La procession de Sainte Florine

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Publié par Gehem

Temps de lecture : ~ 33 min

Ce jour-là, comme tous les matins, Emilie de Sainte-Aude scrutait les paroissiens de St-Florine, les plus dévots qui se présentaient là, accompagnant sa mère ; et les nouveaux, les rescapés ou les égarés qu’elle voyait agenouillés pour la première fois, face au chœur de Notre-Dame.

Le silence n’était troublé que par un murmure presque inaudible sortant du confessionnal, ainsi que des bruits de chaises en osier qui craquaient sous les genoux des fidèles.

Demain serait un jour particulier. Une fois l’an, le char contenant la Sainte chasse de Ste-Florine ferait le grand tour du village accompagné de nombreux cavaliers. Merveilleux travail d’orfèvrerie datant du moyen-âge, celle-ci contenait les reliques de la Sainte. Et c’est tiré par quatre gros chevaux de traits que le char parcourait les sentiers des champs et les rues entourant le village afin d’intercéder les bienfaits de St-Florine pour une année encore.

Emilie regardait délicatement du côté de la rangée des hommes, cherchant des visages connus. Il y avait là les notables de la ville et beaucoup de fidèles qu’elle ne connaissait pas. Tournant la tête un peu plus vers la gauche, elle aperçu Julien de la Boissière. Leurs regards se croisèrent, et d’un léger mouvement de tête, il la salua.

Etonnée et rougissante de voir cet ami d’enfance à St-Florine, Emilie se tourna vers sa mère pour lui poser la question, lorsque celle-ci lui chuchota :

– C’est à ton tour Emilie, Mme de *** est sortie du confessionnal.

Celle-ci se leva et rajustant sa robe, se dirigea vers ce grand meuble muni d’une porte centrale et de deux rideaux latéraux.

Soulevant l’un des deux, elle s’agenouilla sur le petit coussin de velours rouge destiné à protéger les genoux.

Face à elle, une grille obturée pour le moment par une porte à glissière luisait faiblement dans l’obscurité.

Emilie songeuse se demanda ce qu’elle allait dire au chanoine Guillaume de Bloissac. Déjà celui-ci lui avait rappelé la nécessité de se confesser régulièrement, d’éviter ainsi de laisser son âme s’enliser dans les tourments, et surtout d’accumuler en soi mauvaises pensées et actions. Il lui avait même fait parvenir une lettre qui était ainsi conçue :

 « Ma chère enfant, je suis étonné que depuis plus de trois mois, la pensée ne vous soit pas venue encore de vous confesser. J’ai fait part de ma surprise à madame votre mère qui m’a dit combien elle tenait à vous voir remplir vos devoirs religieux. C’est à sa prière que je vous invite à venir au sacré tribunal de la pénitence. S’il vous est désagréable de vous mêler à la foule de mes paroissiens, venez donc dans la soirée, de trois à quatre heures, à mon presbytère : je vous y attendrai. »

C’était signé : « Guillaume de Bloissac, chanoine »

L’image de Julien lui revint. Il n’habitait plus St-Florine, ses parents ayant déménagé dans sa jeunesse. Que faisait-il ici dans son village. Peut-être venait-il assister lui aussi à la procession qui aurait lieu le lendemain ? Ses réflexions furent interrompues par le coulissement du portillon la séparant du prêtre.

– Mon père, je suis venue comme vous me l’avez suggéré, chuchota Emilie.

– Ah ! c’est toi Emilie ! En effet, il me semble que je ne t’ai plus entendue en confession voici bien longtemps ! J’espère que ce n’est pas parce que tu as des choses à cacher !

– Oh non Monsieur le curé, mais je suis toujours un peu dépourvue dans ce que je dois dire ici…

– En effet, en effet, tu n’es pas la seule dans ce cas…, avoua-t-il

Emilie se tortilla sur le coussin, essayant de dissimuler la légère douleur qui commençait à lui vriller les genoux.

– Je suis ici pour t’aider Emilie, voyons…

– Oui mon père !

– N’es-tu jamais tentée par le « Malin » ? As-tu déjà rencontré des hommes seuls ?

– Non pas vraiment…

– Que veux-tu dire par pas vraiment ?

– Eh bien mon père, cela arrive parfois dans les magasins…

Le chanoine toussota.

– Bien sûr, bien sûr… dit-il, et comprenant que la petite ne livrerait rien s’il n’était pas plus direct, il pose à brûle-pourpoint :

– Et afin d’échapper à la tentation, ne te livres-tu pas à certaines pratiques… parfois solitaires ?

– … Cela m’arrive mon père…

– Donc les désirs de la chair viennent parfois te tenter ? Dis-moi alors quels moyens utilises-tu pour les apaiser ?

