait avant de passer aux suivantes ! A présent, on regardait partout, on déplaçait des pierres, des plaques de placo ; et on avait un sixième sens qui nous faisait trouver des trucs enterrés sous des mètres cubes de gravats, sous des planchers effondrés… Donc on passe ce col assez étroit, les restes d’une route au milieu sous des tonnes de pierres ; sûr que des mecs avaient bouchés le passage, autrefois, sans doute juste après la cata quand ça se chicorait encore à la Kalach ! Puis y avait plus eu de munitions, les territoires n’avaient plus été gardé et tout le monde était devenu nomade : On restait à un endroit le temps d’essorer tout ce qui était mangeable, et on passait un peu plus loin… Ou on tombait sur une autre bande plus forte et on se faisait rétamer ; mais pour le moment, c’était nous qu’on avait été les plus forts, et on avait dégommé tous ceux qui s’écartaient pas assez vite de notre route…
Sauf que, depuis quelques temps, ces saloperies de Tarés nous suivaient à la trace ; des vrais chiens de chasse ! On avait beau marcher à fond pendant 24 heures pour tenter de les semer, bifurquer à droite ou à gauche, même revenir en arrière en faisant un détour, rien à faire… On croyait s’en être débarrassé, et puis au loin on voyait ces connards qui arrivaient, sans forcément tenter de nous rattraper tout de suite : Ils préféraient nous suivre, voir ce qu’on explorait, et puis alors nous tomber dessus en hurlant… Du coup, on se tirait pour sauver notre peau, et eux de récupérer le pillage en cours ! En emmenant juste de quoi pas crever de faim, et finalement peut-être qu’ils nous laissaient faire pour qu’on fasse le taf pour eux ! Sûrement trop cons pour dénicher la bouffe tout seuls…
Depuis la colline qui surplombait le col, Décis, notre guetteur, regardait derrière ; un guetteur est un gars qui a une vue d’aigle, et peut discerner un mouvement de très loin ! Capital pour un groupe, il nous a sauvé la vie un nombre incalculable de fois ! De son poste, il gueule :
– Les Tarés sont sur nos traces ! Je les vois, à une demi-journée de marche !
On a la chance que ces mecs soient mal en point, et donc à la course on craint rien, ou pas grand-chose ; mais c’est usant de les savoir toujours derrière nous, de surveiller tout le temps, de mal dormir la nuit à cause d’eux ! Et d’abandonner des spots de malades, des endroits où on pourrait se poser deux semaines parce qu’alors ils déboulent en hurlant… Je souffle :
– Merde ! Putain, on les sèmera jamais, ces salauds de Tarés !
Les autres approuvent de la tête, en silence parce que ça nous fout les boules de pas pouvoir se débarrasser d’eux ! Oh, on a essayé, et on a perdu une dizaine de mecs en tentant le truc ! Ouais, un bonne dizaine, et pas des manchots, hein ! Des vrais guerriers, cannés en moins de deux par ces mecs… Et on y aurait tous passé si on avait pas joué notre dernière carte, abandonner les deux nanas qui nous suivaient pour les retarder : On les avait attachées à un arbre, et ces Tarés les avaient violées à mort plutôt que de nous poursuivre ! Sûr de nous rattraper un jour… Nous, on courrait, en entendant les cris des meufs qu’ils ramonaient deux par deux, pour se soulager plus vite ! Bref, ça avait été moins une…
Lomat se tape dans la paume de son autre main ; c’est le costaud du groupe le mec : Capable de soulever 130 kg en se calant bien, je l’ai vu démolir un gars d’un seul coup de poing… Il dit :
– On laisse Helel sur place pour nous prévenir ?
Bonne idée, Helel est un coureur, un gars capable d’épuiser un chevreuil à la course ! Il peut courir longtemps, ou vite, ou les deux à la fois ! S’il reste là, il pourra nous rejoindre en voyant la bande des Tarés à disons deux kilomètres… Nous, on aura peut-être trouvé de la bouffe pendant ce temps, et lui arrivera pour nous prévenir ; j’explique le truc, et Helel de se mettre à faire le guet en demandant à Décis : – D’où ils vont arriver, ces salauds ? De vers les arbres, la-bas ?
Le guetteur le détrompe :
– Non ! Tu dois voir une gros tas de pierres, vers le sud, et là tu mates à droite ; ils vont sortir de là, tu les verras quand ils seront plus près.
On file, ça descend et on avance bien ; tout le monde regarde autour de nous à la recherche de ruines. Pas toujours évidentes à repérer, depuis 30 ans que tout s’est effondré sous le souffle qui a fait trois fois le tour de la Terre ! Les ronces et des végétaux bizarres ont poussés dessus, et c’est ça qui attire l’œil quand on a l’habitude ; après, il faut voir si ça a été pillé : Si c’est le cas, on voit une partie au moins déblayée. Mais on peut quand même trouver des trucs comestibles, si les gars ont mal cherché…
Décis voit le premier une ruine au loin ; on bifurque, et à mesure qu’on avance on est plein d’espoir : Tomber sur un spot qui a pas été touché, jamais, le rêve ! Avec des réserves de bouffe, des boîtes de conserves en pagaille : Certains mecs avaient fait des provisions un peu avant la cata ! Trouver ça et on est tranquille pour des semaines, ne plus avoir à bouger, dormir tout son saoul… Mais… Mais y a les Tarés, on aura pas le temps de tout fouiller avant leur arrivée ; et comme d’hab’ on va se faire piquer les trouvailles !
