L’agence de travail temporaire m’avait envoyé dans un manoir des environs pour des « tâches de jardinages » ; j’ai l’habitude de faire un peu tout, que ce soit pour les espaces verts ou les travaux d’entretien courant d’une maison. D’ailleurs, c’était la secrétaire de l’agence qui m’avait conseillé de postuler à ce genre de demandes, il y avait du travail dans ce domaine.
C’est ainsi que j’ai sonné au manoir des Hautes-Terres, une propriété entourée de murs avec une grande bâtisse qui occupait un des coins ; une voix méfiante m’a demandé ce que je voulais, et quand j’ai dit que j’étais envoyé pour les travaux le portail de bois massif s’est ouvert automatiquement. J’apprendrais plus tard qu’une caméra filmait ma personne et que la propriétaire de l’endroit regardait l’écran bien installée dans son fauteuil.
Madame de Tinchebard, dont un ancêtre avait pris Jérusalem durant la première croisade en 1099, m’a reçu dans « le petit salon » (il y en avait un « grand » pour les visites de sa classe sociale). Pour la seule fois de mon séjour en ces lieux, j’ai eu droit au café et aux petits gâteaux… J’ai du réciter mon CV, commenter tel métier effectué avec des détails ; mais j’avais impression que madame ne m’écoutait pas… En tous cas, ses petits yeux me fixait avec une insistance très gênante !
C’était une dame de 74 ans, assez petite, menue ; bien conservée pour son âge bien que son visage ait quelques rides sur les joues ; masquées bien entendu de maquillage ! On la voyait coquette, toujours bien mise, et se tenant très droite comme pour se grandir de quelques centimètres ; elle a fini par se lever de son fauteuil (moi, j’étais assis sur une simple chaise), me faisant comprendre que l’entretien était terminé. Elle m’a raccompagné à la porte de la bâtisse et m’a montré un bâtiment tout au fond du parc où je trouverais « le matériel nécessaire à ma tâche ». Et elle a fermé la porte derrière moi, assez sèchement !
J’ai donc commencé la tonte du gazon, par chance le tracteur utilisé était de bonne qualité parce que l’herbe était trop haute ! J’ai dû faire plusieurs passages, trois à certains endroits où le gazon était vraiment trop touffu ; j’ai fait le tour des murs et des arbres au rotofil, puis j’ai passé le souffleur sur les allées en dalles de pierres (nommées pompeusement « pas japonais » par madame). En fin d’après-midi, j’avais tout achevé et je suis parti sans la voir ; un mot affiché à l’intérieur du portail me demandant de « revenir le lendemain à 8 h précises »
C’est ainsi que je suis venu là cinq jours par semaine, il y avait une foule de choses à faire dans le parc : Arbres à tailler, branches sèches à emmener dans un endroit réservé aux déchets verts, feuilles à ramasser, massifs à désherber et piocher… Madame de Tinchebard passait me voir tous les jours, m’indiquait du bout de sa canne telle brindille oubliée, telle branche en haut d’un arbre « à faire disparaître » ; je devais alors abandonner ce que je faisais pour lui obéir tout de suite ! Et elle repartais, raide comme la justice, en balançant son fessier sous sa robe de prix…
Quand je disais que je travaillais là, on riait, un paysagiste qui y avait tondu le gazon m’a lancé un jour :
– Tu vas y passer à la casserole, mon gars ! Tous ceux qui ont bossé là ont fini dans son lit !
Comme je ne paraissais pas le croire, il a ajouté :
– Qu’est ce tu crois ? Tu connais Gérard, Jean-Michel et le fils Duchmol, je me rappelle plus de son nom… Euh, Martinol, c’est ça ! Ben, tu trouves pas étrange qu’y ait pas de vieux, ou de moches ? La nana de Manpower sait qui elle doit envoyer, ou plutôt qui elle envoie pas ! Bien sûr, elle le dira pas, mais c’est une copine à ma femme et entre elles elles se lâchent, tu connais les femmes : De vraies pipelettes ! Elle lui a dit que la vieille veut « des hommes jeunes et bien bâtis » ! Pas besoin de t’expliquer pourquoi !