Emilie ne s’attendait pas à un interrogatoire pareil, mais si elle voulait l’absolution maintenant que le chanoine était au courant, elle devait répondre…

– Parfois seule mon père, avec mes doigts…

– Expliquez-moi…

– C’est que c’est intime mon père, je n’oserais pas…

Prenant une voix un peu plus grave, le chanoine haussa un peu le ton :

– Je ne pourrai pas te donner l’absolution avec si peu de renseignements Emilie, et tu ne pourras plus aller à la communion car tu seras en état de péché.

La jeune fille frissonna :

– Et bien…, je glisse les doigts entre mes cuisses, et les fais glisser lentement. De l’autre main je me caresse la pointe des seins…

– Cela te mène t-il au plaisir ?

– Oui mon père, chaque fois.

Le chanoine Guillaume de Bloissac soupira, il essayait de voir le visage de la jeune fille au travers des grilles, mais la faible luminosité ne renvoyait que l’éclat bleus de ses pupilles grandes ouvertes. Ainsi la petite de St-Aude se caressait et avait des orgasmes ! Le curé revint à la charge :

– Tu m’as dit que parfois tu te caressais seule, cela veut-il dire que parfois tu es accompagnée ?

– Parfois lorsque je suis avec ma cousine…

– Et que faites-vous ensemble ?

Emilie se trémoussait à présent, honteuse de se livrer ainsi :

– Son père est médecin, alors lorsqu’on feuillette certains livres, les dessins et les croquis que l’on y voit…

– Ces croquis vous donnent des idées, n’est-ce pas ? Et ?

– Alors nous nous déshabillons et nous nous caressons…

– Avec les doigts ?

– … aussi avec la bouche et la langue mon père…

Guillaume de Bloissac commençait à avoir chaud, ses deux heures de confessionnal ne seraient pas perdues !

– Que caressiez-vous avec votre langue ?

– On s’embrasse mon père, puis la langue descend sur le corps, sur les seins jusqu’au ventre.

– Continue mon enfant…

– La langue écarte la fente que l’on a entre nos cuisses et lèche de haut en bas…

– Tu lèches donc la vulve de ta cousine…

Emilie s’empressa d’ajouter :

– Oui mon père, mais elle me fait la même chose ! déclara-t-elle dans un élan de sincérité.

Un silence profond suivit cette déclaration. Le chanoine sourit intérieurement devant tant d’innocence et de franchise. Il imaginait déjà les deux cousines adolescentes, Emilie de St-Aude et Hélène de Laclos se livrant aux pires débauches ensemble. Il voyait les corps nus comme s’il y était, s’enchevêtrant, haletant, humides de sécrétions, de salive, s’abîmant dans des orgasmes torrides… Il soupira.

– Et as-tu connu des hommes aussi ?

Emilie réfléchit… Non, elle ne trahirait pas Marin, le gantier de St-Florine, ce serait son secret à elle, et tant pis pour les péchés non confessés et pour l’absolution. Elle en parlerait à sa mère.

– Non mon père, jamais…

– Bien…bien… Mon enfant tes péchés sont abominables. La miséricorde de Dieu, cependant, est infinie, et, en vertu du pouvoir qu’il confère à ses ministres, j’ai le droit de te donner l’absolution. Ce que tu m’avoues est grave Emilie, mais tu diras pour ta contrition dix Ave et vingt Pater… tu participeras à la procession demain lors de sa rentrée au village, et tu me rapporteras de l’eau du puits de St-Florine pour les bénitiers de l’église…Maintenant va en paix ma fille.

Emilie sortit du confessionnal en boitant un peu, ses genoux lui faisaient mal. Elle rejoignit sa mère dans le chœur pour suivre l’office qui allait débuter.

Dans l’église St-Florine, il faisait une fraîcheur délicieuse.

En cette fin de matinée la chaleur était lourde. Il ferait chaud demain pour la procession.

Les yeux d’Emilie se promenèrent doucement, levant les yeux vers les hautes voûtes, sous lesquelles des faisceaux de colonnettes montaient comme des fusées de pierre. Ils s’arrêtèrent devant les sculptures étranges des chapiteaux, où l’on voyait des bourreaux scier des patients en deux, et les faire cuire sur des grils, tandis qu’ils alimentaient le feu avec de gros soufflets.

Guillaume de Bloissac quitta le confessionnal dont il referma soigneusement la porte. Les cloches du carillon de Notre-Dame tintaient doucement, appelant les fidèles à l’office matinal.

Le prêtre marqua une pose et regarda ses fidèles agenouillés. Ainsi donc, ils avaient tous quelque chose à se faire pardonner. Cherchant Emilie des yeux, il la dévisagea un moment et ce qu’il vit paru le rassurer. Emilie était à peine maquillée. Ses longs cheveux étaient noués derrière sa tête, attaché avec une broche des plus ordinaire et coiffés d’un foulard à motifs insignifiants noué sous le menton. Elle portait, malgré la chaleur, un long manteau beige, ample, en tissus léger. Elle avait même pris la peine de choisir des souliers à talon plat.