On part à fond, vite faut tenter le truc ! Esther, la dernière nana qui nous reste accélère pour suivre ; elle sait que si elle traîne, on l’attendra pas… Et sans les Tarés trop loin, il peut y avoir un gars caché qui la choppera au passage ! Ensuite, c’est selon qu’on est pressé ou pas… On peut l’abandonner, ou revenir la délivrer ; si le gars l’a pas zigouillée avant ! Bon, c’est la dernière fille, donc on y tient un peu : Le soir, faut bien se soulager du trop-plein de testostérone… De là à risquer sa vie pour ça ! Ah non !
A peine arrivé sur place, on se concerte : Par où on peut rentrer sous ses pierres ? Parce que c’est bien une baraque, et pas une petite ! Donc y a des chances que le proprio, tout seul au milieu de sa cambrousse, avait fait des provisions ; à moins d’aller en ville souvent, ce qui n’était pas le pied juste avant la cata : Ça déconnait déjà, y avait des émeutes partout… Donc les gars isolés remplissaient leur bagnole de provisions une fois par mois, ou moins ! Et avec un peu de chance, elle sont encore là, avec sûrement le squelette du proprio.
Bien sûr, il y aurait la solution de prendre d’un côté et de déblayer à mesure ; sauf que ça prendrait des semaines et que les Tarés seraient sur nous bien avant ! Donc il faut trouver un indice d’un vide au milieu des ces pierres entassées au hasard de la démolition : Un linteau de porte, par exemple… Une poutre qui en pourrissant a laissé un trou par lequel on peut regarder… Mais avant il faut se faufiler au milieu des ronces, des buissons noirs et des ces trucs nouveaux qu’on ne connaît pas. On cherche tous les cinq, on gratte du pied à tel endroit… En vain ! Jusqu’à ce que Chat maigre, le quatrième de la bande gueule :
– Là ! Entre les pierres ! Y a un vide !
Le mec est filiforme, il peut passer par un trou d’épingle ; il se baisse, déplace deux ou trois pavasses. Et enfonce sa lance le manche en premier, rencontre un creux dans les éboulis ! Il s’exclame :
– Ouais ! Là ! Ça rentre ! Je trouve pas le bout !
Vite, on se précipite, bordel, si c’était si simple ! Comment se fait-il que personne ne l’a pillé, depuis trente ans ? Mais on a eu trouvé ça déjà, dans des endroits retirés… Et le col donnait pas envie de le passer, en montant on voyait ces rochers, ces pierres entassées en blocage… Ce qui expliquerait peut-être cela !
On enlève les gravats, les pavasses taillées… Taillées ? Ça a pas été construit en pierres brutes, tiens bizarre pour une maison au milieu de la campagne… Alors, un château ? Un petit manoir, plutôt ; un truc 19 eme, pour des richous qui voulaient jouer au seigneur du moyen-age… Quoiqu’il en soit, si c’était habité avant la cata, il doit y avoir des provisions ! Vite, il faut y arriver avant que les Tarés ne déboulent ! On s’y met tous les cinq, Esther comme les mecs parce qu’elle sait que le temps joue contre nous. Ça vole de partout, on se coince les doigts, on peste… Mais on continue, on a déblayé une cuvette d’un demi-mètre cube, désormais faut faire gaffe parce que creuser en profondeur y a des risques que ça s’écroule sur nous ! Ou alors il faudrait enlever autant en largeur ! Sauf que ça en ferait bien trop, faire un trou sécurisé prendrait trop de temps ! Et le temps, c’est un luxe qu’on peut pas se permettre !
Tout à coup, la lance de Chat maigre s’enfonce au fond du trou ; il la secoue un peu, enlève encore des briques cassées de cloison, et se jette dans l’ouverture : Un truc d’à peine 20 cm de diamètre, c’est un miracle de passer par là, même lui ! Mais si, il disparaît, y a juste les pieds dehors, puis il descend encore et nous gueule :
– Jackpot, les mecs ! Jackpot ! Choppez ça, pour commencer !
Tu parles si on se précipite, je tends mon bras dans le trou à fond et je ramasse des boites de pâté par trois ! Oh putain, de la viande ! De la viande en conserve mais quand même ! Je les envoie à Décis, qui les passe à Lomat… Qui les mets dans son sac à dos, le mec peut porter 60 kg en marchant tout le jour ! Vite, il faut charger !
Après le pâté, y a des haricots verts ! De la vitamine C, l’anti-scorbut ! Parce que ouais, on sent parfois les gencives qui commencent à gonfler… On bouffe de l’herbe, n’importe quoi de vert pour ne pas perdre nos chicots ! Là, on a des boites en pagaille, des petits pois, des flageolets… Un trésor ! On remplit les sacs à dos de tout le monde, Esther chouine qu’elle pourra pas porter le sien ; elle se prend une baffe à lui arracher la tête de la part de Lomat, elle tomba par terre en pissant du nez… Et on continue de sortir de la bouffe… On continuerait jusqu’à la nuit si on pouvait !
Sauf que le guetteur, qui jette toujours un œil vers le haut, s’écrie à ce moment :
– Merde ! Helel ! Il arrive ! Il arrive !
On regarde, et on voit le pote qui vole dans la pente ; il saute les rochers, zigzague entre les ronces ou passe par-dessus… Il déboule à côté de nous et s’écrie :
– Ils montent la pente ! Ils sont en bas mais ils nous suivent ! D’ici deux heures ils sont au col !
Bordel, une fois là-haut ils peuvent nous voir s’ils ont des jumelles ! Et avant deux heures ils nous tomberont dessus ! Surtout que chargé comme on est, on leur échappera pas… Il faut se décider, partir tout de suite pour avoir assez d’avance ; mais ça veut dire a abandonner ce trésor, dont on ne connaît même pas le volume ! Chat maigre, du fond de son trou, s’exclame :
– Merde ! Moi je bouge pas ! Tant pis ! Avec ce qu’y a là, on peut bouffer pendant un mois, peut-être plus !