J’avais oublié cette conversation quand un jour madame de Tinchebard m’a appelé de loin : Elle était sur le pas de la porte du manoir, et n’avait pas du tout envie de se mouiller les pieds dans la rosée du matin ! J’y suis allé, et elle s’est mise à parler de tout et de rien, sans même me laisser répondre ; je comprenais qu’il y avait quelque chose d’inhabituel, elle me regardait mais à la dérobée et non bien en face comme d’ordinaire… Elle a fini par me demander si je « pourrais satisfaire une femme de son âge » ! Je dois dire que je suis resté sans voix, je ne pensais même plus à la conversation avec le paysagiste… Elle me fixait désormais de son regard incisif, puis au bout de quelques secondes elle m’a dit de retourner à mon travail ; et je songeais que je devais avoir mal entendu quand elle a ajouté :
– Pensez y, sérieusement ! Je ne vous demande pas une réponse tout de suite… Disons, demain matin !
Je m’éloignais de quelques pas quand sa voix a claqué dans mon dos, sèche comme un coup de fouet :
– Et n’oubliez pas de regarder le chêne d’Amérique, j’ai vu des branches mortes ! Tout de même, il est curieux que ce soit moi qui doive passer le parc en revue ! C’est votre tâche après tout !
Je suis allé élaguer les branches sèches, tout en pensant et repensant à ce que madame m’avait demandé : Oui, elle voulait coucher avec moi, je ne pouvais pas avoir mal entendu… J’en frémissais, jamais je n’avais eu de rapport sexuel avec quelqu’un de son âge ! La dame qui m’avait initié au sexe avait bien 50 ans, quand moi j’en avais 17 mais elle était bien plus désirable ; outre le fait que son rôle de dominatrice m’excitait fort à l’époque, me laisser faire par cette « cougar » me paraissant le comble du désir ! Avec mon employeur, ce serait bien entendu différent, surtout avec la différence de classe sociale qu’elle ne faisait rien pour aplanir, bien au contraire !
J’y ai pensé tout le soir et une partie de la nuit, j’ai même dû en rêver ! Au matin, en route pour le manoir des Hautes-Terres, je ne m’étais pas encore décidé… Lui dire non ? Cela me gênait affreusement sur le plan personnel et je perdrais évidemment mon poste ! Dire oui ? Mais serais je simplement capable d’avoir une érection avec elle ? J’adore le sexe sous toutes ses formes, j’ai couché avec des femmes et des hommes, mais là, avec une dame de son âge… Et aussi de son rang, elle qui montrait tout le temps qu’elle était au-dessus de la mêlée !
J’ai attaqué de ramasser des feuilles tombées par le vent en passant dans ma tête en boucle les pour et les contre de la proposition : Ce travail me plaisait, il était bien payé et j’organisais ma journée comme je l’entendais ; mais en m’imaginant dans le lit à baldaquin avec madame je frémissais… A de nombreuses reprises, je me décidais pour le oui, puis pour le non ; changeant d’avis si souvent que je n’ai plus fini par savoir ce que j’allais le lui dire ! Ça a été un véritable supplice tout le matin, à la pensée qu’elle allait arriver et que je devrais lui donner une réponse !
Puis midi est arrivé, je ne l’avais toujours pas vue ; j’ai avalé mon sandwich en me rongeant les sangs, puis j’ai repris le travail. Me rassurant petit à petit, parvenant presque à me convaincre que j’avais mal entendu, ou que c’était pour me tester, ou encore qu’elle m’avait demandé cela sur un coup de tête mais qu’elle le regrettait… Et que jamais elle ne m’en reparlerait ! Quand soudain elle est arrivée dans mon dos sans que je l’entende : J’avais le souffleur à feuilles en marche. En me retournant, je suis tombé nez à nez avec elle, et j’ai sursauté si fort que j’ai trébuché et j’ai failli m’étaler de tout mon long ; arrêtant le moteur de l’appareil, je me suis excusé platement, rougissant déjà… Elle m’a toisé du haut de son titre de comtesse, les lèvres pincées et la canne frémissante dans sa main, et elle m’a lancé :
– Et bien… Je devais avoir un réponse de votre part ce matin ? Il me semble que je ne vous ai pas vu ? La moindre des politesses aurait été de venir me dire non, tout de même !