Le chanoine rejoignit lentement l’autel dans le chœur.

Emilie chercha Julien du regard, mais sa place était vide. Elle l’aperçut dans le chœur.

Il enfilait avec précipitation la chasuble rouge et le surplis blanc qui l’agrémentait, essayant de calmer l’impatience de monsieur le chanoine qui l’attendait depuis plusieurs minutes avec un air inquisiteur.

Emilie pouffa de rire en voyant Julien déguisé en enfant de chœur. Ils s’étaient connus dans leur enfance, avaient joués ensemble, et voir cet adolescent ainsi affublé la laissait sans voix.

Ce n’était plus le petit garçon parfois timide qu’elle avait connu. Le jeune homme, dévoilait un charme qu’on n’aurait pas pu deviner à l’époque. Grand, les cheveux noirs un peu en bataille, la démarche assurée, il affichait de beaux yeux couleur anthracite qui brillait comme deux marcassites au fond des orbites.

Le chanoine sans doute poussé par la faim et certainement invité dans une famille en cette veille de jour de procession démarra l’office sans tarder.

Julien procéda mécaniquement aux divers rituels de la messe, activant la clochette, soulevant la chasuble de l’officiant, tournant les pages du missel hiéroglyphique, répondant aux interpellations latines, faisant mine de dévotion.

La communion arriva et Julien présenta la patène sous le menton des fidèles, captant au passage les miettes de l’hostie que leur offrait le chanoine.

Guillaume de Bloissac ne voyait pour le moment que la large échancrure sur le corsage de Madame de *** qui laissait découvrir une noire caverne entre ses seins volumineux. Il peina à sortir la petite hostie du calice argenté. Julien percevant tous ces détails, avait écarté malicieusement la patène du menton de la dame et les miettes de l’hostie s’étaient éparpillés dans l’antre invitant.

Il imagina voir la main du chanoine plonger dans ce décolleté mystérieux, cherchant les restes du corps du Christ, dispersés sur la chair humectée de sueur, s’accrochant aux papilles proéminentes, et ses doigts s’agitant avec frénésie dans ce repaire secret préférant aux restes du Christ, la quête des plaisirs de l’Enfer.

Julien de la Boissière se tourna alors vers Emilie, agenouillée juste à côté. A peine plus jeune que lui, elle laissait voir sous son corsage transparent de petits mamelons qui pointaient imperceptiblement.

Il approcha la patène de son menton et l’y appuya. Elle se détourna sous le contact froid de celle-ci. Emilie fixait Julien d’un air effaré de ses deux globes d’une étonnante blancheur. L’hostie avait raté sa petite langue sensuelle et s’était écrasée inerte sur la patène ; sa langue restait là offerte en pâture.

Déjà elle s’imaginait Julien se pencher sur elle, offerte, la mordant, l’avalant, la croquant. Elle sentait ses seins saisis vigoureusement, les tétons malmenés par des doigts fébriles… puis sa tête s’enfoncer sous ses jupes et elle ferma les yeux croyant que cela était vrai.

Un toussotement du chanoine la rappela à l’ordre, et ouvrant les yeux, elle reçu l’hostie sur la langue.

Emilie se leva et retourna s’agenouiller près de sa mère. Horrifiée de ce qu’il venait de se passer alors qu’elle sortait à peine de confession, elle prit sa tête entre ses mains et se laissa emporter toute entière au plus profond de ses rêves interrompus inopinément par les toussotements nerveux du chanoine de Bloissac.

Les fidèles quittèrent l’église sous le chant du carillon qui marquait la fin de l’office.

Le soleil était déjà haut, et la chaleur commençait à se faire sentir.

Hélène de Laclos attendait sa cousine devant le porche de Notre-Dame, se protégeant comme elle le pouvait des chauds rayons du soleil. En l’apercevant elle courut au devant d’elle.

Emilie ! Emilie ! Je t’ai aperçu à l’église !  As-tu été te confesser ?

– Oui avoua Emilie, et je dois te dire que le chanoine sait ce qui se passe entre nous…

– Alors toi aussi il t’a interrogée ? Moi également j’ai dû tout lui dire, que va t-il penser de nous maintenant ? Et s’il en parlait à nos parents…

Emilie réfléchit quelques secondes puis déclara :

– De ce côté là nous n’avons rien à craindre, il est tenu par le secret de la confession.

– Oui tu as raison, soupira Hélène, mais ça me gêne quand même de lui avouer tout cela ! C’est tout juste s’il ne m’a pas demandé de décrire mon sexe ! En tous cas…

La jeune fille ne put continuer la suite, interrompue par l’arrivée de Julien. Il s’approcha des deux jeunes filles.

– Emilie quelle surprise ! Je ne t’attendais vraiment pas à te voir à l’office ! Et je crois reconnaître ta cousine Hélène… Ah les bons souvenirs que j’ai de vous lorsqu’on habitait encore St-Florine.