Lomat l’approuve :
– Ouais ! On peut pas fuir tout le temps ! Faut essayer de les canner ! Perso, j’en prends trois à la fois !
Je les calme d’un geste :
– Déconnez pas, les gars ! Ils sont vingt, ou plus ! On fait quoi, contre ça ! Jamais on fera le poids ! Même si tu en dégommes trois, comment on fait avec les dix-sept autres, nous ?
On élabore un plan, vite fait : Faut se tirer, avec nos provisions ! Mais on va planquer le trou ! En fait, on bouche le passage une fois que Chat maigre est ressorti avec encore des conserves ; on les enterre un peu plus loin, en laissant un creux révélateur. Et on rebouche soigneusement son passage, on remet de la terre, de la chaux, en finissant pas foutre des buissons tout droits, du lierre comme s’il avait poussé là. Bon, en regardant de très près, ils pourraient peut-être voir que ça a été remué, mais vu qu’ils trouveront la fausse cachette, ils penseront qu’on a creusé à plusieurs endroits… Enfin, j’espère !
On part de là, chargés comme des mules ! On titube, on se casse la gueule, on se relève en jurant… Mais on avance, on sait qu’il nous faut disparaître avant que les Tarés soient au col : De là-haut, il auront une vue sur toute la vallée et si on a pas passé une petite colline sur la gauche ils vont nous voir ! Faut qu’il tombent sur la ruine pour les ralentir ; le temps qu’ils vont creuser, trouver la bouffe, on pourra mettre un peu de distance entre eux et nous…
On redescend de l’autre côté sur une pente, et après y a une montée hyper raide ; on en chie un max, on se traîne, et Esther a le malheur de se plaindre ! Lomat, aussitôt, de grogner entre ses dents en soufflant lui aussi :
– Putain, toi tu m’énerves ! Quand on s’arrête, j’te démolis… J’te jure !
La meuf frémit, elle sait que ça va être sa fête ! Le costaud rigole jamais, et quand il cogne il cogne… On continue en silence, Décis se met sur un rocher et mate au loin ; On s’arrête, on se pose une minute et lui de dire :
– Je les vois ! Ils ont trouvé la planque ! Ils fouillent !
Chat maigre met un coup de pied dans une branche au sol et l’envoie promener au loin.. Il s’écrie :
– Salauds ! Nous on trouve et c’est eux qui ramassent ! Merde !
Je calme le groupe, en rogne en entendant ça :
– C’est bon ! On a des provisions pour quelques jours et avec un peu de chance ils trouveront pas la cache principale ! Ils vont nous suivre, et on fera un détour pour revenir là ! On connaît le coin, c’est bon !
Je suis pas très convainquant, vu que moi aussi ça me fait râler de nous faire dépouiller par ces mecs… De fuir en permanence, de nous faire piquer nos trouvailles… Mais faut réfléchir à tête reposée, ne pas se précipiter comme on l’a déjà eu fait pour des résultats plutôt négatifs ! Je continue :
– Écoutez… On va se planquer un peu plus loin, s’ils ont la bouffe ils vont s’arrêter là, au moins pour ce soir ! On se cale quelques part, et on voit ce qu’on peut faire ? OK ?
Personne n’est vraiment convaincu dans le groupe, mais tout le monde est crevé et on marche encore une heure en silence ; on finit par se caler derrière un gros massif rocheux, on est à l’abri du soleil et du vent et on a vu sur la ruine, à des kilomètres de là. Le guetteur, du sommet d’une pointe, surveille jusqu’à la nuit, il nous dit en descendant de son perchoir :
– C’est bon, ils ont allumé un feu pas possible ! A mon avis, ils bougeront pas de la nuit… Ils ont dû bouffer jusqu’à éclater, ces salauds !
Le costaud cogne du poing dans son sac à dos, s’esquinte les phalanges sur les boites de conserve dedans… Il s’écrie :
– Les saligauds ! Les saligauds… J’arrive pas à digérer ça ! Notre bouffe ! Merde !
Sa colère gagne les autres, le groupe va encore déconner si je calme pas tout de suite :
– Bon ! On relativise, les mecs : On a de la bouffe, on se nourrit correct sans excès, on gaspille pas, et on voit… Ces gars sont pas immortels ! Y en a qui sont malades, y va en crever… Quand ils seront moins nombreux, on pourra intervenir ! Pour le moment, on va se faire canner… Comme à chaque fois qu’on a voulu se mesurer à eux !
Les gars sont pas convaincu, mais y a des provisions et ça calme les plus vénères ! On bouffe, légumes en boîte, viande… Le tout en silence, on pense à nos estomacs !
Ensuite, vautrés autour d’un tout petit feu caché entre des pierres, on digère… Puis Lomat rattaque :
– Bon ! La p’tite pute gueulait tout à l’heure ? Hein ? Elle était pas contente ?
Esther se tasse sur elle même , elles sait que ça va être sa fête ! La fête à son cul, ça c’est tous les soirs…Mais aussi une bonne volée en plus ! Lomat est le spécialiste de la tournée sur les nanas qu’on a eu : Il a dû tuer une bonne dizaine de meufs en tout, depuis toutes ces années qu’on marne ensemble… Bon, c’est sa nature, faut l’accepter ! Dans une bagarre, il est indispensable, donc on s’adapte…
Il se lève, va vers la nana et la relève en la tirant par les cheveux ! Puis il se met à cogner, des claques surtout parce qu’il sait que s’il se sert de ses poings il va la tuer vit fait ! Et elle est seule pour nos vider les balloches… Paf, paf, paf… Esther vole de droite à gauche, mécaniquement il a ramène à lui et tape toujours ! Puis, épuisé, il la laisse tomber et se jette sur elle ; faut intervenir, sinon il va l’enculer et la déchirer : Il est monté comme un âne, et vu sa brutalité… On gueule tous :
– Pas son cul ! Arrête ! Arrête !