Abasourdi par sa mauvaise foi, je ne répondais rien, et elle enchaîna :
– Et bien, vous avez perdu votre langue ? Vous ne trouvez rien à répondre ou c’est votre façon de faire, d’ordinaire ?
Sa canne tape les dalles de l’allée, et piteusement je réponds que si… Que j’attendais qu’on se voit pour lui dire… Lui dire… Elle s’impatiente :
– Eh bien, on se voit que diable ! Vous allez finir par me répondre, c’est simple pourtant ! Vous voulez ou vous ne voulez pas ! Décidez vous, jeune homme !
Il y a longtemps qu’on ne m’a pas appelé ainsi ! J’ai 35 ans, mais bien sûr, par rapport à elle… Je balbutie, rouge comme une pivoine :
– Oui… Oui, d’accord… Oui…
Mais elle trouve encore à redire :
– Pas la peine de répéter cela en boucle, tout de même ! J’ai 73 ans mais je ne suis ni sourde ni démente ! Mais vous ne semblez guère y mettre d’enthousiasme, je trouve ! Quel triste façon de proposer à une dame de la satisfaire ! Ce n’est pas une corvée, tout de même ?
Toujours aussi mal à l’aise, je l’assure que non, que… Mais je ne trouve pas mes mots, je bégaie… Et elle pousse un soupir en me fixant toujours de son regard le plus noir, avant de faire demi tour en me disant quand elle est à une dizaine de mètres de moi :
– Demain à 14 heures au manoir ; venez comme vous êtes il y aura tout ce qu’il faut !
Mais arrivée un peu plus loin, elle ne peut s’empêcher de me montrer une dalle qui a bougé en grommelant :
– Vous la remettrez en place ! Et calez la bien, il me semble qu’elle avait déjà glissé !
Puis elle disparaît dans le parc, toujours très droite et le regard fixé sur son manoir au loin ; je reste abasourdi un long moment, en me demandant si je me suis fait manœuvrer ou si elle est sincère ? A t-elle utilisé ce stratagème pour me piéger, pour que je ne puisse pas répondre par la négative ? Ou devais-je vraiment aller au manoir apporter ma réponse ce matin ? J’ai beau tenter de me souvenir des détails de notre conversation de la veille, je n’arrive pas à me décider pour l’une ou l’autre de ces hypothèses… Quoiqu’il en soit, à présent je dois « faire le taf », comme l’on dit vulgairement d’une tache pas forcément très intéressante…
En sortant du travail, je passe chez un vieux copain qui a la réputation de « contenter les veuves » ! On discute à bâtons rompus, je tente de l’amener sur le terrain qui m’amène mais lui ne tarde pas à répondre :
– Oh tu sais, les vieilles, maintenant… J’ai laissé tomber, ça pue, c’est moche, ridée et ça a des chattes sèches comme si tu fourrais du journal froissé ! Alors, bon… Pour se faire entretenir un peu, ça craint !
Il me faut insister, de façon lourde pour qu’il accepte enfin de se livrer : Oui, il lui arrivait d’avoir du mal avec ses érections quand ses partenaires étaient vraiment « tartes » ; mais ne pas arriver à avoir une verge bien raidie est la pire des insultes pour une femme, me dit-il ! Il lui est arrivé de se faire « jeter avec ses fringues sous le bras parce qu’il ne bandait pas assez pour y rentrer » ! Il continue :
– Une fois dedans, ben tu limes donc ça peut aller ! Sauf que là aussi y faut pas débander sinon ça la fout mal ! Une fois, tu dis que tu es crevé, mais si ça se produit tous les soirs… La loose ! Et hop, à la porte !
Il raconte qu’il regardait des livres pornographiques avant de rentrer le soir, et ensuite il y repensait fortement « en action » ; pour lui, l’avantage de « ces chattes de vieille », c’est qu’on ne risquait pas d’éjaculer trop vite ! Avec certaines « mamies », il ne ressentait rien, il devait faire semblant de jouir pour contenter leur égo ; mais une d’entre elle était allée jusqu’à regarder dans le préservatif et lui avait fait une scène parce qu’il était vide ! Il ajoute :
– Depuis ce temps là, quand j’arrivais pas à cracher, une fois la vieille peau bien naze-broque d’avoir pris son pied, je mettais de l’eau et du shampoing dans la capote avant de la nouer et de la mettre dans la poubelle ! Si l’autre la matait, elle la voyait bien remplie et c’est bon ! A moins qu’elle l’ouvre pour déguster la jute… Ha , ha, ha !