Hélène détaillait le jeune homme, c’est vrai qu’il avait changé depuis le temps !

– Mais toi Julien, que fais-tu ici ? demanda Emilie, et en plus tu as servi la messe comme enfant de chœur.

– En effet, mon oncle m’a demandé de venir servir cette messe. Tu sais que les jours de procession, il ne trouve pas beaucoup d’enfants de chœur pour l’assister, c’est un peu la fête au village pour eux également.

– Mais qui est donc ton oncle, demanda la jeune fille.

Se détournant, il chercha des yeux et s’exclama :

– Ah, mais le voilà qui sort justement de Notre-Dame ! répondit Julien.

Les deux cousines regardèrent ensemble dans la même direction.

– Mais c’est le chanoine de Bloissac ! s’écria Hélène.

– En effet, c’est le frère de ma mère, déclara Julien. Je croyais que vous le saviez.

Le curé leur adressa son plus charmant sourire accompagné d’un petit mouvement de tête, et se hâta d’aller saluer ses paroissiens attendant sur le porche.

Julien se retourna vers les deux cousines :

– Mais si vous avez le temps, venez avec moi, nous allons aller saluer Marin qui est au travail dans le clocher. Il entretient le carillon, vous verrez c’est un endroit merveilleux.

– Crois-tu que ce soit le bon moment de s’afficher seules avec un homme ? demanda Emilie en aparté à Hélène, si le curé nous surprend, avec tout ce qu’il sait pour le moment !

– Hé ! Mais on ne fait rien de mal ! s’exclama Hélène.

Emilie lui sourit :

– Attendez-moi, je préviens ma mère ! Mais je devrai être de retour pour le déjeuner.

Deux minutes plus tard, les deux adolescentes suivaient Julien et gagnaient le clocher par un étroit escalier en colimaçon serpentant le long des murs de la tour.

En découvrant l’intérieur de celle-ci, Emilie se dit qu’elle portait les stigmates du combat inégal des choses avec le temps.

La tour était percluse de rhumatismes. Tout ce qui devait tourner, s’ouvrir ou se refermer ne le faisait qu’à contrecœur. Des portes aux trappes en passant par les fenêtres, tout n’était que grincements rébarbatifs, couinements douloureux, protestations véhémentes de la matière qu’on brutalise.

Le clocher était en meilleur état, cependant de vieux abat-sons rouillés pendaient sur les trois ouvertures branlantes des fenêtres. Seule la charpente paraissait en bon état.

Les jeunes gens gravirent les marches qui grinçaient fortement à chacun de leur pas, mais c’est sans encombre qu’ils parvinrent à la trappe s’ouvrant sur la pièce contenant le clavier du carillon juste sous le clocher.

Marin se retourna surpris. Armé d’une pince, il enserrait les buttées des touches du clavier de petits morceaux de cuir.

– Quelle surprise ! s’écria-t-il Mademoiselle de St-Aude et Mademoiselle de Laclos et Julien ! C’est gentil de leur faire visiter le carillon…

Hélène regardait le mécanisme de l’énorme machine compliquée et les dizaines de câbles et fils de fer reliant les touches de bois appelées « coup de poing » aux battants des cloches bien alignées au dessus d’elle. En bas et devant le clavier, une série de touches larges comme deux doigts, étaient disposées en deux rangs superposés. Plus bas encore, le pédalier qui déclenchait les notes les plus graves.

Julien expliqua :

– La fabrique d’église a décidé d’amortir les chocs des touches au moyen de petites protections en cuir, cela faisait trop de bruit en jouant, et cela limitera l’usure des bâtons.

– Marin est un expert dans la mise en forme du cuir, susurra Emilie avec un petit sourire en coin.

– Oui, déclara Hélène, d’ailleurs je dois encore passer au magasin… Marin avez-vous terminé ma commande ?

– Elle est terminée Mademoiselle, déclara-t-il.

Emilie avisant une échelle de bois menant au dernier plancher du clocher s’y engagea. Julien voulu la retenir.

– Attention Emilie, c’est dangereux plus haut. Mais c’est vrai que de là, la vue est superbe sur le village !

Emilie grimpa prudemment et Julien lui emboîta le pas.

Marin regarda Hélène et ses grands yeux clairs. Puis l’attirant contre lui, il posa sa bouche contre la sienne. La jeune fille laissa échapper un petit gémissement, et reculant s’appuya inopinément sur le clavier et sur le pédalier. 

Un tintinnabulement de cloches retentit soudain, obligeant la jeune fille à se redresser vivement.

Détachant ses lèvres des siennes elle murmura :

– Retrousse ma jupe… 

Il avait la bouche sèche. Déjà lorsqu’il l’avait vue pour la première fois au magasin, il avait tant rêvé de cet instant ! Empoignant une masse d’étoffe il la souleva.