– Sa chatte si tu veux ! Juste sa chatte !
Il la retourne, et l’enfile aussitôt ! Esther grimace mais elle se tait… Toujours l’habitude de se faire baiser, et en silence pour pas attirer encore plus de queutards ! Il la ramone correct, violemment, décharge et se jette sur le côté ! Helel prend la suite, lui la met à plat ventre mais on sait qu’il va pas lui ravager le rond : C’est son truc, baiser en levrette… Du rapide, moins d’une minute ! Puis Décis, pareil, pas besoin de la bouger ! Chat maigre est épuisé, il se fait sucer : La meuf se précipite, tu parles c’est un truc qui fait moins mal… Elle le pompe à donf, avale en pompant toujours ! Vider le mec à mort, pour qu’il remette ça que le soir suivant ! Ça fait ça de moins dans sa chatte… Elle se tourne vers moi, me fait le signe de me pepom moi aussi ; je fais non de la tête, elle soupire et écarte les cuisses, résignée… Je la prends en lui levant les quilles sur mes épaules, ma positon préférée ! Je crache vite, dans notre monde faut toujours se méfier et en baisant on surveille plus ses arrières ! Combien de gars se sont fait canner en tirant leur coup… Y compris par leurs copains ! Les règlements de compte par des potes, à l’intérieur d’un gang, c’est fréquent : Des rancœurs accumulées, des trucs de jalousie, et hop… Pendant une bouillave, le coup de gourdin derrière la tête, et c’est fini ! J’ai toujours tenté de désamorcer les histoires dans ma bande, mais on sait jamais… Par précaution, je traîne pas trop et à peine déchargé je me relève pour aller pisser : Toujours tirer la chasse après la baise, comme on disait avant, quand y avait encore des WC ! Une autre époque !
La meuf reste par terre, a moitié dans les vaps : Cinq bouillaves après une volée… Faut supporter le truc ! Elle se roule en boule, les mains sur sa chatte, et chiale en silence ; toujours pas faire de bruit, capital dans nos temps troublés, pas attirer l’attention des charognards… Décis est remonté sur son rocher, guetter pour lui c’est dans le sang ! Il voit au loin la lueur du feu de camp des tarés, qui eux ne se cachent même pas : Vu leur nombre, ils se croient invincibles ! Attention, d’autres bandes l’ont fait avant eux, et y sont passées devant un gang encore plus puissant ! Ça arrive ! On trouve toujours plus fort que soi… Et Chat maigre déballe les derniers trucs récupérés dans la ruine, montre une sorte de pâte à modeler emballée dans du cellophane ; il me la montre en disant :
– C’est quoi, ça ? Ça se bouffe ?
Je prend la chose, je la pétris un peu,et je tente de déchiffrer ce qui est marqué sur le plastique : Je sais un peu lire, on m’a appris tout gamin ; rare de nos jours, et ça peut être utile pour voir ce qui est comestible ou pas ! Je m’approche du feu, me penche à fond vers les flammes pour avoir un max de lumière… je sursaute :
– Merde ! C’est du Semtex ! De l’explosif ! Y a de quoi faire sauter tout le secteur avec tout ça !
Deux cent grammes de plastic, ça ferait un trou commac’ ! Pourquoi le proprio du manoir démoli qu’on a fouillé avait mis ça avec la bouffe ? Bon, une planque comme une autre, finalement ! Et le Chat maigre l’a ramassé avec le reste ; mais ça pourrait servir ! Comme arme, ça ferait des dégâts… Tout d’un coup il me vient des idées de carnage avec les Tarés… Ça au milieu de la bande, et hop on en serait débarrassé ! Définitivement !
Sauf que je sais qu’il faut un détonateur pour que ça pète : J’ai vu, dans mes jeunes années, des anciens indépendantistes basques qui liquidaient des bandes adverses avec bien moins que ça ! Je connais un peu la manière de procéder, le détonateur, la mèche lente ou le jus balancé avec le contacteur, et paf les mecs ! Transformés en chaleur et lumière ! Mais y faut en plus que le truc soit bien placé, sous la voiture qui transportait les gars à canner, dans la pièce fermée où ils étaient, bref, à l’époque du monde d’avant… A présent, il faudrait faire péter ça au milieu du groupe, et encore qu’il soit suffisamment rapprochés… Ouais, c’est pas gagné ! Mais c’est à creuser, on a là une arme capitale…
C’est l’aube, on se réveille de bonne heure dans la nature, une attaque de nuit est assez improbable mais quand le jour se lève, ça devient possible ; les mecs sont dans le cirage, le temps de se lever, crac ils sont morts. Le guetteur est déjà là-haut, à mater les ennemis : Les Tarés, mais aussi d’autres gangs qui pourraient nous tomber dessus d’un autre côté ! Il nous rassure d’un geste : Le pouce levé, tout va bien ! On mange un peu, il descend grailler lui aussi et on discute : Qu’est ce qu’on fait aujourd’hui ? On reste là en observateur, à attendre que les Tarés viennent de notre côté ? S’ils ont un pisteur, et ils en ont certainement un, ils vont facile trouver notre traces… On continue de fuir un minimum, rester hors de portée ? On attend qu’ils se lassent de la ruine où ils sont, et on y reviendra ensuite pour la piller à fond ? Mais alors ils vont piger qu’il y autre chose et on se fera encore avoir !