Je vais repartir, on a bu une bière et on a bien ri ! Mais je ne suis pas rassuré pour autant… Bon, je ne vais pas lui dire que je dois faire comme lui, je me méfie de ses racontars, vu ce qu’il me dit ! Mais il ajoute soudain, comme s’il revivait la scène :
– Avec une bien dégueu, y avait pas moyen de triquer ! Les photos X, les trucs bien excitants en mémoire, rien : Bon, ça pendait de partout, ses nibards, son bide, sa chatte qui ressemblait à Padirac… Elle m’a montré un truc, elle m’a attaché un lien autour de la bite, a peine dressée, en serrant bien à la base ; puis un faux tour autour des couilles, un nœud pareil et j’ai gardé ma bandaison ! Normal, le sang ne pouvait repartir en arrière ! Faut juste avoir au moins une demi-molle avant ! Et bon, faut pas un fil à couper le beurre, hein ! Faut un truc genre lacet de chaussure !
Je l’ai quitté en me disant que tout cela était bien compliqué… Et que j’aurais dû avoir le courage de dire non à madame de Tinchebard, quitte à perdre mon emploi ! Mais bon, pour moi le vin était tiré il fallait le boire…
Le lendemain, à 14 h et la mort dans l’âme je me suis approché du manoir ; la comtesse devait me regarder de loin car elle a ouvert la porte bien avant que je frappe ! Elle avait un visage fermé, encore pire que d’habitude… Elle m’a à peine salué, et m’a dit de monter au 3em étage ; ce qui m’a étonné vu que sa chambre était au second. Mais en me suivant dans les escaliers en colimaçon elle m’a dit :
– Nous allons dans la chambre bleue… Vous ne voudriez pas me prendre dans mon propre lit, tout de même ?
J’ai dû balbutier quelques mots sans suite, au fond peu m’importait le lieu… Arrivée dans la grande pièce (90 mètres carrés, et 3,50 mètres de hauteur de plafond), elle m’a montré la salle de bain d’un doigt impérieux :
– Vous prenez une douche, vous devez être en sueur, à travailler ainsi dehors ! Je vous demande de bien insister, enfin vous me comprenez, j’espère !
Je vais donc passer un long moment sous le jet d’eau tiède, à me savonner partout comme elle me l’a demandé ; à un moment, je vois qu’elle a entrouvert la porte et qu’elle regarde par l’embrasure. Elle croit bon de crier pour couvrir le bruit de l’eau :
– Je ne joue pas les voyeuses, mais je veux être sûr que vous vous lavez bien vraiment ! Je ne supporte pas les odeurs !
Je m’enroule dans un peignoir placé en évidence sur un valet ; je fouille les poches de mon jeans à la recherche des préservatifs que j’ai pris, mais aussitôt la comtesse m’arrête en me prenant le bras :
– Ah non ! J’ai tout ce qu’il faut, je vous l’ai dit ! Je n’ai pas envie que vos condoms se déchirent ! Non, nous prendrons les miens !
Je ne retiens que l’article « les » : Elle veut donc plusieurs rapports ? Je ne sais pas si je le pourrais… Ou plutôt je le sais ! Je la vois qui dispose deux étuis sur la table de nuit et se met à fermer les volets et tirer en plus les doubles rideaux ; il n’y a qu’une veilleuse dans le coin droit, au mur sur une applique, et on n’y voit vraiment pas grand-chose ! Puis elle passe derrière un paravent, se déshabille rapidement (elle a gardé un petit haut) et se glisse dans le lit entrouvert en expliquant :
– Bon ! Je vais vous dire ce que je veux, ou plutôt ce que je ne veux pas : Pas de baiser, je vous interdit de toucher mon visage, même avec vos doigts ! J’ai horreur de cela ! De même, vous ne touchez pas mes seins, d’ailleurs je vais garder mon soutien gorge. Et puis… Pas besoin de vous dire de ne pas mettre vos mains sur ma vulve ! Ça, je ne le veux absolument pas ! Vous avez bien compris ?