– Le jupon aussi, ajouta-t-elle.

Ses mains se perdaient dans les tissus.

– Ne le froisse pas …

Il s’efforça de soulever le vêtement sans abimer la soie, mais celle-ci lui glissait des mains. Impatiente, elle se baissa, saisit jupe et jupon par les ourlets et remonta le tout au niveau de sa taille.

– Caresse-moi, dit-elle en le regardant dans les yeux.

Il craignait que Julien et Emilie ne redescendent, mais le désir l’emporta sur ses réticences. Il glissa la main droite entre ses cuisses… et en eut le souffle coupé : elle était nue sous son jupon. Comprenant qu’elle avait prévu d’emblée de lui accorder ce plaisir, il s’enflamma encore. Il l’effleura avec douceur, et elle pressa ses hanches contre sa main pour l’encourager à aller plus loin.

– C’est ça, souffla-t-elle.

Quand il ferma les yeux, elle lui dit :

– Regarde-moi, je t’en prie regarde-moi pendant ce temps, et il rouvrit les yeux.

Elle avait le rouge aux joues et un souffle rauque s’échappait de ses lèvres entrouvertes. Elle lui prit la main et le guida.

– Met ton doigt à l’intérieur, chuchota-t-elle.

Elle se laissa aller contre son épaule. Il sentait la chaleur de son haleine à travers sa veste et sa chemise. Elle se poussait à sa rencontre avec des coups de reins puissants. Puis elle émit un petit bruit de gorge, tel le cri étouffé d’une tourterelle, et chavira enfin contre lui, s’agrippant pantelante à ses épaules.

Il était temps ! Les deux jeunes gens redescendaient du clocher, et Emilie voyant la chiffonnade des jupes de sa cousine compris de suite ce qu’il s’était passé.

– Viens Hélène, il est temps, on va nous attendre…

Tirant sur ses jupons d’un air digne, elle suivit sa cousine.

C’est en s’engageant dans l’escalier qu’ils entendirent celui-ci grincer. Un pas pesant et fatigué faisait gémir chaque marche. Julien se pencha par-dessus la balustrade, regardant vers le bas.

– C’est mon oncle qui monte, annonça-t-il, il a dû entendre le carillon sonner et vient voir ce qu’il se passe.

– Oh non ! s’écria Emilie ! Pas le chanoine de Bloissac ! S’il nous trouve ici, c’est…

Avisant une niche profonde dans le mur de la tour, elle y poussa Hélène et Julien, puis à son tour elle s’y engouffra.

Serrés les uns contre les autres, ils se faisaient le plus petit possible, protégé par les ténèbres relatives.

Les grincements se rapprochaient et Emilie se serra plus fort contre Julien. Elle sentit alors contre son pubis la raideur contenue dans son pantalon. Appuyant son ventre contre le sien, elle sentit grandir le cylindre de chair accolé à son ventre. Lentement elle glissa sa main entre leur corps, et enserra cette rigidité entre ses doigts à travers le vêtement. Elle tenait, fascinée, le sexe chaud dans sa paume et commença lentement le mouvement de masturbation remontant de la hampe vers le haut du sexe, enveloppant le gland humide du prépuce, qu’elle abaissait ensuite forçant les tissus tendrement vers le bas, pour pousser le plaisir jusqu’à sa limite extrême.

Hélène écoutait le bois de l’escalier gémir tout en regardant Julien. Elle vit son regard devenir flou lorsqu’elle aperçu la main de sa cousine coincée entre leurs corps. Julien, agité des soubresauts de l’orgasme, fixa la jeune fille, lorsqu’il épancha son sperme par jets puissants dans ses vêtements.

L’ombre du chanoine franchit la niche accompagnée d’un halètement de forge et disparut dans le tournant de la tour.

Rapidement Emilie tira Julien de leur précaire cachette et dévala silencieusement le reste de l’escalier suivie par Hélène.

Arrivé en bas de l’escalier, Julien embarrassé tenait contre lui sa veste, dissimulant ses vêtements souillés pas ses épanchements…

Emilie lui lança un regard langoureux :

– Passe me prendre demain après-midi, lui dit-elle en souriant, je dois rejoindre la procession également !

– … D’accord Emile, déclara Julien bégayant, puis il s’enfuit rapidement.

Hélène regarda sa cousine :

– Ben toi alors ! Avec le chanoine dans l’escalier ! Tu te rends compte ? S’il nous avait surpris, ce n’est pas à la procession qu’il nous aurait envoyées, mais à genoux à Saint Jacques de Compostelle !

*****

Le soleil avait bien entamé sa course dans le ciel lorsque Julien se présenta chez les de St-Aude. La journée était chaude comme la veille, et déjà, une foule de paroissiens s’en allait à la rencontre de la procession, qui s’avançait lentement au rythme de l’imposant char surmonté de la chasse.