Lomat est partisan de les attaquer de nuit, ou au matin, ou encore de leur tomber dessus quand ils baisent… Sauf que ça, si c’est valable en théorie, en pratique on va sûrement y laisser des plumes ! Et cinq c’est pas beaucoup pour un gang ! Un de moins, ça va faire toute la différence ! Deux, et c’est trop peu pour survivre ! Il faudra se mettre avec une autre bande, et ça ça craint : Les derniers arrivés sont traités comme de la merde, ils font les sales trucs, les corvées que personne d’autre ne veut faire… Si y a pas de meufs, faudra sucer pour le moins, ou ouvrir son cul… Très peu pour moi ! Après, y a vivre en solitaire, je l’ai eu fait mais c’est stressant : Toujours sur le qui vive, se planquer pour dormir et même bouffer puisqu’on peut pas tout le temps surveiller ses arrières…
Je montre le Semtex, j’explique que ce genre de truc peut zigouiller tout le gang adverse ; mais faut s’approcher et trouver un détonateur… Je détaille :
– Le mec qui avait ça en réserve devait avoir le matos pour faire péter ! Faudrait retourner là-bas quand les Tarés seront partis, et fouiller plus ! Mais bon… Faudra du temps, déblayer à fond… Qu’est ce que vous en dites ?
Mes potes sont intéressés, c’est sûr ; un truc capable de faire canner vingt mecs complètement barges, comme ça… Ouais ! Ça vaut le coup de creuser la chose ! On discute de la meilleure façon de procéder ; longtemps ! Puis on finit par se décider sur un premier truc : Trouver le fameux donateur, et on en profitera pour embarquer encore des provisions ; donc il faut éloigner les Tarés de la ruine. Pour ça, y a pas beaucoup de moyens, il faut faire croire qu’on se barre de là, qu’on a trouvé ailleurs de la bouffe, ou qu’on a des meufs…
On commence par planquer les provisions qu’on a, trop lourdes à transporter s’il faut courir, dans une cache sous des rochers ; puis on garde avec nous juste trois jours de bouffe, on se met à vue des tarés et on allume un feu d’enfer : Tout le bois autour y passe, on met dedans des trucs pour que ça fume noir… Et Décis voit aussitôt des gars du gang qui montent sur une hauteur pour tenter de piger ce qui se passe ; puis Esther entre en scène, on l’a briffée sévère : Lomat l’a prévenue :
– Écoute bien, p’tite pute ! Si tu fais pas ce qu’on t’a dit, je t’éventre, Je te baise à la machette, je t’ouvre jusqu’aux nichons ! T’as bien pigé ? Hein ?
La meuf opine de la tête : Elle a pas le choix, et puis elle aussi veut la mort de ces Tarés ! Elle se met donc à hurler, à courir en rond autour du feu… Je gueule :
– Plus fort ! Plus fort, bordel ! Faut qu’ils t’entendent ! Gueule !
Le costaud s’en mêler aussitôt :
– Ou tu gueules comme il faut ou je viens te foutre une tournante ! T’as pigé ?
La nana redouble de cris, à s’en casser les cordes vocales… Là-bas, le gang est tout entier à nous mater ; bon, notre plan commence à marcher ! On rajoute du bois dans le feu, on gueule nous aussi, mais de joie ! Des hourras, des applaudissements… Puis on fait une pause, on recommence ensuite ; et comme ça une partie de la matinée. Là-bas, les mecs sont toujours à l’affût… Mais ils bougent pas, et on se demande ce que ça veut dire : Méfiance ? Ces gars ont l’air d’avoir peur de rien, et c’est ce qui a perdu tant d’imprudents ! Pourquoi ils ne se précipitent pas vers nous ? On reprend l’aprèm’, Esther hurle à nouveau, les Tarés paraissent de plus en plus indécis… On se demande quoi faire quand tout à coup le guetteur s’écrie :
– Ça y est ! Ils viennent ! Fissa les mecs…
On lève le camp, on a laissé autour du feu les boites de conserves vides, comme si on avait bouffé là comme des cochons… Et on file de l’autre côté de la colline, en laissant le coureur pour nous prévenir de la poursuite ; on met quelques kilomètres de distance entre le camp qu’on vient de quitter et nous, puis Helel de nous rejoindre en disant, essoufflé :
– Ils arrivent ! La moitié des gars… Les autres sont restés là-bas !
Et merde ! La ruine est toujours occupée, impossible d’y aller ! On se planque pour voir ce qui va se passer, le guetteur surveille et finit par nous dire :
– Ils ont tout passé au crible, les boites de conserves, les abords du feu… Ils ont même étalé les cendres pour voir ce qu’on avait cramé ! Et après ils sont repartis là-bas !
Raté ! On doit pieuter là, se demandant ce qu’on va faire ! On commence à se chicaner, Lomat dit que mon plan marchera pas, on va perdre notre spot ! Faut user de diplomatie, argumenter… Et c’est Esther qui fait les frais de nos humeurs ! Elle passe un sacré moment sur le dos ou le ventre, à se faire ramoner à fond ! Le colosse surtout lui fait sa fête, si on peut dire ! Il fait durer un max, avec son machibron XXL, cogne la meuf en même temps… Quand on l’a à notre tour elle est à moitié naze, faut la bouger comme une poupée gonflable ! Et même pas moyen de se faire sucer après, elle est naze… Je soupire :
– On a peut-être un peu abusé… On va en avoir besoin !
On me tombe dessus sans ménagement :
– Tu manque pas de culot ! T’as pas donné ta part au chien !
– Ouais ! Tu l’as baisée comme nous !
Bref, c’est pas la joie, on finit par s’endormir comme ça, en se disant que ça ira mieux demain ! Optimiste toujours, sinon on se laisse crever ! Mais avant l’aube le guetteur nous réveille :
– Debout les gars ! Les Tarés arrivent ! Toute la bande ! Vite !