Je me contente de faire oui de la tête, soudain tout se complique ; je me figurais un rapport classique, préliminaires avec baisers et suçage de tétons avant la pénétration… Et la voix de madame claque à nouveau :
– Et bien ? Vous avez saisi oui ou non ? J’ai l’impression que vous êtes un peu dur de la comprenette, non ?
Je m’approche du lit, me demandant comment je vais me mettre en érection sans la toucher ! Et elle de se pencher pour tirer sur la ceinture du peignoir, en disant d’un ton un peu plus amène :
– Enlevez moi cela ; et débrouillez vous pour être prêt ! Enfin, je ne vais pas vous montrer comment ! En tous cas, vous ne m’approchez pas sans avoir mis ces préservatifs ! Et les deux l’un sur l’autre, je prend mes précautions !
Bon, il me faut me décider : Je prends les condoms, comme elle les appelle et je me tourne de l’autre côté, vers la veilleuse ; par le peignoir entrouvert, je me masturbe pour raidir un minimum ma verge… Qui reste flaccide, malheureusement ! J’accélère mes mouvements, je serre et desserre la base de la hampe avec mes doigts, mais mon pénis peine à se dresser, même un peu…
Je chuchote que je dois aller dans la salle de bain, et j’y pars sans demander mon reste ! A l’abri du regard de la comtesse, je parviens à me mettre en demi-érection, et je passe un lacet de chaussure autour de la base de la hampe, je serre et je desserre en cadence ; puis je passe autour des bourses, j’ai un peu de mal à entourer les testicules qui veulent sortir de la boucle ! Je serre le tout, en hésitant tout de même sur la pression à mettre dans le nœud… Je constate que ma verge est à l’horizontal, et quelle parait y rester même sans aucune sollicitation de ma part ; je mets donc un préservatif, puis un deuxième par dessus tout en sachant que c’est une bêtise : Le frottement entre les deux étuis de latex peut les faire se déchirer plus facilement que s’il y en a un seul. Mais je me dois d’obéir…
Je retourne dans la chambre ainsi équipé et aussitôt madame de Tinchebard de me dire de m’approcher du lit ; là, elle tâte du doigt mon pénis pour vérifier qu’il y a bien les deux condoms, elle tire sur l’extrémité du second pour voir s’il y a le premier en-dessous ; puis elle me dit de me coucher sur elle en répétant encore une fois :
– Je ne veux pas que vous touchiez ma bouche, ou mes seins, ou mon sexe ! Je vous préviens !
Je ne suis guère rassuré à m’allonger ainsi sur elle, avec toutes ses interdictions ; elle continue, un ton plus bas :
– Caressez mon ventre mais vous vous arrêter à mon nombril ! Pas plus bas ! Et les côtés de mes cuisses, pas l’intérieur, je suis sûre que vous ne pourrez pas vous retenir ! Je connais les hommes, à toujours fourrer leurs doigts partout !
Ce rapport sexuel devient surréaliste ! Je lui obéis, ma verge serré contre son bas-ventre reste bien raide, excitation du contact de sa peau ou effet du lacet, peut-être les deux… Comme elle est plus petite que moi, son visage est contre ma poitrine et elle le détourne à cause des poils ; moi, j’ai la tête sur l’oreiller et je me demande comment va t-on procéder ? Est ce elle qui va me dire de la pénétrer, sinon comment saurais-je le bon moment avec ces préliminaires si restreints ?
Je caresse son ventre, descends aux cuisses, remonte au ventre… Cela devient lassant, elle ne semble pas réagir ; j’ai l’impression d’agir mécaniquement, mes mains au milieu de son corps, puis sur le haut des jambes… Et enfin elle chuchote :
– Vos pouvez y aller, mais doucement, ne faites pas la brute !