Emilie était prête, et Julien l’aida à monter dans la calèche.

Celle-ci décapotée permettait d’admirer le paysage tandis qu’un frais courant d’air éventait les personnes.

Prenant place sur les sièges-arrière, Julien fît signe au cocher de se mettre en route.

Au claquement du fouet, la calèche démarra, et les chevaux emboîtèrent un petit trot à la rencontre de la procession.

Régulièrement ils dépassaient hommes, femmes et couples qui comme eux s’en allaient rejoindre le long cortège qui revenait vers Notre-Dame.

Julien se tourna vers Emilie :

– Emilie… hier dans la tour…

– Ne dis rien, chuchota-t-elle, plus-tard…

Elle saisit la main de Julien et la posa sur son sein. Il eut un hoquet de surprise, mais personne ne le remarqua car le claquement des sabots sur les pavés couvrait toute conversation. Elle tourna sa main de façon qu’il puisse sentir son téton sous sa paume. Elle aimait qu’on lui touche les seins, mais cela arrivait trop rarement. Elle aurait voulu que cela soit plus fréquent tant elle adorait cela. C’était une autre découverte. Il n’était pas le premier à les caresser, et elle avait été tout à la fois troublée et flattée de constater qu’elle pouvait éveiller le désir d’autrui. Avant lui, il y avait eu Marin, et elle y avait pris beaucoup de plaisir. Elle jeta un coup d’œil furtif à Julien ; il avait le regard fixé devant lui, sur la procession qui approchait, et son front luisait de transpiration. Elle se demanda si elle avait tort de l’exciter ainsi alors qu’elle ne pouvait pas lui donner satisfaction. Il ne fit pourtant pas mine de retirer sa main, et elle en conclut que cela ne lui déplaisait pas. Elle y trouvait de la jouissance, elle aussi. Mais comme toujours elle aurait voulu aller plus loin.

Qu’est ce qui avait bien pu la changer ainsi ? C’était la première fois qu’elle éprouvait de telles envies.

La calèche rejoignit la procession, fit demi-tour en emboita le pas au milieu des fidèles qui suivaient le lourd char doré.

Un paysan marchait le premier, tenant une bannière de soie violette brochée d’or, à hampe rouge aux couleurs de St-Florine. Puis, deux longues files de femmes s’espaçaient largement. Des enfants déguisés en anges promenaient fièrement leurs petites ailes sur le dos. Les prêtres venaient au milieu, le chanoine de Bloissac, un vicaire et le précepteur d’un château voisin, chantant à pleine voix. Enfin, derrière, à la suite d’une bannière blanche portée par une grosse fille aux bras hâlés, piétinait la queue des fidèles qui se traînait avec un fort bruit de sabots, pareille à un troupeau débandé. Les cavaliers suivaient, réglant leur avance sur le pas des pèlerins.

Regardant délicatement autour d’elle, Emilie posa la main sur la cuisse de Julien. Elle sentait la chaleur de sa peau à travers la laine fine de son pantalon dont il avait changé. Il ne la regardait toujours pas, mais elle vit qu’il avait la bouche ouverte et le souffle court. Elle glissa la main plus haut sur sa cuisse et ses doigts effleurèrent le membre raidi avant de se refermer sur lui.

Elle était tout à la fois excitée et curieuse de refaire ce qu’elle avait fait hier, mais cette fois en public ! Jamais elle n’avait fait une chose pareille. Elle le tâta à travers l’étoffe de son pantalon. Plus grand qu’elle ne l’aurait cru, plus dur aussi, il évoquait davantage un morceau de bois qu’une partie du corps.

Elle trouvait admirable que le simple toucher d’une main de femme puisse provoquer une transformation physique aussi remarquable. Chez la femme qui éprouvait du désir, cela ne se manifestait que par d’infimes changements : une sensation presque imperceptible de gonflement, et une humidité, à l’intérieur. Chez les hommes, c’était comme si un mat de chapiteau se dressait.

Elle refit alors le geste qu’elle avait accompli, le mouvement de va-et-vient, pendant que les chants religieux prêchant le repentir s’élevaient dans les airs.

Julien haletait à présent, mais les fidèles chantaient si fort que personne ne pouvait l’entendre. Elle était ravie de pouvoir lui donner un tel plaisir. Elle observait les nuques des fidèles longeant la calèche, terrifiée à l’idée que l’un d’eux se retourne tout en étant trop absorbée pour s’interrompre.

Julien posa la main sur la sienne pour lui montrer comment faire, serrant plus fort en descendant et relâchant l’étreinte en montant, et elle l’imita. A l’instant où les chants s’achevèrent, Julien se crispa sur son siège. Elle sentit dans son membre une sorte de spasme – une fois, deux fois, une troisième fois – puis, Julien parut s’effondrer, épuisé. Elle retira promptement sa main, rouge de honte. Elle s’aperçu qu’elle haletait et fit un effort pour respirer normalement. Personne n’avait rien remarqué. Son soulagement était si profond qu’elle eut envie de rire. Elle pouffa tout bas.