On se lève en catastrophe, on plie le camp et on file ! Le coureur reste là pour surveiller, mais à peine une heure plus tard il nous rejoint en courant :
– Ils sont sur le camp d’hier ! Ils passent tout au peigne fin, et même autour ! Loin ! C’est bon, on peut retourner à la ruine !
Mais c’est pas si simple que ça : il faut faire un mouvement tournant, un détour large pour pas attirer l’attention ! Sinon, les Tarés vont piger le truc ! On recommence les hurlements de la meuf, le feu… Et là le gang se met en route aussitôt ! Ça y est, ils ont mordu à l’hameçon, ils sont persuadés qu’on a avec nous de la bouffe en pagaille ; on la fait cuire sur des feux d’enfer, on a des nanas… Ils peuvent pas résister !
Il faut deux jours pour que les Tarés soient assez loin de la ruine, nous on y revient en suivant la rivière au fond de la vallée ; pour aller plus vite, on nage pour ceux qui savent et les autres se laissent porter par le courant… On saura plus tard que c’est ça qui a perdu nos suiveurs, le pisteurs ne trouvant plus nos traces…
On remonte à la ruine, on y arrive tout essoufflé vu la déclivité ! On voit que les Tarés ont trouvé que la cache qu’on avait laissée, mais pas l’autre ! On se met donc à déblayer ce qu’on avait rebouché, Chat maigre se glisse aussitôt dans le trou et fouille à la recherche de détonateur ; de l’extérieur, je lui explique :
– Ça doit être dans une boite, un petit sachet… T’occupe pas de la bouffe !
Il fouille partout, en vain ! Rien qui ressemble à un détonateur ! D’une hauteur, Décis surveille ; Lomat commence à s’impatienter :
– On ferait mieux de sortir de la bouffe et de la planquer ! Ça vaudrait mieux, merde ! Ton histoire d’explosif, j’y crois moyen…
Je soupire… Mais comme les autres vont dans son sens, on fait comme ils veulent : Le mec envoie des boites de conserves, on remplit à nouveau les sacs à dos… On rebouche, et on repart pour aller se planquer au col qu’on avait passé en arrivant dans la vallée ! Putain le dénivelé à se taper encore, depuis le matin on monte depuis la rivière, au moins 1000 mètres en positif ! Et maintenant avec les sacs à dos plein de bouffe, bon on est content mais on en chie à mort !
C’est parti pour une soirée morose, on a des provisions mais y a toujours cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ! Esther y attrape particulièrement, ben ouais c’est toujours comme ça ! Un désaccord dans un groupe, une chicane ? C’est les meufs qui doivent vider la querelle ! Et vider est le mot, là c’est sûr ! Quand y a qu’une nana, ben elle y attrape de tous les côtés… Et Lomat veut à tous prix l’enculer ! Sauf que s’il fait ça, ben on aura plus personne pour nous essorer les balloches ! Il va la déchirer, et elle va se chier dessus en attendant la mort par hémorragie… Et puis, j’ai encore ma botte secrète avec cette historie d’explosif ; sauf qu’il faudrait un détonateur, et qu’Esther soit encore en mesure de faire bander un mec !
Le lendemain matin, le guetteur nous rassure, pas de Tarés en vue ; il ont continué vers l’est, là où on était parti en venant de la ruine, certainement en croyant qu’on filait dans cette direction ! Bon, un peu de répit, même si je doute qu’ils ne nous retrouvent pas : Les hurlements de la nana, plus les grands feux de camp et les boites de conserves vides retrouvées autour, ça peut pas ne pas les attirer ! Et c’est des vrais chiens de chasse, ces salauds !
On fait une pause, on en a besoin ; et puis, la ruine est à deux heures de nous, s’il faut y retourner… On bouffe, et soudain Lomat s’écrie :
– C’est quoi cette saloperie ? Ça se bouffe pas, ça ?
Il montre un cylindre gros comme un stylo, avec un fil rigide au bout… Je saute en l’air :
– Merde ! C’est un détonateur ! Fais voir… Fais voir, bon Dieu !
Il me tend le truc, pas content parce qu’il a failli l’avaler ! Bon, on a tellement faim, par moment, on mange n’importe quoi… J’explique comment placer le truc dans le Semtex, ensuite on peu mettre une mèche lente ou un contact électrique ! Bien sûr, le proprio du manoir avait dû planquer tout ça dans de la bouffe, voilà pourquoi Chat maigre l’avait pas vu en passant les provisions ! Bon, on pourrait presque tenter le coup… Mais ce qui me décide vraiment, c’est un autre élément qui est découvert planqué dans une autre boîte de conserve, roulé dans un plastique soudé à chaud : Un contacteur ON/OFF, gros comme un dé à coudre, qui se met au bout du détonateur, avec pile intégrée. Voilà, on a tout ! On aligne les trois trucs, et… Paf les Tarés ! Y juste à apporter le truc au milieu d’eux ; mais pour ça j’ai un plan !
Esther sera l’appât, mais sans le savoir sinon elle sera pas d’accord ! Et c’est pas la trouille de Lomat et sa grosse bite dans son cul qui la fera changer d’avis, vu son sort futur ! Je dis à la meuf d’aller éponger les cerises du guetteur, là-haut sur son rocher, histoire de pouvoir discuter tranquille loin de ses oreilles ; et j’explique mon plan :
– Écoutez les mecs : Faut que tous les Tarés soient réunis dans un endroit de disons 10 mètres autour de l’explosif ! Tous, hein, pas la moitié ! Bon, comment faire ça, à votre avis
Personne ne répond, les élucubration intellos, c’est pas forcément la came des gars, à notre époque ! Je continue :
– Mais si ! La bouillave ! Faut que la nana les excite un max, qu’elle les allume à mort, et tous vont s’y jeter dessus ! Là ils seront en groupe, hop, le truc leur pète à la gueule, et plus de Tarés !