Ah, madame la comtesse a un peu honte, elle parle vraiment bas ! Je me relève un peu sur mes coudes, je cherche la vulve de la pointe de mon pénis mais il me faut y mettre une main ! Le fait d’avoir deux préservatifs ne me permet pas de sentir les muqueuses des grandes lèvres, je dois m’y reprendre à plusieurs fois pour trouver l’entrée du vagin, et madame de Tinchebard de soupirer sans se retenir, me montrant s’il en était besoin qu’elle n’est guère patiente…
Je finis par sentir que mon gland est entré dans un orifice, je pousse tout doucement et là je sens bien que je pénètre « le noble vagin »… La comtesse bouge un peu sous moi, je me demande si elle a mal ou si elle apprécie ; puis je sens que je l’ai prise totalement, sans que toutefois cela me fasse des sensations agréables : C’est étrange, ma verge est bien dans un fourreau mais celui-ci paraît très distendu ; des bruits mouillés montent à mes oreilles, je comprends qu’elle a dû se mettre beaucoup de lubrifiant dans son vagin tout à l’heure…
Je donne des coups de rein, mais je me demande si la cadence lui plaît car elle n’émet aucun gémissement, elle ne remue plus ; c’est comme si je coïtais avec une poupée gonflable, je ne ressens strictement rien… Si je n’avais pas mis le lacet j’aurais perdu mon érection ! Là, je peux tenir un certain temps, il est évident que je ne vais pas éjaculer ainsi !
Je ne sais pas combien de temps ce rapport sexuel si particulier a duré ; longtemps pour moi, en tous cas ! Je bougeais mécaniquement, toujours au même rythme ; il m’a semblé que madame avait des petites frémissements, son visage écrasé par ma poitrine bougeait par moments… Puis soudain elle s’est crispée, tout son corps a remué et elle s’est aussitôt détendue en poussant un soupir ; elle était devenue toute molle sous moi, j’ai continué quelques coups de reins mais elle a vite repris ses critiques :
– Bon, ça suffit maintenant ! Ça dure, ça dure…
Je me suis aussitôt arrêté, ce qui l’a faite réagir aussi :
– Ne prenez pas cela au pied de la lettre, prenez votre plaisir vous aussi ! Je ne suis pas un monstre, tout de même !
J’ai donc repris mes mouvements, je devais au moins faire semblant puisque je n’arriverais pas à jouir ainsi ! J’ai accéléré, poussant de petits gémissements, tandis qu’elle manifestait son impatience en soupirant encore ; mais je tenais au moins à lui prouver que je n’étais pas un jouet sexuel et qu’elle devait être un peu tolérante ! Je me suis laissé prendre au jeu, je donnais des coups de rein toujours plus brutaux… Jusqu’à ce que sa patience soit mise à si rude épreuve qu’elle s’exclame alors :
– Écoutez… Si vous n’y arrivez pas… Ce n’est pas de ma faute !
J’ai compris que je devais mettre un terme à ce simulacre, j’ai fait semblant de jouir et je suis resté deux minutes à me reprendre sans bouger ! Mais c’était déjà trop, madame la comtesse m’a rudement repoussé en disant :
– Bien ! Je suppose que vous avez eu ce que vous voulez, non ? Retirez vous en tenant le préservatif ! Tenez le je vous dis ! Mettez y vos doigts… Allez… Dégagez moi de votre présence !
Je me suis relevé en tenant mon sexe toujours raidi ; elle a aussitôt allumé le lustre pour vérifier que j’avais bien encore les deux condoms, grimaçant de dégoût en voyant une substance couler d’eux sur le drap ! Elle a crié :
– Mais enfin, prenez ce mouchoir et essuyez vous ! Quel dégoûtant vous êtes… Vous en mettez partout !
Le lubrifiant dont elle avait dû s’enduire le vagin dégoulinait de ma verge et effectivement souillait la literie ; le temps que je prenne le mouchoir pour l’éponger et j’en avais mis aussi sur le mollet de madame de Tinchebard… Qui a hurlé :
– Partez de là ! Je ne veux plus vous voir ! Partez tout de suite !