Le cortège rentra au village et Emilie assista à la rentrée du char dans Notre-Dame pendant que Julien s’éclipsait une nouvelle fois.

Hélène surgit derrière elle, le visage rouge et les cheveux en bataille.

– Et bien Hélène, d’où viens-tu ? demanda Emilie, Je croyais que tu devais nous rejoindre lors de la procession ? J’espère que le chanoine n’a pas remarqué ton absence !

– Euh… Tu sais que je devais passer chez Marin chercher…euh… avoua Hélène

– Ah ! fit-elle en fixant sa coupable cousine, et, c’était bon ?

– Emilie !… Comme tu me l’avais dit, c’était divin, mais malgré tout on est resté sage, son père était dans l’atelier juste à côté ! Mais je file, mes parents m’attendent. Tu passeras tout à l’heure ? interrogea-t-elle ?

– Je ne crois pas, répondit Emilie, le chanoine m’a également demandé de rapporter de l’eau du puits pour les bénitiers de la paroisse !

****

Le puits de Ste Clarisse était connu, perdu en pleine campagne au milieu d’un pré bordé de hauts peupliers. Il avait été rehaussé à l’époque et entouré d’un mur de moellons pour éviter que les troupeaux ne viennent piétiner les herbes aux alentours.

Réputé pour son eau miraculeuse, de nombreux pèlerins venaient y remplir de grands cruchons pour soigner les rhumatismes et les maux de dos.

Le couple laissa la calèche aux abords du chemin à la garde du cocher et rejoignit le puits par un petit sentier qui serpentait au travers des champs dont les blés doraient au soleil.

Julien regardait le portique en fonte qui surmontait le puits. Celui-ci orné de maintes volutes supportait une chaine où pendait un godet en étain, permettant de remonter l’eau du puits.

– N’as-tu pas oublié le récipient Emilie ? demanda Julien.

– Non, j’ai apporté une petite tourie dit-elle en se penchant sur la margelle.

Julien la regardait jouer avec le récipient à la surface de l’eau. Il s’approcha d’elle et posa ses mains sur ses hanches. Doucement Emilie se retourna, plongeant ses yeux dans les siens.

– Emilie, demanda-t-il, pourquoi tout cela ?…

La jeune fille prit une petite moue contrariée :

– Parce que j’aime cela Julien… j’adore cela !

Elle ouvrit doucement les boutons de son chemisier et l’ôta, dévoilant ses seins blonds aux aréoles brunes. La jupe glissa également ainsi que le jupon. Elle ne portait pas de culotte. Appuyant une jambe sur la margelle, elle dévoila son intimité perdue dans un petit buisson de poils noirs.

Julien regardait sans rien dire, son cœur battait à tout rompre.

Emilie écarta les petites lèvres, dévoilant l’entrée rose du vagin. Elargissant la caresse, elle les étira, dévoilant la vulve chaude jusqu’au clitoris qui pointait, effrontément.

Son doigt caressa la fente de haut en bas.

– Ta bouche, avec ta bouche…, gémit-elle.

Julien avança les lèvres, humant déjà l’odeur iodée de son sexe. Cherchant l’endroit où attaquer, son souffle la rendait folle.

Le bout de sa langue pointa et remonta le long des lèvres ouvertes. Il releva le petit capuchon rose, le contourna et redescendit, frôlant l’entrée palpitante de son intimité. Inclinant la tête, il joignit ses lèvres aux voiles intimes dans un baiser brûlant.

Brusquement il engloutit ce petit coquillage ouvert.

Emilie cria quand l’orgasme la surprit, elle poussa son sexe sur la bouche gourmande qui la happait.

Il attendit que les contractions s’espacent avant de se remettre debout.

Ils se regardèrent, les yeux brillants.

Julien descendit le regard vers ce sexe ouvert barbouillé de salive, un goût salé lui emplissait la bouche, des effluves de marée, de fruit de mer.

– Déshabille-toi, enlève tout ! gémit-elle.

Prudent, le jeune homme jeta un regard aux alentours puis les vêtements tombèrent un à un sur les épaisses dalles brûlées par le soleil.

La verge se dressait maintenant raide, émergeant d’une broussaille de poils noirs. Emilie aimait reconnaître l’homme, le fouiller du regard, chercher les points névralgiques, et c’est ce qu’elle faisait maintenant.

Ses mains glissant du gland à la tige où palpitaient des veines rouges, elle descendit vers les testicules gonflés qui pendaient. Elle fixa Julien dans les yeux pendant qu’une main s’emparait des bourses. Emilie les étira vers le bas, forçant le reste du prépuce à découvrir la tête du gland. La petite ouverture luisait au soleil, une goutte perlait. Elle s’amusait à le faire attendre, promenant maintenant son autre main sur le pieu tendu.