Ouais, ça a pas l’air de s leur plaire vraiment ! J’y vais franco, puisque personne semble comprendre :
– C’est Esther qui sera piégée ! Vous pigez ? Le Semtex dans sa chatte, et le premier qui l’enfile, paf Esther ! Tous autour d’elle, et c’est bon !
Ah, là ça marche ! Lomat éclate de rire : Une moule piégée, ça lui botte bien ! Les autres approuvent eux aussi ! Jusqu’à ce que Chat maigre tempère le truc :
– Oh oh ! Plus d’Esther, plus de vidage de couilles le soir ! Oh !
Faut intervenir avant que son avis prévale ; j’y vais :
– On s’en fout d’une chatte, on en trouver d’autres ! Tiens, celles des Tarés ! Si elle sont assez loin de l’explosion, on pourra peut-être en récupérer une ou deux !
L’idée de tremper leur trique dans une nouvelle moule leur plaît bien finalement ! Perso, bof… Passer derrière ces mecs à la bite pourrie, pas vraiment mon trip ! Mais bon, on attrape pas les mouches avec du vinaigre… Je demande :
– On fait comme ça ? Tout le monde est OK ?
Assentiment général, et je m’attelle à la fabrication de la bombe : Faut un contenant suffisamment petit pour le rentrer tout au fond du vagin, et on finit par trouver un tube de lait concentré ; je le découpe au coteau, je le forme bien rond, et je glisse au fond le Semtex. Pas à finasser, je mets tout ! Dans le Plastic, y a le détonateur, et le contacteur ; le tout fait 6 cm de long sur 3 de diamètre ; normalement, en l’enfonçant tout au fond du vagin, ça devrait pas se voir, et au premier coup de bite, paf !
Maintenant, faut prévenir Décis pour savoir s’il est OK comme tout le monde, et ensuite monter un bateau à la nana ! D’ailleurs, elle revient de vidanger le guetteur, je file le voir et bien sûr il est d’accord ! J’explique ensuite à la meuf qu’on va avoir besoin d’elle : Un piège pour les Tarés, elle sera l’appât mais elle risquera rien : Quand il seront en groupe autour d’elle, on surgira de derrière un rocher et grâce à un appareil on les endormira tous ! Bon, c’est un peu tiré par les cheveux, le truc, mais elle moufte pas… Les nanas mouftent plus à notre époque, sauf celles qui sont des guerrières ! J’en ai connu, je me suis battu avec certaines et ouais… Ça bastonnait bien !
En attendant, faudrait retrouver les Tarés! Ou plutôt qu’ils nous retrouvent ! Un comble, eux qu’on fuit depuis des mois… Mais ce qu’on sait pas c’est qu’ils sont allés jusqu’à la rivière sur nos traces, et ensuite ils ont mis trois jours pour savoir où on était passé : Ils ont remonté le courant sur des kilomètres, ont traversé et fouillé de l’autre côté, avant de retrouver notre passage plus bas vers l’aval. Ils ont fini par remonter la piste,et voilà qu’ils se pointent vers la ruine ! Juste sous notre position ! On cherche un endroit idoine, et au gauche du col y a des gros rochers qui nous planqueront impec’ ! On procède donc à notre piège.
On attache Esther en X sur le sol, en plantant des piquets aux chevilles et aux poignets ; on lui a arraché son fut, pour bien laisser voir sa moule béante pleine de poils comme une guenon ! Je mets le contacteur du détonateur sur ON, et j’enfonce le tube dans la chagatte avec le contacteur vers moi… Étape cruciale, si je fais le moindre geste de travers, je vais déclencher l’explosion ! Mais non, j’arrive a pousser le truc tout contre le col de l’utérus (si j’en crois mon savoir gynécologique, appris en découpant vivante un meuf d’un autre gang pour lui faire révéler leur planque de bouffe) ; Esther gémit :
– Oh ! C’est quoi que tu me mets ? Oh ! Ça me fait mal ! Ça me fait un mal de chien !
Je lui dis que c’est le machin pour endormir les Tarés, il va falloir qu’elle les insulte, qu’elle les traite de p’tites bites, d’impuissants et autre joyeusetés du même tonneau… Nous, on sera derrière les rochers, on interviendra tout de suite ! Et bien sûr je lui enlèverais l’appareil !
La nana a l’air de me croire, en tous cas elle dit plus rien, sinon elle chiale un peu ! Et on allume un feu d’enfer, on fait du raffut, et Esther de hurler « au secours » et autre « au viol » de sa vois suraiguë ; je finis par ne plus croire au piège, je me dis que les mecs voudront pas se taper deux heures de montée comme ça… Mais à peine ils nous entendent que c’est la ruée : Les mecs se mettent à courir en montant, bordel ils ont la pêche ! On les voit se rapprocher, gueulant eux aussi… En fait, ils étaient tellement vénères de nous avoir perdu deux jours que là ils se maîtrisent plus ! Il foncent, zigzaguent un peu tout de même quand ça monte trop… Et on va se planquer après avoir bien rappelé à la meuf de les insulter copieux !
On est derrière les rochers, à moins de vingt mètre d’eux ; j’ai bien dit aux potes de pas se trouver à côté de pavasses susceptibles d’être soufflées par l’explosion, je sais pas trop ce que ça va faire, tout ce Semtex ! Lomat y croit moyen, il a jamais vu autre chose comme explosif que le ménage chlorate/sucre, et bon,même si ça claque ça fait pas beaucoup d’effet ! Et il veut voir de ses yeux une chatte partir en morceau de viande… Ce sont ses termes !
A peine la Tarés déboulent sur la partie plate du col, Esther entame sa litanie :
– P’tites bites ! Impuissants ! Peine-à-jouir ! Salaud ! Même pas capable d’enfiler une nana ! Enculés ! Enculés !