Je me suis réfugié dans la salle de bain, me débarrassant rapidement du lacet et des deux préservatifs dans la poubelle après avoir mis dans le premier du gel douche ; et noué et glissé dans la poubelle, et à ce moment j’ai entendu mon employeur crié depuis l’escalier :
– Descendez la poubelle ! Je ne veux pas de vos saletés ! Et repartez chez vous, je ne veux pas vous revoir avant demain matin…
Il y eu un blanc, puis elle a repris depuis quelques marches plus bas :
– Il est 15 h et vous finissez à 16 h ; vous récupérerez votre heure samedi matin !
J’ai songé : « La salope ! Elle me renvoie chez moi pour plus me voir ce soir, mais elle perd pas la tête au point de me faire cadeau d’une heure ! »
Rhabillé en vitesse, je suis descendu au rez-de-chaussée avec le sac poubelle à la main. Et je suis parti sans demander mon reste, madame la comtesse devant être en bas dans une autre pièce puisque je ne l’ai pas vue, mais j’ai entendu la porte claquer dans mon dos ! Je suis rentré chez moi en songeant à ce qu venait de m’arriver…
Avec un peu de recul, j’en riais : Ce serait une expérience dont peu d’hommes pouvaient se vanter… Quoique se prévaloir de cela ne devait pas être du meilleur goût ! En tous cas, je me disais que madame Tinchebard ne renouvellerait pas ses exigences avec moi vu le peu d’effet que je lui avait fait… Ce en quoi je me trompais, le mois suivant elle m’a à nouveau dit de « venir à 14 h comme l’autre fois » ; sans me demander mon accord, d’ailleurs ! Et j’ai obéi, bien plus détendu cette fois puisque je savais à quoi je devais m’attendre !
Tout s’est passé comme la première fois, la douche qu’elle vérifiait depuis la porte entrouverte, puis à peine s’était elle couchée que je me nouais le lacet autour de ma verge et mes testicules ; le dissimulant au milieu des poils, et plaçant les deux préservatifs successivement. Puis je me suis dirigé à tâtons vers le lit dans la faible lueur de la veilleuse, j’ai d’ailleurs cogné du pied dans l’armoire et aussitôt la voix de madame la comtesse s’est faite entendre :
– Quel maladroit vous faites, enfin… Vous ne pouvez pas faire un peu attention, tout de même ?
A peine à côté du lit, elle s’impatientait :
– Et bien ? Couchez vous ! Je ne vais pas tout vous dire, si ?
J’ai obéi, et je plaçais mon bas-ventre au niveau du sien quand elle s’est à nouveau écrié :
– Mais ne remuez pas comme cela, enfin ! Vous me pincez la peau ! Quel goujat ! Et ces poils, là ! Décidément… Vous ne pouvez pas vous épiler ? Au moins la poitrine !
Là, elle dépassait les bornes, j’ai répliqué aussitôt sans réfléchir :
– Écoutez, hein… Je suis comme je suis !
Elle a parut se radoucir, tandis que je caressais son ventre et l’extérieur de ses cuisses :
– Je disais cela comme je le pense… Ne prenez pas tout au pied de la lettre, vous êtes d’un susceptible !
Puis elle m’a donné le signal de la pénétrer, un ton plus bas et là j’ai pu le faire plus facilement que la première fois. J’ai senti aussi sa réaction, que je pense elle voulait à tout prix minimiser par orgueil ! Et je me suis mis aussitôt à pilonner un peu plus brutalement, là aussi je pouvais comprendre qu’elle appréciait : Elle frissonnait, remuait sous mes assauts et poussait de petits gémissements… A un moment, elle a mordu le drap, certainement pour ne pas faire davantage de bruit ! Puis elle a eu la même crispation que l’autre fois, suivie tout de suite après d’un relâchement de tout son corps ; et elle a longuement soupiré tandis que je continuais, imperturbable, de donner des coups de rein…
J’ai fait mon cinéma habituel, simulation de jouissance, petite pause et ensuite je me suis relevé en tenant bien les préservatifs et en enroulant mon sexe dans un mouchoir en papier ; madame la comtesse rabattant prestement le drap sur sa nudité partielle pour ne pas que je la vois dans la lueur du lustre ! Puis passage dans la salle de bain tandis qu’elle descendait, certainement honteuse…
Il y a eu un troisième rapport un mois plus tard, à quelques jours près : Ce devait être le bon intervalle pour son désir ! Toujours le même horaire, 14 h, Madame de Tinchebard étant très routinière… Comme d’habitude, la vérification de la douche, la chambre dans l’obscurité, elle tâtait la présence des deux préservatifs sur ma verge. Puis la pénétration quand elle m’en donnait le signal, mes coups de rein ; sauf que là elle ne paraissait pas avoir de plaisir… Je remuais rapidement ou plus doucement, je reprenais mes caresses sur son ventre et ses cuisses, en vain ! Je me demandais que faire, quand soudain j’ai senti ma jouissance monter ! Impossible à retenir malgré le peu de réaction de ma partenaire, j’ai accéléré et j’ai éjaculé en grognant… Mais avec un plaisir très relatif, en fait c’était la première fois de ma vie que je me vidais ainsi de mon sperme sans avoir un vrai orgasme ! Curieuse sensation… Pas agréable du tout, un peu comme si j’assistais de l’extérieur à une éjaculation !