Elle recouvrit le gland avec le prépuce, puis s’arrêta un instant pour le décalotter, le frotter entre son pouce et son index pour répartir le liquide jusqu’à l’échancrure.

L’enveloppant, l’enserrant, le masturbant, lentement elle lui faisait prendre conscience des mouvements qu’elle lui prodiguait.

Elle le sentit se raidir, alors elle stoppa tous mouvements et le regarda dans les yeux. Elle le sentit gêné, nu devant une fille.

Prenant un peu de recul, elle examiné ce grand corps musclé qui allait la prendre, la combler. Julien fit un pas vers elle mais elle l’interrompit.

– Ne bouge pas Julien ! Murmura-t-elle.

Approchant cette fois juste la tête, elle frôla la verge de ses lèvres, promenant celle-ci sur les veines qui saillaient, s’attardant à la base du gland. Puis remontant le long de celui-ci, elle l’inséra en bouche et par petites saccades progressa le long de la tige.

Julien ne voyait que cette petite tête qui s’agitait sur son sexe, seul trait d’union entre leurs deux corps. Emilie augmenta soudain le mouvement. Julien poussa un rugissement lorsqu’il vit son sperme éclater entre les petites lèvres chaudes et dégouliner sur le menton de la jeune fille.

Julien était comme paralysé par ce qui venait de se passer. Il n’en revenait pas. Son sexe lui faisait encore mal, Il n’en avait pas assez, il bandait encore et raide il se dressait face au pubis bouclé.

Il repoussa lentement Emilie contre le puits, lui appuya les fesses sur la margelle. Il semblait avoir repris la situation en main. Maître à présent, il dirigeait.

– Ouvre ton sexe avec tes doigts, et regarde-moi !

Appuyant un pied sur le muret bordant la terrasse, elle soupira. Les lèvres charnues d’où dépassaient les petites lèvres ourlées comme de la dentelle s’entrouvrirent sous ses doigts. L’ouverture du vagin, petit palais de cette étrange bouche laissa s’écouler un filet luisant qu’elle étala sur sa vulve. Un de ses doigts glissa entre ses fesses, tâta la rosette, essaya de s’y insérer, mais le petit muscle était bien serré.

– Julien, avoua-t-elle, j’ai oublié de prendre ma protection, tu vas devoir choisir un autre chemin !

Emilie fixait l’épieu qui se balançait devant elle. Son ventre vide réclamait, elle désirait se sentir pleine, mais elle se savait punie par sa négligence. Il ne pourrait pas la prendre là où elle le désirait.

– Tu m’excites avec ton érection qui se balance ! déclara t-elle puis en riant, allez ! Viens !

Le pal vint se positionner à l’embouchure des lèvres. Leurs yeux s’unirent, et lorsque Julien appuya, Emilie fit glisser la verge face à son anus. Elle eut juste le temps de voir le pieu de chair s’enfoncer en elle en lui arrachant un petit cri d’une douleur aussitôt évanouie.

Julien regarda d’un air étonné son sexe fiché dans l’étroit pertuis. Elle se mit à bouger contre lui, et là encore, il se laissa guider, devinant qu’elle répondait à un instinct plus fort qu’elle. Un besoin aussi sauvage que celui d’Emilie, Julien n’en avait jamais rencontré. Il voyait les hanches se ruer à sa rencontre, les petites fesses s’empaler sur son membre.

– Achève-moi supplia-t-elle…maintenant !

Il se retenait. Comme Emilie criait, il lui couvrit la bouche de sa main. Elle rua comme une pouliche puis enfouit son visage dans le creux de son épaule. Elle atteignit l’orgasme dans un cri étouffé. Julien ne tarda pas à en faire autant et libéra sa semence dans l’intime creuset.

La calèche les attendait, Emilie portait la dame-jeanne entourée d’osier sur la tête, empêchant d’une main celle-ci de tomber.

– Eh bien Perette ! Tu vas d’un bon pas, lui cria Julien qui avait de la peine à la suivre.

– C’est que cela coule ! lui répondit-elle joyeusement.

– La cruche a-t-elle une fuite ? interrogea-t-il.

– Mais non Julien ! Ça coule entre mes cuisses ! Bientôt j’en aurai plein les chevilles ! avoua-t-elle.

Le cocher les ramena au village, et Emilie s’empressa vers l’église pour y déposer la cruche dont l’eau une fois bénie, servirait à remplir les bénitiers et les fonts baptismaux.

Elle s’agenouilla quelques instants face à l’autel.

Comme elle se relevait, elle remarqua qu’un rayon bleu, tombant d’un vitrail, parcourait le visage austère de Ste-Florine et produisait sur sa bouche un sourire inattendu. Elle se signa de la main droite et partit comblée, devinant que la Sainte la comprenait surement et lui accordait son pardon. 

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