C’est tellement gros que les gars hésitent : Jamais une femme leur a parlé comme ça ! Mais ils soupçonnent pas un piège, il regardent même pas vers les rochers pourtant tout proches… Je vois le chef, il gueule :
– Qu’est ce qu’elle a la salope ? Il la baisent depuis trois jours…
Un autre répond :
– Tu parles ! Des sans couilles ! Ils ont pas pu la faire jouir ! Ha, ha, ha…
C’est la ruée vers la meuf ! Tous veulent la baiser, pour qu’elle arrête de les provoquer comme ça ! Le chef hurle :
– Moi d’abord ! Et ensuite par ordre de grade et d’ancienneté !
Il enfile Esther, commak ! On le voit se démener, grognant comme un ours en furie ! Et rien ne se passe ! Rien ! La nana hurle de douleur, sûr que la bite contre la bombe doit bien la défoncer en profondeur ! Il jute, se relève en criant :
– Alors, calmée, la pute? Hein ?
Un autre est déjà sur la meuf, la ramone profond ! Toujours rien ! Les potes me regardent de travers, mon plan foire lamentablement ! Je cherche qui peut se passer : Le détonateur qui déconne ? Le Semtex trop vieux ? Le contacteur ON/OFF ? Pourtant la pile devait être bonne vu que à vide, la LED s’allumait quand on mettait sur ON… Alors ? Cette pute a un vagin extensible à l’infini ? Le troisième la baise à présent, et le gars rigole pas non plus ! Il lime encore plus fort que les autres, et rien…
Tout le groupe est bien serré autour d’elle, je la vois même plus ! Bon Dieu… La position idéale pour que tous sautent ! Bordel ! Je me gratte la têt de dépit, et là… Un souffle me percute en face, une sorte de tempête XXL qui m’arriverait en plein gueule ! Je sens des pierres qui volent autour de nous, des buissons arrachés qui se collent contre les rochers… Et soudain un son incroyable, un truc de dingue qui nous rend sourd pour un moment ! Ça fait comme le tonnerre si on était au cœur de l’orage ! Devant nous, y a un nuage de poussière, de terre qui vole… Et tout redevient silencieux, tout s’arrête comme si le temps suspendait son vol ; on commence à y voir, au travers du brouillard, et y un grand trou immense, un cratère de dix mètres de diamètre sur un de profondeur ! Au moins ! Et personne autour ! Personne !
On sort de notre cachette, je me dis que les survivants ont dû fuir, qu’il faut les canner avant qu’ils reviennent de leur surprise… Mais non ! Y a que deux meufs, un peu plus bas, qui montaient derrière leurs mecs et qui ont survécu à l’explosion ! Partout y a des morceaux de corps, des mains sans doigts, de jambes en miettes… Du sang qui imbibe la terre ! Lomat tourne sur lui-même, se frotte les oreilles ; classique, il entend rien suite au barouf de l’explosion et ça le désoriente ! Je lui gueule de renifler fort, il le fait et me sourit en levant le pouce ; Chat maigre fait pareil, tout le monde est content ! Décis a sauté sur le rocher le plus haut, il se dit qu’un tel bruit peut attirer du monde… Et Helel de mater les deux meufs qui hésitent, et finit par leur dire :
– Oh, les putes ! Par là ! Jouer pas aux plus malines sinon on vous dégomme !
Les nanas montent vers nous, une bof bof et une autre franchement pas terrible ! Déjà, mes potes s’excitent en les voyant… La nouveauté, et aussi le plaisir de baiser celles des Tarés ! Ex-Tarés, plutôt… Je dis à Lomat :
– Tu cherches toujours un cul à défoncer ? Te gène pas avec cette jument là ! Une ça suffit pour cinq, on va pas en nourrir deux !
Il éclate de rire, et choppe la meuf par les cheveux pour la mettre à quatre pattes ; elle se laisse faire, docile avec nous comme avec ses anciens maîtres ! Et le colosse de l’enculer féroce, elle hurle si fort que l’autre sursaute en nous regardant ! Je lui dis :
– Ta cop’ a une tête de cheval, on va pas se taper ça, surtout de face ! Il va la tuer avec sa bite ! Toi, tiens toi à carreau si tu veux pas faire pareil !
Elle fait signe que oui, mais je l’oblige à regarder jusqu’au bout la nana qui agonise pendant que le queutard lime toujours ! Quand il se retire, un flot de sang et de merde jaillit à la suite de sa bite ! On en rigole tous, et l’autre meuf aussi, à retardement… Plus de pitié, à notre époque !
On s’est replié vers la ruine, et on a établi un campement un peu mieux que d’hab’ : On allait rester là plusieurs semaines, et peut-être plusieurs mois : Il faudrait tout déblayer, on pourrait construire avec les pierres enlevées une baraque en dur… Le proprio devait avoir une cave, là-dessous, et là c’est l’endroit où il a pu entreposer des réserves ; ça se faisait, un peu avant la cata ! Des armes, aussi, des outils… Bref, tout ce qui manque maintenant ! On est prêt à défendre notre bien contre n’importe quelle bande, c’est là une trouvaille comme on en a pas deux dans sa vie…
On a souvent parler de la chatte piégée d’Esther ; pourquoi ça a pas pété alors que le chef des Tarés la bouillavait ! Pourquoi il en a fallu trois pour déclencher la bombe ? Lomat a son explication, il éructe avec la satisfaction du gars qui a bouffé à donf :
– Fallait une bite assez longue, comme la mienne ! Ha, ha, ha ! Ha, ha, ha !
Et toute la bande d’approuver, même la nana qui ne pige pourtant rien au truc !



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