Aussitôt, je me suis relâché totalement, comme avec une partenaire ordinaire ; et j’ai sommeillé quelques minutes ! A peine, mais madame la comtesse m’a réveillé en sursaut en me secouant comme un prunier ! Elle criait à mon oreille :
– Mais vous allez vous relever, espèce de malappris ? Vous vous croyez où ? Relevez vous, je vous dis ! Relevez vous !
J’ai obéi, revenant à moi dans la précipitation… J’avais perdu un grande partie de mon érection – malgré le lacet toujours en place – certainement avec l’éjaculation ; et les deux préservatifs de glisser de ma verge pour rester dans le vagin de madame de Tinchebard, sans que je m’en rende compte immédiatement ! Mais elle avait allumé le lustre, et je l’ai vu assise sur le lit avec son petit haut remonté sur son ventre, en train de se regarder le bas-ventre ; sa vulve aux grandes lèvres retroussées vers l’extérieur avec les condoms qui pendaient vers le bas… Et mon liquide séminal qui en coulait sur la literie…
Elle a poussé un cri perçant, en tirant sur les étuis en latex pincés entre le pouce et l’index ; ils ont jailli du vagin, le lubrifiant glissant avec en longs fils… Elle a crié encore et a jeté les préservatifs au loin en frottant ses doigts souillé de sperme ! Les condoms sont tombés sur la moquette et elle a encore hurlé davantage en menaçant des pires choses :
– Vous êtes un monstre ! Un ignoble individu ! Une bête ! Vous entendez, une bête ! Disparaissez de ma maison ! Disparaissez, je vous dis ! Je ne veux plus vous voir ! Jamais ! Jamais !
Je suis parti dans la salle de bain, mais je n’ai pas pu me laver ni m’habiller ! Elle criait toujours, je ne comprenais même plus ce qu’elle disait tant elle était hystérique ! J’ai dû descendre en catastrophe tout nu avec mes vêtements sous le bras, tandis qu’elle geignait à présent en se frottant le bas-ventre, frénétiquement avec une serviette ! C’est le dernier souvenir d’elle que je garde, debout au milieu de la grande chambre avec ses cuisses toutes maigres bien écartées, et tenant son haut relevé de la main gauche en tentant d’enlever tout trace de mon sperme sur elle…
Au rez de chaussée, je me suis rhabillé rapidement, sans même prendre le temps d’enlever le lacet sur ma verge ! Je ne parvenais plus à réfléchir correctement, je devais partir d’ici au plus vite, le reste ne comptait pas… J’ai sauté dans ma voiture, je suis retourné chez moi avant de retrouver suffisamment mes esprits ; mais à peine avais-je ouvert la porte d’entrée que le téléphone sonnait avec insistance : La secrétaire de l’agence de travail temporaire me signifiait que « ma mission au manoir des Hautes-Terres se terminait ce jour » ; et quand j’en ai demandé la raison elle m’a dit que madame la comtesse de Tinchebard ne souhaitait plus me confier du travail… L’employée ajoutant qu’il devait y avoir eu un problème car elle cherchait toujours un jardinier…
Je me souviens encore de la réflexion que je me suis faite en entendant cela :
– La salope ! Je suis pas prêt de baiser à nouveau une vieille !


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